FORMES PATHOLOGIQUES DU CŒUR
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§ 4. — Formes paUiologiqucs du cœiii'.
Le nombre des modifjcations pathologiques de forme est considérable et échappe It toute description. Cependant l'examen comparatif des divers tracés conduit à reconnaître trois types principaux. Schématiquement, ils représentent des triangles; mais le plus souvent les côtés de ces triangles sont constitués par des lignes courbes : la comparaison géométrique n'a donc pas de valeur absolue.
i" type. Triangle rectangle. — Angle rectangle à droite, formé par la rencontre du bord auriculaire du cœur, ou bord vertical, avec la ligne de matité hépatique. Le côté supérieur est plus ou moins oblique; la pointe est relevée, et le sommet gauche du triangle arrondi et émoussé présente une courbe dont le point culminant est en général de 0'"02 à O'^Oi au-dessus de la matité du lobe hépatique gauche.
Cette forme appartient aux hypertrophies ventriculaires gauches; nous l'avons rencontrée dans les cas de dilatation aortique, de néphrite interstitielle avec bruit de galop; elle persiste tant que le cœur ne se dilate pas.
Certains médicaments, entre autres la spartéine, tendentà ramener à ce type les cœurs dilatés.
2" type. Triangle isocèle. — La forme courbe des côtés est ici plus accentuée qu'ailleurs. Cette configuration indique unedilatationgénéralede l'organe. On la trouve surtout chez les chlorotiques, et plus spécialement chez celles qui présentent à l'état habituel la plupart des signes stéthoscopiques du rétrécissement mitral, avec de l'œdème des jambes et de {)ruit de diable dans les jugulaires.
S° type. Triangle scalène — Les côtés supérieurs et inférieurs très allongés, le côté droit court et très courbé caractérisent cette forme. Elle appartient aux dilatations du cœur
SIGNES DU Cr)j;iiH.
droit. Quand les caviLés droites se dilatent dans un cœur à cavités gauches hypertrophiées, l'allongement du bord droit à la pointe est moins net, et la pointe continue à donner une matité courbe; seulement le point culminant de cette courbe est rapproche de la matité hépatique. La convexité du bord droit est très arquée. Dans le cœur gastrique pur, la percussion ne permet pas d'isoler la pointe de
lamatité hépatique, et laligne de matité cardiaquereprésente une sorte de dôme très surbaissé, oblique en bas et à gauche, surmontant la matité du foie.
Affections inirathoraciques. — D'une manière générale, les affections plcuro-pulmonaires s'accompagnent d'une dilatation plus ou moins considérable des cavités droites. Dans la phtisie, le cœur est petit, mais il nous a paru offrir dans la plupart des cas la forme caractéristique des dilatations droites. Uanévrysme de l'aorte, les affections valvulaires du
Fig. 9. Rluimatismc articulaire aigu. — Souffle prcsystolique xyplioïdicn. Éclat du deuxième br. à l'artère pulmonaire.
FORMES PATHOLOGIQUES DU CŒUPx. lîif)
cœur donnent en général la forme en triangle rectangle. Il faut faire cependant une exception pour le rétrécissement initr al, louliiu moins pour certains rétrécissements mitraux, dans lesquels la forme du bord gauche varie très souvent, et ne paraît pasindiquer une augmentation de volume permanente.
AUÏÉUIO- SCLÉROSE-EMl'UYSÉME.
Kig. 10. 1° Trait fin ; bruit de galop gauche; souffle systolique rude à Taorte. — 2° Trait fort; quatorze jours plus tard; après Kl mêmes bruits plus nets. — 3» Trait pointillé ; quinze jours après le préccdcnt, mêmes bruits moins nets.
Le thorax rachitique et le mal de Pott donnent au cœur une forme en besace avec convexité très forte à droite et moins nette à gauche. Il s'agit d'une déviation de l'organe avec gène des cavités droites.
Affections extrathoraciques. — Le cœur des gastriques, des hépatiques, réalise au maximum les caractères de la troisième forme de matité. En pareil cas, la surface cardiaque peut augmenter rapidement de manière à doubler ses dimensions. Cette dilatation est au maximum dans les cas d'affections gastriques douloureuses avec vertiges. Mais on en est avant tout à se demander si la dilatation car-
lOG SIGNES DU CŒUH.
diaque n'est pas primitive, et si elle ne donne pas le gastricisme.
Fig. 11. Dilatation de rcstomac. Coliques hépatiques. — Galop diasloliquc.
Maladies générales. — Le cœur se dilate manifestement dans les maladies infectieuses; sa forme est celle de la dilatation générale; quelquefois c'est la troisième forme qui prédomine; nous l'avons vue nettement dans plusieurs cas de rhumatisme aigu.
Affections nerveuses. — Nous avons pu examiner plusieurs cœurs d'hystériques avant et après les attaques. Toujours nous avons trouvé une forme irrégulière; les cavités droites et gauches sont dilatées, les gauches surtout.
lîifluences thérapeutiques. — La digitale et surtout la spartéine diminuent la surface du cœur, qui réalise alors à peu près complètement la première forme. Ce résultat se produit après de faibles doses de spartéine (0=' 05 en vingtquatre heures). Les douches froides produisent un effet analogue. Avec Vantipyrine on observe une dilatation générale assez marquée.
Voilà les procédés de cette méthode d'investigation, excellente pour confirmer un diagnostic ou le modifier, impuissantepour lefixer à elle seule. Elle indique en effet que le cœur
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est gros ou petit, qu'il a telle ou telle ibrme; mais elle ne peut différencier une dilatation d'une hypertrophie, que par l'aspect spécial que prend souvent la forme du cœur hypertrophié. Toutefois à la suite d'examens répétés on apprend que l'hypertrophie est invariable, mais que la dilation se modifie souvent.
Ces oscillations de la dilatation du cœur constituent un des faits les plus considérables qu'on doit à la pratiqu.e de la percussion exacte et figurée, d'après les recherches de Foubert et les nôtres qu'on peut vérifier en suivant rigoureusement notre procédé.