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pagne qu’il habitait non loin de Bordeaux. Au sortir de beau, il éprouva des frissons , des anxiétés, et une douleur à la région du foie, qui, d’abord légère, fut en augmentant, au point que le soir elle était très aiguë et gênait beaucoup la respiration. Le lendemain le pouls était dur et plein , la langue jaune , la bouche amère ; la douleur de Fhypocondrc droit surtout avait pris un caractère pins intense , et le décubitus sur ce côté était impossible. Cette affection morbide fut traitée par les antiphlogistiques , mais d’une manière trop timide , selon moi , et c’est ce qui fit qu’elle passa à l’état chronique. Le malade ne tarda pas à se trouver en proie à une fièvre lente qui redoublait régulièrement toits les soirs ; le teint devint jaune, l’épigastre douloureux, la respiration difficile et accompagnée d’une toux sèche. Plus tard , l’hypocondre droit se tuméfia; lorsqu’on pressait cette partie , on sentait que le foie était dur, inégal à la surface , et dépassait de beaucoup les fausses côtes. La mort eut lieu l’année dernière , vers la fin du printemps , après neuf ou dix mois de souffrances. On ne fit point l’autopsie.
L’organe qui fut le premier affecté, dans cc cas, fut évidemment le péritoine : car j’ai prouvé, comme on sait, que les douleurs aiguës de l’hy-
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pocondre appartiennent à la péritonite. Ce ne futqu’après, et sous Finfluence de cette dernière, (jue le foie devint malade. La cause de l’hépatite dont il s’agit ne fut donc pas , à proprement parler , Fimmersion dans Feau , mais bien la péritonite cpü résulta immédiatement de l’impression subite du froid sur la peau.
Une femme âgée de vingt -cinq ans , d’un tempérament lymphatico - sanguin , ayant été se baigner, le 12 juillet 1821, dans le Drot, petite rivière du département de Lot - et - Garonne , éprouva pendant la nuit des envies de vomir continuelles , une chaleur insupportable dans tout le corps, et des angoisses inexprimables. Le lendemain et les deux ou trois jours suivants , ces symptômes devinrent plus prononcés, des vomissements fréquents eurent lieu, une fièvre violente se déclara. Le traitement que son médecin lui prescrivit la soulagea promptement ; mais sa guérison ne fut pas complète , elle ne recouvra pas sa fraîcheur habituelle , et il lui resta un sentiment de pesan teur et d’anxiété dans la région épigastrique, qui se manifestait principalement un peu avant le repas et pendant le travail de la digestion. Cet état de choses dura
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à peu près quatre mois. Au bout de ce temps, et sans cause appréciable , l’appétit disparut entièrement ; les nausées , les vomissements et la fièvre se renouvelèrent. On combattit ces accidents de la même manière que la première fois, mais avec moins de succès. Les digestions ne se firent plus qu’avec peine , une fièvre lente se déclara , et l’embonpoint commença à diminuer à vue d’œil. Deux ou trois mois après, une nouvelle recrudescence étant survenue, je lus appelé en consultation. Je trouvai la malade dans un état de maigreur extraordinaire ; l’estomac ne pouvait supporter aucun aliment solide ; la langue était rouge et sèche , la peau brûlante , le pouls petit et très fréquent. Une circonstance qui me frappa surtout , et qui n’avait pas fixe l’attention de mon collègue , c’est que l’hypocondre droit était bombé et douloureux : lorsqu’on comprimait cette partie , on sentait que la tuméfaction était produite par le foie, qui avait acquis des dimensions considérables et qui était devenu extrêmement dur.
Cette femme mourut . Les parents ne voulurent pas permettre qu’on en fit l’ouverture ; mais je ne crois pas qu’on puisse douter , d’après ce que je viens de dire, qu’il n’y eût chez elle une lésion de l’appareil biliaire ; je ne crois pas non
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plus qu’il soit possible d’admettre que cette dernière fût le résultat immédiat de l’immersion dans l’eau , car les premiers symptômes qu’on remarqua furent ceux de la gastro-entérite. Cette observation prouve donc , comme la précédente , que l’action du froid ne produit pas directement l’hépatite.
