GRANDES LÉSIONS DU TYPE VALYULAIRE
elle esl due à la distension forcée, constante des parois artérielles par la masse sanguine qui se précipite dans ces vaisseaux avec une force augmentée. Il résulte de cette diminution de la force élastique, comme l'artère ne peut plus se contracter suffisamment dans la systole, une dilatation de ces vaisseaux et, en outre, une certaine élongation, du moins des petites artères. C'est pourquoi on les voit, par exemple aux tempes ou aux radiales, paraître comme tortueuses, et en même temps, à cause de l'élargissement, devenir plus saillantes. Seulement il est à noter que cette perte d'élasticité est bien plus marquée dans les insuffisances avec athéromes chez les vieillards que chez les jeunes gens.
4" Ton des petites artères et des artèrioles. — Même les petites artères sont souvent le siège d'un ton synchrone avec chaque pouls. Tandis qu'à l'état normal il n'y a que les grandes artères, l'aorte descendante et abdominale, la carotide, la sous-clavière qui produisent un ton par l'ondée du pouls, les crurales plus rarement et non les autres artères, dans les insuffisances aortiques, les artères de moyen cahbre, la brachiale, la crurale, la radiale, parfois aussi les plus petites artères, par exemple celles de l'arcade palmaire, produisent un ton avec chaque pulsation. Ce ton résulte de ce que l'artère est plus fortement tendue qu'à l'état normal, et aussi de ce que l'élasticité est en défaut. Dans les cas les plus intenses on entend parfois à la carotide deux tons, un lors de la dilatation, l'autre lors de la contraction de l'artère; ce dernier semble résulter de la détente forte et subite de la membi'ane artérielle.
5° Battements des capillaires. — Dans les capillaires, on perçoit souvent des battements très visibles, et même sensibles pour le malade (Ruault) aux ongles de la main, ou au niveau d'une tache vaso-motrice provoquée par le frottement sur le front. Le pouls capillaire est de règle, quand les lésions
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cardiaques sont compensées; mais ce n'est pas un signe caractéristique, car on le retrouve dans la chlorose, dans la néphrite interstitielle, dans l'artério-sclérose.
§ 8. — Phénomènes cardiaques, pulmonaires et cérébraux.
Le cœur lui-même est souvent le siège de deux phénomènes nerveux, dont l'un est constitué par les palpitations, l'autre par les sensations graves et douloureuses de l'angine de poitrine.
r Palpitations. — Souvent les palpitations manquent dans les insuffisances moyennes. En l'absence de ce symptôme qui attire l'attention du malade, la maladie ne se découvre que par une recherche intentionnelle et attentive du médecin. Mais partout où l'hypertrophie gauche est très prononcée, les malades éprouvent des palpitations, quand ils se livrent au moindre exercice; l'activité du cœur n'étant pas mise enjeu, la sensation de palpitations manque, bien qu'on les distingue par la violence des battements. Une sorte d'accoutiimance s'établit chez ces valvulo-aortiques pour cette activité exagérée, comme chez tous les cardiaques, de telle sorte que le malade n'accuse que l'excès de force pulsatile, ou bien encore la difficulté de se coucher sur le côté gauche. Il est facile de comprendre que quand les palpitations se manifestent, les malades éprouvent en même temps un sentiment de resserrement dans la poitrine et une légère dyspnée.
2° Angor pectoris. — Des sensations douloureuses bien autrement graves se manifestent souvent vers la région de l'aorte et du cœur et sont malheureusement souvent passées sous silence ; c'est V angor pectoris. On comprend que si le sang retourne vers son point de départ, les artères coronaires n'en reçoivent plus qu'une quantité minime comparativement à la quantité normale; peut-être aussi l'ouverture
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et l'occlusion de ces artères ne se font-elJes plus régulièrement. Il en résulte une ischémie du cœur avec lous les phénomènes de Vangor. Cette condition patliogénique n'est pas douteuse, le cœur souffre de la lésion qui détermine partout line diminution dépression artérielle, et aussi dans les coronaires; mais le trouble est naturellement moins grave que l'oblitération permanente de ces vaisseaux; aussi n'est-il pas rare d'arriver à la guérison de ces cas d'angor; c'est à ceuxlà que s'appliquent surtout les succès dus à l'iodure, par son action hyperémiante sur le tissu cardiaque, bien plus que par son action trophique sur l'orifice aorti'que.
3° Troubles de la circulation pulmonaire. — Tous les signes que nous venons d'étudier si longuement se rapportent aux troubles de la grande circulation, au ventricule gauche etau système aortique; pendant longtemps tout se borne à cette phase séméiologique, souvent sans perturbation grave, au moins en apparence; la petite circulation reste intacte parce que par l'hypertrophie compensatrice du ventricule gauche cette cavité se vide entièrement, de sorte que le sang qui se rend des veines pulmonaires dans le cœur gauche est toujours admis en totalité et sans obstacle par le cœur gauche. C'est pourquoi une insuffisance aortique peut être supportée des années sans aucun dommage appréciable, et pourquoi les insuffisants aortiques n'éprouvent que peu dedysjmée, du moins pendant le calme du cœur et le repos du corps.
4° Troubles cérébraux. — Vertiges. — Les malades accusent souvent des congestions vers la tête; ils sentent les carotides battre avec force dans la tête, parfois sous forme d'un sifflement bruyant. Ils ont des vertiges bien fréquemment, des scintillements dans les yeux. Tous ces phénomènes disparaissent ordinairement lorsque le cœur est au repos. Mais il n'en est plus de même lorsqu'il s'établit des embolies. 5° Embolies cérébrales et rétiniennes. — Combien de fois
la réline devient-elle le siège du premier phénomène, je ne dis pas seulement grave, mais du premier phénomène de la maladie aortique? Vembolie rétinienne est souvent l'avertissement funeste.
D'autres fois, c'est une aphasie, ou une monoplégie, une hémiplégie, le plus souvent droite, qui révèle au malade et au médecin une maladie qui existait peut-être depuis longtemps à l'état insidieux et fruste. Quand on dit que l'insuffisance est si souvent mortelle et subitement, c'est par ce triste procédé; les embolies dans ce cas sont bien autrement fréquentes que dans toute autre affection cardiaque ; elles sont pour ainsi dire toutes prêtes à se détacher de l'ouverture aortique et à se lancer dans le courant cérébral. Chez les athéromateux les artères cérébrales sont souvent le siège d'hémorragies.
6° Période troublée. Accidents pulmonaires. Asystolie. — Ce n'est pas là le seul danger que court le malade; il arrive à un moment donné, quand même l'insuffisance est simple, quand même il s'agit d'un jeune homme, que la force du cœur gauche fléchisse. A partir de ce moment, c'est-à-dire à partir de la diminution de l'énergie cardiaque, le cœur ne peut plus vider tout son contenu, et par cela même il ne peutadmettre la totalité du sang de l'oreillette gauche pendant la diastole. Il en résulte maintenant une réplétion de l'oreillette gauche qui se propage peu à peu aux veines et aux capillaires du poumon. Par suite de cette distension du petit circuit, il survient de la dyspnée, ou elle augmente; de là aussi un catarrhe bronchique par stase du sang dans le poumon ; puis par suite de la diminution de force du ventricule droit, la stagnation du sangdansles veines corporelles, et de Vhydropisie, en un mot toutes manifestations propres à la période troublée de l'influence mitrale; c'est l'asystolie commune à toutes les maladies du cœur.