‹ Traité des maladies du cœurChapitre 79 sur 418 · DES GRANDES LÉSIONS DU TYPE VALVULAIRE · texte numérisé non relu

DES GRANDES LÉSIONS DU TYPE VALVULAIRE

.s i . — Formes complètes, avec signes et troubles foiietionnels.

Former dyspnéique, hémoptoïque, hijdropiqve. — Les formes fonctionnelles que j'ai observées, se traduisent pailes signes physiques et par les troubles fonctionnels, la dyspnée ou l'hémoptysie, et le plus souvent par l'œdème.

Forme dyspnéique. — \}n des premiers phénomènes fonctionnels du rétrécissement pur, c'est la dyspnée, qui se manifeste sans qu'il y ait le moindre trouble de compensation , en supposant même que cette compensation ait existé; cette dyspnée est la plupart du temps confondue chez les chlorotiques avec la dyspnée d'origine anhémoglobinémique ; chez les autres femmes avec des troubles dyspeptiques ou la flatulence stomacale; mais elle se distingue surtout en ce qu'elle ne se développe qu'à l'occasion des mouvements; c'est une dyspnée de travail qui ne ressemble en rien aux dyspnées stomacales gazeuses et ne se produit pas au repos, comme cela a souvent Heu dans la chlorose. 11 n'existe même pas par le fait du rétrécissement, de fréquence exagérée de la respiration. Les malades peuvent vivre ainsi bien longtemps, des années même, n'ayant et surtout n'accusant rien que cette dyspnée musculo-dynamique, et présentant cependant tous les signes physiques du rétrécissement mitral, sans qu'il y ait le moindre râle bronchique dans la poitrine, ni de traces d'emphysème, ni le moindre signe de stase pulmonaire.

Forme hémoptoïque. — Il arrive pourtant un moment où cette congestion statique peut se manifester; quelquefois même elle précède la dyspnée et elle éclate sous la forme d'hémoptysie. Lorsque la dyspnée a ouvert la marche des accidents, on est en droit de supposer qu'il se fait une réplétion sanguine des vaisseaux bronchiques, puis des expecto-

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rations sanguines par suite de la diapédèse des globules rouges à travers les parois vasculaires, ou bien enfin par suite de déchirure des petits vaisseaux bronchiques, une véritable hémoptysie (\m disparaît et se reproduit souvent.

L'hémoptysie peut mener à des infarctus hémorragiques, plus ou moins nombreux, qui sont difficiles à reconnaîtrepar l'auscultation ou la percussion, mais qui n'en sont pas moins dangereux en ce qu'ils peuvent subir une fragmentation et que ces caillots peuvent former de graves embolies. Ce n'est pas le cas habituel dans le rétrécissement pur; celui-ci ne provoque guère que des hémoptysies qu'on confond souvent chez les femmes avec les menstrues déplacées.

Forme hydropique. — Le trouble le plus fréquent, le plus initial et le plus décisif, au point de vue du diagnostic, c'est l'œdème des membres inférieurs. Quand on le voit apparaître, il est impossible de méconnaître le rétrécissement, car jamais la chlorose n'est capable par elle-même de produire ce phémène. Quanta son mode de production, il paraît tout naturel de l'attribuer à la pression exercée sur les parois veineuses, laquelle amènerait la transsudation du sérum; mais il faut tenir compte aussi d'une perméabilité plus grande de ces parois par suite du trouble trophique probable que produit la stase du sang dans ces parois; en effet, la simple ligature des veines d'un membre ne suffit pas pour produire l'œdème dans ce membre, où il ne se montre que tardivement quand toutes les voies collatérales sont fermées. Dans la sténose, l'œdème se limite en général aux pieds, mais je l'ai vu aussi à la face; aux membres inférieurs il cesse en général par le repos horizontal. Par ce repos et par le traitement de la maladie cardiaque combiné avec celui de la chlorose, l'hydropisie diminue ou disparaît souvent entièrement, pour revenir lorsque les malades sont exposés aux causes de fatigue.

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