MALADIES CARDIAQUES DES JEUNES FILLES ET DES FEMMES
ses conclusions sont identiques h celles, que j'ai formulées dès l'année 1874. S'agit-il d'autres lésions, par exemple de l'insuflisance aortique,on comprend déjà les hésitations. L'insuffisance mitraledoit être un obstacle absolu.
II. Jeunes femmes. Influence du cœur lésé sur les règles. Il augmente et rapproche les règles, et pendant la grossesse les fait souvent persister (Durosiez). Cette tendance aux hémorrhao-ies provoque souvent l'avortement ou l'accouchement prématuré. Porak a noté l'époque de l'accouchement chez 214 cardiaques et a trouvé :
112 accouchements à terme, soit 58, 87 p. c. 88 — avant le terme soit 41, 12 p. c.
Le fœtus court bien plus de dangers ; Porak a observé la mort du fœtus chez un dixième des cardiaques.
Graduation pronostique des diverses maladies du cœur.
La gravité des accidents est, comme je l'ai indiqué il y a 14 ans, tout à fait différente selon la nature de la maladie cardiaque. L'insuffisance aortique est bien moins grave que les maladies mitrales. Schroder et Mac Donald ont confirmé cette donnée et Porak dit expressément qu'on n'a jamais eu à signaler de mort subite chez les valvuloaortiques.
Influence de la puerpéralité sur l'endocarde. L'influence de la puerpéralité sur la production des endocardies n'est plus douteuse ; il s'agit ici comme dans toutes les endocardies d'une maladie microbique.
Art. III. — Epoque critique.
Chez les femmes arrivées k la ménopause on observe des phénomènes d'anémie avec palpitations, dyspnée, anhélation et surtout une tachycardie prononcée, jusqu'à 150 pulsations par minute, sans aucune trace de lésion du cœur ; mais plus tard celle-ci se dessine quelquefois par de l'œdème (Clément de Lyon) et Rommelaëre (de Bruxelles) considèrent cette tachycardie comme d'ordre nerveux par paralysie des pneumogastriques. Mais je ne saurais souscrire à la bénignité de cette affection.
Notes de pjutique cardioi'A.thique
Art. IV. - Vieillards.
Artério sclérose et athérôiiie.
Lésions
des artères coronaires .
Cœur.
La scnililc dépend surtout de l'altération des vaisseaux (artériosclérose et athérome) c'est là la cause initiale des dégénérescences de rage sénile ; la décrépitude des organes commence dès que l'athérome apparaît dans les artères. Cette lésion est grave chez les gens vieux avant l'âge, chez les alcooliques et les goutteux ; elle est bien autrement fréquente chez les vieillards mais chez eux l'athérome peut être périphérique et sans gravité.
Le danger commence quand l'altération atteint les vaisseaux nourriciers du cœur, les artères coronaires. Sur23 vieillards Démange (Nancy) a trouvé 22 fois la lésion coronaire, et dans la moitié des cas l'athérome était h l'origine des coronaires, ce qui compromet gravement la nutrition du muscle cardiaque.
Le cœur est généralement augmenté de volume etdepoids,bien qu'il ne soit pas franchement hypertrophié ; le plus souvent les fibres sont segmentées par suite de la destruction du ciment intercellulaire (Renault, Landouzy, Duplaix), de sorte que l'hypertrophie n'est ni générale, ni immédiatement dangereuse. Les cavités du cœur sont bien plutôt dilatées qu'épaissies dans leurs parois, et si la masse musculaire est augmentée, ce n'est nullement le résultat d'un travail trop prolongé ou trop actif; si le muscle cardiaque augmente, c'est parce qu'il éprouve les résistances par suite de la perte de la contractilité des artères et de leur diminution d'élasticité. D'une autre part, il y a de la rigidité et des rugosités dans les valvules du cœur d'où les altérations des orifices aortique etmitral.Il vautmieuxun certain degré de force du muscle cardiaque, que l'atrophie qui s'observe assez souvent.
Signes cardiaques. Tolérance du système cardiaque. Tous les signes qui signalent l'hypertrophie ou la dilatation, peuvent subsister de longues années sans troubler la santé des vieillards ; le cœur s'accorde avec tous les défauts de la circulation artérielle ; mais dès que le myocarde a subi l'induration, la circulation et la nutrition setrouvent compromises ; la maladie cardiaque commence et ne tarde pas li toucher la période de trouble ou do décomposition.