DES LIMITES DU COEUR. — PERCUSSION
percussion donne un changement de son. Or, comme le cœur est convexe, il existe entre lui et la paroi thoracique au niveau des bords une lame plus ou moins épaisse de poumon, qui s'insinue dans l'intervalle et rend le son moins facile à apprécier. Les points déterminés doivent être assez rapprochés les uns des autres (un centimètre et demi environ). 11 est inutile de percuter très fortement.
4° Si paradoxal que cela puisse paraître, le meilleur procédé de recherche de la pointe est la percussion. L'auscultation ne permet pas de la délimiter avec précision, les bruits s'enlendant nettement sur une surface plus grande ([ue celle que la pointe occupe. La palpation est parfois difficile, quand, par exemple le sujet est gras, emphysémateux, ou quand la pointe bat derrière une côte, ce qui est fréquent. La percussion de la pointe donne une malité de forme arrondie, plus ou moins nettement circulaire, selon que le lobe gauche du foie s'étend plus ou moins loin. Quand cette forme arrondie se continue avec une ligne droite, on est arrivé au foie. On rejoint alors par une ligne ce point et la ligne de matité hépatique déjà déterminée à droite. A la vérité, cette ligne HH' ne représente pas exactement le bord inférieur du cœur, mais elle s'en rapproche suffisamment. Quant à distinguer la matité hépatique delà matité cardiaque, c'est une illusion; de même aussi qu'il est impossible d'apprécier les malités en général par le degré de résistance au doigt, ou par l'élasticité des parois, ou par la percussion palpatoire (Eichhorst).
d" 11 ne reste plus qu'à rejoindre par une ligne continue les points marqués. On applique alors sur la poitrine une feuille de papier à calquer, et on décalque le dessin et les lignes de repère. Veut-on reprendre un trait sur la même personne, on n'a qu'à recommencer la même opération, et à décalquer sur la même feuille, en ayant soin de faire toujours
JiJ- SIGNES DU LŒVn.
coïncider les lignes de repère. On peul prendre sur la même leuille cinq ou six tracés; il suffit de dessiner chacun d'eux avec un trait différent (voir la figure 8).
G" Il est essentiel de mettre le malade aussi exactement que possible dans la même altitude pour tous les examens. Le décubitus dorsal avec la tête modérément relevée est la meilleure position.
7° Il faut aussi tenir compte de l'état de la respiration ; pendant l'inspiration les limites sont bien plus étendues.
Formes physiologiques du eœur. — On peut dire qUC la
forme que nous sommes habitués à considérer comme normale n'existe guère que sur le cadavre. Sur le vivant, la forme triangulaire qui caractérise le cœur mort est à chaque instant modifiée par les circonstances extérieures. Les bords s'incurvent après le repas, et le cœur tend à prendre alors l'aspect d'un ovale. Les émotions morales, l'essoufflement, le changement d'attitude influent très rapidement sur la configuration de l'organe : certaines influences paraissent agir spécialement sur le cœur droit : tels les repas, les marches rapides; d'autres portent leur action sur la totalité de l'organe, les émotions par exemple; chez le sujet sain, le cœur se dilale manifestement en pareil cas, mais s'il existe déjà une dilatation, ces effets physiologiques sont moins prononcés. Le cœur s'agrandit légèrement pendant l'inspiration et inversement. Le foie s' abaissant dans la station debout, la pointe le suit. La pointe s'abaisse aussi après le repas, en même temps que les cavités droites subissent parfois une ampliation qui se traduit par une saillie marquée à droite du sternum.
Voyons maintenant les formes pathologiques.