‹ Traité des maladies du foieChapitre 11 sur 23 · TERMINAISONS · texte numérisé non relu

TERMINAISONS

Les pathologistes , n’ayant connu 1 irritation hépatique que lorsqu’elle a revêtu la forme inflammatoire , n’ont parlé que des désordres organiques qu’on trouve à la suite de l’hépatite. Mais , comme je l’ai démontré , l’irritation du foie peut exister à un degré où elle ne constitue pas encore une phlegmasie. Or, dans ce cas , elle est susceptible aussi de déterrai-

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ner des lésions de texture qu’il importe de connaître , et que je décrirai même les premières, pour me conformer au plan que je me suis tracé.

Il arrive fréquemment que Forgane qui élabore la bile grossit d’une manière lente , insensible , sans cause appréciable , comme on le dit communément , et acquiert ainsi des dimensions infiniment au-dessus de celles de Fétat normal. Si l’augmentation de volume ne consiste alors que dans un développement surabondant du parenchyme , sans altération de structure , il y aura ce qu’on oppelle une hypertrophie. Si , au contraire , elle présente tous les caractères de Y obstruction (1) , le foie sera devenu le siège de productions morbides qu’on ne pourra bien déterminer qu’après la mort. Mais, quelle que soit la nature des changements survenus dans ce

(i) Les anciens médecins donnaient le nom d’obstruction du foie à l’état de ce viscère devenu très volumineux, altéré dans sa texture et remplissant mal ses fonctions. Ces trois conditions morbides étaient attribuées par eux à V obstruction des vaisseaux et des pores hépatiques. Aujourd’hui, que l’anatomie pathologique est plus avancée , nous savons qu’elles sont dues à des lésions organiques qu’on appelle tubercules , cyrrhoses , mélanoses , squirrhe, encéphaloïde , etc.

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viscère , on ne saurait en attribuer l’origine qu’à l’irritation , je ne balance pas même à établir qu’ils ne sont dans ce cas que le résultat de l’irritation hépatique , qui , bien que n’étant encore qu’à son premier degré , dure depuis longtemps ou s’est renouvelé souvent. Que si l’on me demande la preuve de ces deux assertions , je répondrai qu’elles ont à peine besoin d’être démontrées pour l’hypertrophie hépatique. Quelle que soit , en effet , l’idée qu’on se forme de cet état du foie, il est impossible qu’on ne le regarde pas comme de nature sthénique , et par conséquent comme un produit de l’irritation. D’un autre côté, il est évident que, puisque la plupart des auteurs n’entendent , par le mot hypertrophie , que le développement surabondant > mais lent, d’un tissu , sans altération de structure (1), il est évident , dis-je , que l’augmentation de volume d’une partie n’est , dans cette circonstance , ni l’effet d’une inflammation aiguë , qui marche toujours avec rapidité , ni celui d’une phlegmasie chronique , qui n’est jamais d’une longue durée sans occasioner dans les organes parenchymateux surtout des lésions de texture

(i) Dictionnaire abrégé des sciences médicales , tome ix , page 565.

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plus ou moins variées. Si donc I hypertrophie du foie ne dépend pas d’un état de surexcitation porté au degré de la phlogose , et que , néanmoins , elle soit due à l’irritation, il faudra nécessairement qu’on m’accorde qu’elle n’est qu’une forme ou plutôt qu’une terminaison du premier

degré de cette dernière.

Quant aux productions diverses qui ont reçu le nom d’obstruction , il n’est guère de médecins aujourd’hui qui ne les regardent comme provenant le plus ordinairement d une phi eg masie chronique. Dans le cas qui nous occupe , les signes de l’inflammation n’ont pas existé sans doute ; mais, si l’on réfléchit que, toutes les fois que l’organe qui sécrète la bile reçoit une somme d’excitation plus considérable que de coutume , et que cette excitation n’est pas cependant assez forte pour l’enflammer, il en résulte constamment un accroissement de l’action des tissus lymphatiques, absorbants , cellulaires et autres qui composent ce viscère , il ne répugnera nullement d admettre que c’est ce surcroît de vie, qui n’est autre chose que le premier degre de 1 irritation hépatique, qui produit alors une nutrition vicieuse, exagérée, et donne lieu àcesengorgementsblancs, à ces dégénérescences organiques , que Laenneg qualifie d’accidentelles et de sans analogues.

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Il demeure donc prouvé que le premier degré de l’irritation hépatique est susceptible de se terminer par l’hypertrophie ou l’obstruction du foie. On m’objectera peut-être qu’il est difficile de concevoir qu’une même cause puisse avoir des résultats aussi diamétralement opposés : mais ce fait tient uniquement à la différence des constitutions individuelles. L’expérience atteste , en effet , que les sujets sanguins , bilieux ou bilioso-sanguins , contractent plutôt une hypertrophie que des tubercules. Les obstructions surviennent de préférence , au contraire , chez les personnes qui ont beaucoup d’humeur , en qui la disposition aux scrophules est manifeste , qui , en un mot , sont douées d’un tempérament lymphatique bien prononcé.

L’hypertrophie hépatique peut être générale ou partielle. Lorsqu’elle est générale, la masse totale du foie se trouve augmentée , mais la configuration primitive de ce viscère reste la même ; lorsqu’elle est partielle , au contraire , l’augmentation de volume n’ayant lieu que dans une portion plus ou moins étendue de l’organe , la forme normale de celui-ci est plus ou moins changée. Dans l’un et l’autre cas , le parenchyme hépatique n’est nullement altéré dans sa structure :

sous un volume donné , il contient plus de par-

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