ATROPHIE DU FOIE
L’organe qui sécrète la bil e peut éprouver une diminution plus ou moins considérable de volume. Stork parle d’un individu chez qui il avait à peine la grosseur du poing , vix œquahat pugni magnitudinem y Ri clan assure avoir rencontré un foie qui n’était pas plus gros que le rein ; d’autres en ont vu de plus petits encore.
Les faits de cette nature qu’on trouve dans les auteurs prouvent que la diminution du volume du foie est dans certaines circonstances le résultat de Ti citation de ce viscère , maïs que le plus communément elle provient soit de la diminution ou de la cessation de son action organique, soit d’un obstacle à sa nutrition apporté par une cause mécanique.
Lorsque le foie, par suite d’une phlegmasie chronique dont il est atteint, perd de sa grosseur et de son poids , il est tantôt ramolli , tantôt endurci , et quelquefois inégal , comme granuleux à sa surface. Les observations nos 19, 20 et 21, que M. Axijral a consignées dans son ouvrage , nous fournissent des exemples remarquables de ce genre d’affection (1).
(1) Morgagny en rapporte aussi plusieurs. Voyez à ce Mijet les lettres 22e, art. /} ; 64e, art. e- 56e, 58e, etc.
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Lorsqu’au contraire il sc rappe lisse sous l in il uen ce d’un obstacle à sa nutrition ou d’un état véritablement asthénique de son parenchyme , sa contexture organique n’offre aucun changement appréciable. Ce n’est qu’aux cas de cette dernière espèce qu’il convient d’affecter le nom à1 atrophie du foie . Le donner , en effet, aux dégénérescences hépatiques qui s’accompagnent de la diminution du volume de la partie où elles ont leur siège , serait s’écarter à la fois de l’éti— niologie et de l’acception généralement reçue du mot atrophie , qui , par opposition à celui di hypertrophie , exprime simplement cet état particulier d’un tissu qui, bien qu’ayant perdu de sa grosseur et de son poids , ne présente aucune altération dans sa structure intime.
L’atrophie hépatique proprement dite , ou en d’autres termes la diminution du volume du foie, qui ne dépend pas d’un travail inflammatoire, peut être générale ou partielle. Les obstacles qui la produisent le plus souvent sont i° le développement accidentel des organes qui entourent le foie et qui alors le compriment dans toute son étendue; 2° une pression extérieure exercée habituellement sur la région hypocondriaque droite. «L’usage des corsets chez les femmes, en diminuant le diamètre de la poitrine,
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pousse vers ses extrémités, et particulièrement vers l’inférieure , les organes qu’elle contient. Chez elles , le foie dépasse souvent de plusieurs pouces les dernières côtes , et celles-ci impriment sur la face supérieure de cet organe un sillon plus ou moins profond. Cette compression , exercée long-temps , peut nuire au développement total du foie , et la disposition nnatomique qu’elle produit ne doit jamais être oubliée dans l’exploration de l’abdomen. La dissection des corps des individus dont la profession exige l’emploi d’instruments qu’on appuie sur la région épigastrique donnerait peut-être quelques autres exemples d’atrophie partielle du foie. (1) »
J’ai avancé également que la diminution ou la cessation de Faction du foie est susceptible d’occasioner son atrophie ; mais il est fort difficile , comme on vient de le voir dans l’article précédent, de préciser les cas où ce viscère est réellement frappé d’asthénie , et si j’ai admis cet ordre de causes , c’est moins sur des faits positifs que sur des probabilités.
(r) Dictionnaire de médecine en 18 volumes, tome ix, page 20 5.
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