‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 133 sur 178 · I. PAXCRÉATITES SUPPURATIVES · texte numérisé non relu

I. PAXCRÉATITES SUPPURATIVES

Étiologie et pathogénie. — Profondément situé à la partie supérieure de l’abdomen, au-devant de la colonne vertébrale et

PANCRÉATITES CONJONCTIVES.

des piliers du diaphragme, le pancréas, sans communication directe avec le milieu extérieur, est peu prédisposé aux phlegmasies suppuratives. N’ayant pas, comme le foie, de communication avec l’intestin par l’intermédiaire de ses veines, il échappe à une cause commune d’infection. Toutefois, en rapport avec le tube digestif par ses canaux excréteurs, il peut, dans certaines conditions, subir l’invasion d’agents de suppuration, il est, en outre, baigné par le sang qui, parfois, lui apporte d’autres agents non moins dangereux. A l’introduction de ces agents au sein du parenchyme du pancréas sont dues les suppurations de cette glande; quelques-unes peuvent provenir encore d’un foyer purulent de voisinage, d’un ulcère gastrique, etc. De là trois origines diverses de la suppuration du pancréas : 1° par extension de la suppuration d’un foyer contigu, né sur place ou de provenance éloignée, comme cela s’est vu à la suite de la ligature du cordon spermatique1 ; 2° par voie sanguine ; 3° par voie pancréatique , quand l’état des canaux permet la pénétration des microbes intestinaux. Certaines différences tiennent à ces origines multiples de suppuration; nous pourrions n’en tenir aucun compte, si nous ne pensions qu’il y ait lieu d’étudier à part celles d’entre elles qui proviennent des voies pancréatiques.

Anatomie pathologique. — Les pancréatites suppurées par contiguïté ou par infection artérielle, sont ordinairement limitées et circonscrites. Le pancréas, tuméfié sur un ou plusieurs points, est, en même temps, injecté et atteint d’une infiltration purulente qui ne tarde pas à se collecter et à former des abcès, souvent uniques, et relativement volumineux, dans la supputation par continuité, multiples et de plus petit volume, dans celle qui s’établit par la voie sanguine : tel est le cas d’une femme de 38 ans, atteinte de broncho-pneumonie et qui présenta, à l’autopsie, une péritonite suppurée et plusieurs abcès pancréatiques, dont un, plus développé, siégeait dans la tête de l’organe. Le pus cultivé de ces abcès donna simplement du pneumocoque^. Plus fréquents au niveau de la tête du pancréas, ces abcès se rencontrent encore dans les différents points de celte glande, et même vers laqueue. Ils ne sont presque jamais limités par une membrane d’enkystement, du moins lorsqu’ils ont une origine vasculaire, en raison sans doute de la marche rapide du mal ; tandis que s’ils proviennent d’une lésion de contiguïté, comme leur évolution est plus lente, ils présentent, assez souvent, une membrane de ce genre

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