Une couturière âgée de dix -huit ans, d’un tempérament lymphatique , fit disparaître très promptement une gale ancienne dont elle était atteinte. Peu de jours après , une diarrhée légère, accompagnée de coliques et de ténesmes , se déclara. A ces accidents se joignirent bientôt une douleur à l’épigastre , des envies de vomir et la perte totale de l’appétit. Le chirurgien de la malade vit dans ces symptômes l’indication d’un vomitif, et l’administra. L’effet de cet émétique n’ayant pas répondu à son attente , il en fit prendre un second , après quoi il ordonna plusieurs purgatifs pour achever , disait-il, de nettoyer le premières et les secondes voies. Ce traitement n’amena aucun changement favorable : la diarrhée et les coliques persistèrent , la sensibilité de la région épigastrique augmenta , et le dégoût pour les aliments fut porté au point que
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leur aspect seul suffisait pour occasioner des soulèvements d’estomac. Les parents , voyant que leur fille ne guérissait pas, s’adressèrent à un médecin du voisinage ,qui, se fondant sur ce que les règles n’avaient pas reparu depuis deux mois, crut devoir recourir aux emménagogues et en prescrire de toutes les espèces et sous toutes les formes. L’usage de celle médication nouvelle dura trois mois , et les résultats n’en furent nullement avantageux. Sous son influence, au contraire , les choses prirent une marche beaucoup plus fâcheuse : la maigreur devint extrême , la peau se colora en jaune, des vomissements eurent lieu d’espace en espace ; chaque jour , en outre , une petite fièvre se manifestait vers le soir et durait une partie de la nuit. Tel était l’état de la malade lorsqu’elle témoigna le désir de me consulter. Mon premier soin, en arrivant auprès d’elle, fut de palper le bas-ventre, et comme toutes les apparences extérieures me l’avaient fait présumer déjà, j’acquis la certitude qu’il y avait une lésion du foie: ce viscère était si volumineux qu’il débordait de trois ou quatre doigts les fausses côtes , et que l’hypocondre droit en était soulevé. Cette jeûne personne périt dans le marasme le plus complet. Le cadavre ne fut point ouvert.
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il est évident que dans ce cas la repercussion de la gale détermina une irritation qui, d’abord fixée sur les intestins, s’étendit bientôt à l’estomac. Cette irritation , traitée d’une manière peu convenable , se propagea au parenchyme hépatique. Chez un individu qui eût été plus prédisposé aux affections du péritoine qu’à celles de la membrane muqueuse gastro-intestinale, la disparition de l’éruption psorique aurait produit de préférence une irritation du tissu péritonéal* mais elle n’aurait , pas plus dans cette circonstance que dans l’autre , agi immédiatement sur le foie.
L’hépatite qu’on dit être produite par la rétrocession de la goutte ou du rhumatisme ne se développe pas d’une manière différente ; le péritoine ou les voies digestives sont toujours alors les premiers enflammés : ce n’est qu’après, et par suite de l’irritation de l’un ou de l’autre de ces deux organes, que celui qui élabore la bile devient malade.
On a mis également au nombre des causes de l’hépatite l’inflammation du tissu cellulaire de l’abdomen et celle de la plèvre. L’observation n° 3 (1) prouve que , lorsque les parois du bas-ventre
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sont enflammées , l’organe auquel l’irritation commence par se communiquer est la membrane péritonéale. Pour ce qui concerne la pleurésie , le fait suivant suffira pour mettre hors de doute que c’est encore par l’intermédiaire du péritoine que l’hépatite survient eïi pareille occurrence.
Je fus invité, en mars 1820, à soigner, conjointement avec un autre médecin , un jeune homme robuste et d’un tempérament biliosdsanguin. Cet individu présentait tous les signes d’une phlegmasie très intense de la plèvre et du poumon droits : le symptôme prédominant avait été dans le principe une douleur située au-dessous du sein, et tellement aiguë que, dès le second jour , la respiration ne se faisait plus du côté affecté que par le moyen du diaphragme. A l’époque où nous fûmes convoqués , l’inflammation avait envahi ce muscle , et la dilatation de la poitrine était en quelque sorte nulle à droite . Le malade mourut. A l’ouverture du cadavre , le poumon , la plèvre et le diaphragme offrirent des traces évidentes d’irritation. Mais ce à quoi nons ne nous attendions pas , mon collègue 'et moi , c’est que le foie en offrait aussi : il était
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(l’un rouge foncé , beaucoup plus gros qlie de coutume , et la membrane séreuse avait contracté de nombreuses adhérences avec les tissus ambiants.
L’affection qui , chez le sujet dont il s’agit ici , se développa la première , et occasiona la mort, fut évidemment une pleuro-péripneumonie , puisqu’on n’observa pendant la vie que les symptômes de cette phlegmasie : l’irritation débuta par la plèvre costale et le poumon ; de là , elle se propagea au diaphragme et au péritoine diaphragmatique ; celui-ci la transmit en définitive à l’appareil biliaire. La cause immédiate de l’hépatite dans cette circonstance fut donc la péritonite.
