ASTHÉNIE HÉPATIQUE
On 11e saurait douter qu’il n’y ait un état morbide qui mérite le nom d’asthénie hépatique 5
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(r) On trouve un cas de celte espèce dans les Mémoires ou Recherches anatomico-pathologiques de M. Louis , page 38 1 .
(2) L’observation de M. S.. ♦. , que M. Andral a consignée dans sa Clinique , est un exemple fort remarquable de ce genre d’hémorrhagie du foie. ( Tome iv , page i5. )
(5) On doit ranger dans cette catégorie plusieurs cas rapportés parles auteurs sous le nom d hépcitu t hée .
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mais personne ira jusqu’ici déterminé les signes qui caractérisent cet état , ou, pour mieux dire , personne ne Fa tenté , parce que cette question a paru insoluble. Ne serait-il pas possible cependant de jeter quelques lumières sur ce point de pathologie ? Puisqu’il est généralement reconnu;, par exemple , que l’accroissement de la fonction d un tissu dénote que la vitalité de ce tissu se trouve augmentée, ne pourrait-on pas admettre que la diminution ou la suspension de la sécrétion biliaire doit etic 1 an des effets immédiats de l’asthénie hépatique, et dès lors ne serait-on pas naturellement conduit à regarder les sym ptômes qui résultent de l’abscence de la bile dans les voies digesti-
ves comme indiquant un état d’atonie du foie? Pour moi, je suis de cet avis: je n’hésite pas même à avancer qu’en procédant de la sorte on arriverait certainement à la connaissance de quelques uns des signes dont il s’agit. On peut m’objecter, je le sais, que la diminution ou la suspension de la sécrétion biliaire a lieu également dans l’hépatite aigue ou chronique ‘ mais dans ce cas les phénomènes qui en dépendent coexistent soit avec ceux que j’ai démontrés appartenir à la gastro-hépato -péritonite aiguë, soit avec ceux qui annoncent une dégénérescence du foie , tels que l’augmentation considérable du volume de cet
DU
organe , son endurcissement, les bosselures de sa surface, etc. Dans le cas qui nous occupe, au contraire , ces phénomènes existeraient seuls , et cette circonstance ne permettrait pas de les confondre avec le précédent. Ainsi donc , dans mon opinion , un individu dont la langue serait large , humide , point rouge sur les bords ; qui n’aurait pas de fièvre , qui n’éprouverait pas de douleur dans l’hypocondre droit , qui ne serait porteur d’aucune lésion organique du foie , et qui néanmoins digérerait mal, n’aurait pas d’appétit , se plaindrait de flatulence, de dégoûts, de nausées, de rapports de différents genres , accuserait la sensation d’un poids dans la région de l’estomac , et chez qui les matières fécales seraient grisâtres , décolorées , semblables à de l’argile , cet individu devrait être considéré comme étant atteint d’une asthénie hépatique. Remarquez bien que je ne dis pas que j’ai vu un individu tel que celui-là ; mais je suis persuadé que nous ne conserverions pas le plus léger doute sur la possibilité des cas de cette espèce, si, moins préocupés des maladies irritatives du foie , nous nous étions livrés à des recherches plus sérieuses sur l’état asthénique de ce viscère.
Lorsque, par suite de l’affection dont il s’agit
ici , la sécrétion biliaire
au lieu d’être totale-
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ment suspendue , ne se trouve que diminuée , tout porte à présumer qu’il s’opère quelque changement dans la composition de la bile. Mais il n’est pas en notre pouvoir d’apprécier pendant la vie la nature et les effets de ce changement • seulement il est probable qu’une bile moins colorée , moins stimulante que celle de l’état physiologique , rendrait plus prononcés les dérangements qu’entraîne la diminution de la sécrétion de ce fluide.
Quelques auteurs ont établi que l’asthénie hépatique est susceptible de produire l’ictère. Mais cette manière de voir me paraît vraiment inadmissible : d’abord, elle repose sur une pure hypothèse ( la présence des matériaux de la bile dans le sang normal (i)); d’un autre côté , je prouverai plus bas que la jaunisse ne se développe que tout autant que les absorbants du foie sont doués d’une activité plus grande que de coutume , et que par
(i)Les écrivains qui mettent l’ictère au nombre des symptômes de l’asthénie hépatique se fondent , en effet, sur ce que, le foie ne séparant plus alors du sang les principes de la bile dans leurs proportions ordinaires, ces principes se répandent dans nos tissus et les colorent en jaune* (And r al, Clinique médicale:, tome jv, page 47-)
DU FOIE
conséquent le parenchyme hépatique est surexcité (i).
Quoi qu’il en soit, du reste , à l’égard de ce dernier point , je me crois autorisé à penser que la théorie que je propose est ce qu’on a émis de plus vraisemblable sur la nature , le nombre , le mode de production des désordres qui accompagnent l’asthénie hépatique. Cela posé , ne seraitce pas le cas d’imiter les médecins anglais , et de chercher à rétablir alors le cours de la bile i° en irritant par des purgatifs convenablement employés la membrane muqueuse intestinale; 20 en donnant le mercure-doux , qui , d’après eux , exerce une action particulière sur l’action du foie.
Je suis loin d’attribuer , certes, à ces médicaments toutes les propriétés que leur supposent nos confrères d’outre-mer ; mais j’ai la conviction qu’administrés en pareille occurrence , ils détermineraient sur la membrane muqueuse alimentaire une irritation qui , transmise au foie, serait éminemment propre à remonter le ton de ce viscère.
(i) Voyez l’article Ictère au sujet de cette assertion et de la précédente.