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CHAPITRE XVI

Les signes cardio-pulmonaires qui permettent de reconnaître l'insuftisance mi traie sont au nombre de quatre : 1" un bruit systolique à la pointe du cœur; 2° en général une hypertrophie avec dilatation du ventricule droit; 3° le renforcement du son diastolique de l'artère pulmonaire*; 4» la dyspnée de travail, qui est ordinairement le signal d'alarme. Tous ces phénomènes se voient, même quand le cœur paraît contrebalancer les obstacles valvulaires au cours du sang. Dès que ce pouvoir d'accommodation est affaibli, il arrive une série d'accidents ou d'incidents pour ainsi dire inéluctables, souvent précoces, qui sont généralement attribués à la déchéance cardiaque et englobés sous le nom d'asystolie; c'est h période troublée des maladies du cœur. Nous en connaissons déjà les signes dont quelques-uns, comme les dyspepsies, appartiennent de plein droit au début des cardiopathies et sont sans rapport avec l'asystolie; mais

.^^'s.iffit'pas'''''""' m^rihnt ,i Rosenbach; elle

228 DES GlîANDES LÉSIONS Dlî TVl'E VALVULAIRE

il se fait des stases veineuses, des liyperémies dans le Ibii,', (les perturbations fonctionnelles ou des lésions dans les reins; il s'établit des difficultés dans la grande circulation de retour, d'où les liydropisies, la cyanose, les thromboses, etc.

1° Bi-uit (syi^toiique. — A chaquc systolc du ventricule gauche une partie du sang est repoussée dans l'oreillette gauche, attendu que la valvule miti ale ne peut plus sépareil'oreillette du ventricule. En outre au moment où le sang est rejeté du ventricule gauche dans l'oreillette, il y rencontre déjà du sang qui lui arrive sans cesse par les veines pulmonaires. Il y a donc pendant la systole deux courants sanguins en sens opposé; il résulte de là un tourbillon et c'est lui qui produit le souffle sysiolique Aidih la valvule ellemême peut participer à la formation du souffle, attendu que dans l'état de dégénération où elle se trouve, dès qu'elle vient à être tendue par les muscles papillaires, elle entre en oscillations vibratoires irrégulières. Ce bruit systolique est toujours au maximum à la pointe du cœur. Là on le perçoit tantôt très faiblement, tantôt avec une véritable clarté. Dans ce dernier cas il se propage naturellement d'une manière facile à tous les autres points du cœur; dans le premier cas on entend le souffle mitral faiblement aux autres orifices et ouvertures du cœur, car les bruits faibles à l'origine ne sauraient se propager. Dans des circonstances exceptionnelles le souffle, au lieu d'être perceptible à la pointe, s'entend au maximum dans le deuxième espace intercostal gauche près du sternum, c'est-à-dire là où est le siège précis de la valvule mitrale. Rosenbach prétend, comme Balfour, qu'à l'autopsie on trouve parfois alors une augmentation de l'auricule gauche, assez marquée pour qu'elle touche avec sa pointe la paroi thoraciquc antérieure. Dans cette condition la cavité de l'auricule qui communique avec l'oreii-

lello propagerait facilement le bruit jusqu'à cette paroi. Quel que soit du reste le point le plus sonore du bruit mitral, on peut encore, pour peu que la valvule ait conservé quelques fibres intactes, entendre, des tons normaux à la pointe en ayant le soin d'appliquer légèrement le stéthoscope.

3° Dilatation et hypertrophie du ventricule droit. — G CSt

là le deuxième symptôme par ordre d'importance. Il se montre de bonne heure, et se forme ainsi : par suite de la régurgitation systolique du sang dans l'oreillette gauche, celte cavité se remplit de sang et se distend; lorsque cette dilatation a atteint sa limite extrême, ce sont les veines pulmonaires qui se remplissent, attendu qu'elles ne peuvent se vider complètement dans l'oreillette gauche; cette réplétion se poursuit graduellement jusqu'à l'origine de ces veines et dans les capillaires pulmonaires, puis dans les artères pulmonaires et finalement dans le ventricule droit, qui par cela même se dilate. A cette dilatation s'ajoute bientôt une hypertrophie du ventricule droit, qui augmente son pouvoir fonctionnel, et peut combattre l'obstacle qui s'oppose au déversement du contenu du ventricule droit dans les artères pulmonaires remplies d'une manière anormale. C'est l'hypertrophie compensatrice de l'obstacle cardiaque.

Choc étendu du cœur. — L'hypertrophie avec dilatation se reconnaît par le renforcement et l'extension du choc du cœur. Dans les hypertrophies même peu marquées le choc dépasse le sein un peu à gauche, et la ligne parasternale à droite; dans les degrés élevés le choc recule jusqu'à la ligne parasternale droite, tandis qu'il ne déborde jamais de plus d'un centimètre à gauche la ligne mamillaire. Le choc se perçoit aussi dans une plus grande étendue de haut en bas, et cette localisation du choc en bas indique la limite

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