CHOC DU CŒUR
On comprend sous ce nom un soulèvement sensible et souvent visible, très restreint, du cinquième espace intercostal, soulèvement qui est dû au mouvement du cœur. Il est plus rare dans le quatrième espace, et quelquefois il manque, lorsque le cœur presse lui-même contre la cinquième côte.
§ 1. — Tracé du clioc.
On peut, à l'aide d'un cardiographe enregistreur, obtenir une courbe sur laquelle on reconnaît : i° les particularités qui déterminent le choc; 2° le temps que la révolution cardiaque met à exécuter ses divers mouvements (on le mesure à l'aide d'un diapason).
a b, indique la contraction des oreillettes ;
b c, indique la contraction des ventricules;
d, la fermeture des valvules aortiques;
e, la fermeture des valvules pulmonaires; cf, le relâchement du ventricule.
ab. La contraction des oreillettes. — Comme les oreillettes
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se contraclent dans le sens de l'axe longitudinal de droite à gauche et de haut en bas, il est facile de comprendre que la pointe se déplace vers l'espace intercostal. On observe sur cette partie de la courbe de petites saillies qui indiquent ainsi les contractions des auricules et des ouvertures veineuses.
b G. La ligne b c, qui imprime à l'appareil (comme au doigt) l'impulsion la plus énergique, provient de laconlrac-
Fig. 12. Trace du clioc de la pointe.
tion des ventriculeSo Pendant celles-ci on entend le premier ton du cœur.
§ 2. — Causes du choc.
Mouvement des ventricules. — La coutraction veutriculaire a été considérée pendant longtemps comme le seul facteur de ce phénomène. Voici comment on l'explique. La base du cœur (ventricules et limites des oreillettes) qui, dans la diastole, forme une ellipse située entravers, se contracte en prenant une figure plus circulaire. Par là le grand diamètre de l'ellipse est naturellement raccourci, le petit diamètre augmenté de 4/10'' et plus, et de cette façon la base se rapproche de la paroi thoracique; la base ainsi rapprochée
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de la paroi llioracique et durcie par la systole permet à la pointe d'exécuter le mouvement qui donne lieu au battement lui-même de la pointe. D'autres causes ont été invoquées.
Élévation de lapomte. — Le ventricule qui pendant le relâchement est penché avec sa pointe très obliquement dans le sens longitudinal, vient se placer comme une sphère régulière avec son axe verticalement sur la base. Par là la pointe doit s'ériger d'en bas et en arrière, en avant et en haut, et durcie par la systole elle doit presser dans l'espace intercostal.
Tension des ventricules. — Les ventricules éprouvent lors de leur contraction une légère rotation en spirale autour de leur axe longitudinal, de façon que la pointe avance légèrement, et qu'en même temps une grande fraction du ventricule gauche se tourne en avant. Cette rotation provient de ce qu'un grand nombre de tractus fibreux des muscles ventriculaires, qui naissent de la portion de l'anneau tourné vers la paroi thoracique, sur la limite de l'oreillette droite et du ventricule droit, se dirigent obliquement de haut en bas et de droite à gauche, et en partie jusqu'à la portion latérale du ventricule gauche. Ces tractus tirent ainsi dans le sens de leurparcours la pointe légèrement en haut, et la portion latérale du cœur gauche vers la paroi thoracique antérieure.
Cette torsion est facilitée parce que les troncs aortique el pulmonaire enroulés en spirale l'un sur l'autre, lors de leur tension systolique, déterminent dans le même sens une torsion de tout le cœur.
Voilà les causes principales, essentielles, du choc ventriculaire. Les causes accessoires sont les suivantes :
Choc réactionnel, que les ventricules éprouvent (comme un fusil flambé) au moment où la masse sanguine se déverse dans l'aorte et l'artère pulmonaire. La pointe doit aussi