On a déjà vu que M. Louis avait été conduit par une suite d’observations bien circonstanciées à établir que la transformation graisseuse du foie existe presque uniquement chez les individus atteints de phthisie , en sorte qit on peut jusquà un certain point la considérer comme une dépendance de cette dernière espèce de lésion * Cette proposition est sans doute trop générale, et les faits qui prouvent que l’état gras du foie peut se développer sous l’influence d’une maladie autre que la phthisie sont beaucoup plus nombreux que ne le prétend M. Louis. Mais, ce
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qui me paraît certain , c’est que , lorsque la dégénérescence qui nous occupe se forme chez les phthisiques, ce fait a lieu parce que l’irritation des voies aeriennes s’est communiquée au péritoine diaphragmatique, et de là au foie. On m’objectera peut-être que la phthisie n’est point une affection irritative ; mais je répliquerai à cela que la plupart des médecins aujourd’hui regardent les mots 'phthisie et pneumonie chronique comme synonymes. En supposant , au surplus, qu’une pareille manière de voir ne fut pas admissible, on ne saurait me refuser qu’il se déclare constamment dans le cours de la phthisie des inflammations plus ou moins étendues de la plèvre. Eh bien, ce sont ces inflammations qui, quoique peu prononcées, se transmettent au péritoine et au parenchyme hépatique.
Les excès d’étude , les passions violentes, les chagrins profonds , les accès de colère , l’insolation , n’agissent pas non plus directement sur le foie. Toutes ces causes commencent par produire une irritation du cerveau et de ses membranes; celle-ci, lorsquelle est intense ou qu’elle dure long-temps , se transmet à la muqueuse gastro-intestinale. On peut m’opposer, je le sais, qu’il est difficile de concilier avec cette théorie les cas où la jaunisse se développe instantané-
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ment sous l’influence crime émotion morale vive. Mais ces sortes de cas , selon moi , ne font pas exception à la règle que j’établis, et il résulte évidemment de ce que je dirai plus loin que l’état du foie qui produit l’ictéricie spasmodique reconnaît pour cause prochaine une lésion gastrointestinale , qui , elle-même, est survenue immédiatement après une émotion morale vive , telle qu’une grande frayeur, un accès de colère, etc.
C’est encore par un mécanisme analogue que l’hépatite se développe à la suite des plaies de tête. Toutes lesTois qu’il n’y a pas eu alors lésion concomitante de l’organe qui élabore la bile et de l’encéphale , l’irritation de celui-ci ne se communique au parenchyme hépatique que par l’intermediaire du tube alimentaire. Il m’eût été facile de citer une foule de faits pratiques à l’appui de cette proposition , mais comme dans tous les cas ou 1 encéphalite traumatique se trouve compliquée avec une altération de l’appareil biliaire les choses se passent de la même manière que dans 1 une ou dans l’autre des deux observations suivantes , j’ai cru que je pouvais me dispenser d’en rapporter un plus grand nombre.
M. B.... , officier en retraite, âgé d’environ
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quarante-cinq ans , était depuis long-temps livré à la crapule la plus dégoûtante. Plusieurs fois j’avais eu occasion de le voir à l’hôpital de la marine , où souvent on l’apportait gorgé de vin et d’eau-de-vie , couvert de contusions et de meurtrissures.
Le 1er juillet 1823 , à dix heures du soir, chassé d’un cabaret où il avait déposé les restes de sa raison , il se rendit dans sa chambre au deuxième étage , d’ou il tomba ou sè jeta par la fenêtre. La tête frappa fortement contre un balcon en fer du premier étage , et il retomba ensuite jusqu’à terre , ayant fait une chute de trente cinq pieds. Apporté à l’hôpital à onze heures du soir , dans un état complet d’ivresse , il fut soumisà l’examen le plus attentif. On trouva aux téguments crâniens , vis-a-vis la portion temporale droite du frontal , une plaie d’environ un pouce.de longueur, et par laquelle sortait une assez grande quantité de sang artériel. Le voisinage de l’artère temporale moyenne fit penser que l’hémorrhagie pouvait être due a sa rupture ; une incision de deux pouces , a partii de l’angle intérieur et interne de la plaie , mit à découvert deux branches artérielles qui furent liées aussitôt. On fit un pansement simple , et on appliqua le bandage.
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Le pouls était assez élevé au moment de Feutrée du malade ; on lui pratiqua une saignée d’environ dix onces. Du reste , tous les symptômes de Fépanchcment et de la fracture existaient. Large ecchymose autour de Foeil droit ; écoulement de sang par les narines, les oreilles et la bouche * deux bosses énormes sur le front; coma profond; respiration précipitée et stertoreuse. Ces symptômes firent pronostiquer une mort prochaine, qui arriva, en effet, un quart d’heure après le pansement , pendant lequel on sentait une dépression graduelle du pouls.