‹ Traité des maladies du cœurChapitre 97 sur 418 · PLÉTHORE COMME CAUSE DE L'ARTÉRIE · texte numérisé non relu

PLÉTHORE COMME CAUSE DE L'ARTÉRIE

seulement de resserrement des vaisseaux abdominaux; la circulation générale est également atteinte; car il est démontré de par les lois de la physiologie quelle est l'énorme influence exercée par la réplétion du système vasGulaire intestinal à cause de sa grande capacité, sur la pression sanguine dans l'aorte.

La 'pléthore abdominale est analogue àun effet de V excitation des nerfs splanchniques vaso-moteurs. — On sait que les muscles des vaisseaux de l'abdomen se trouvent dans un état d'excitation tonique, qui leur est dévolu par les nerfs splanchniques ou plutôt par le système nerveux central par l'intermédiaire de ces nerfs; il s'ensuit que si on coupe ces nerfs, la tension artérielle par suite de l'afflux d'une grande partie de la masse totale du sang dans les vaisseaux intestinaux dilatés au maximum ne tarde pas à subir une forte dépression. Inversement la contraction des vaisseaux animés par les nerfs splanchniques (comme celle qu'on obtient par l'excitation électrique de ces nerfs) détermine le passage du sang de ces vaisseaux d'abord dans le système veineux, et comme effet consécutif un afflux plus marqué vers le cœur, et d'une autre part un rebondissement de la pression artérielle.

Un résultat analogue à celui des splanchniques excités se produit par l'accumulation de la graisse dans le ventre; ses effets s'ajoutent à ceux de l'inondation incessante du système vasculaire par les quantités excessives des liquides digestifs.

Pléthore générale résultant de la pléthore abdominale. — Comme en outre par suite de la compression des vaisseaux intestinaux la capacité de la portion artérielle de l'appareil vasculaire se trouve diminuée, comme les autres artères du corps n'ont, par suite de leur tendance à se rétracter, pas assez de place pour recevoir la quantité de sang en excès, il faut nécessairement qu'une grande partie de ce

^•^^ TYPE ARTÉRIQUL.

sang soil admise dans les veines. De celte façon il se forme linalement chez ces abdominaux, à côté de raiigmenlation de pression aorlique, aussi une distension plus ou moins marquée du sijslème veineux, laquelle se propage par l'intermédiaire du cœur droit jusqu'à la circulation pulmonaire.

Un autre signe de ce changement de répartition du sang ce sont les varices des veines corporelles, d'une autre part les hémorroïdes, bien que pour leur formation il faille aussi faire intervenir les troubles locaux de la circulation du bas ventre. Enfin la réplétion des vaisseaux jmlmotiaires a son importance parce qu'elle prédispose l'individu aux catarrhes à la moindre cause, mais ceci n'est qu'un phénomène tardif.

Circulation abdominale ralentie et production de gaz. — Les conséquences des obstacles à la circulation porlale s'étendent aussi aux fonctions digestives. Lorsque le sang traverse plus lentement les parois abdominales qu'il ne le fait dans le cours d'une digestion normale et de la résorption des ingesta, il doit en résulter aussi des perturbations dans le fonctionnement de l'intestin. Celles-ci consistent dans l'accumulation anormale de gaz et la constipation persistante. La flatulence parliculièrement est un symptôme, comme l'a démontré récemment Zuntz, qui apparaît chaque fois que, par suite d'un trouble circulatoire général ou local, le cours .du sang dans les vaisseaux de la muqueuse intestinale se trouve ralentie. Dans ces conditions Isirésorption par le sang des gaz formés par le contenu intestinal se trouve amoindrie. Ce n'est pourtant pas dans les phénomènes provoqués par ces gaz ou par la constipation que réside l'intérêt principal; il faut prendre surtout en considération ce fait que par la surcharge et le développement de l'intestin, de nouveaux obstacles surgissent au cours du sang portai dont l'effet

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