‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 134 sur 178 · A. Portai., Cours cl’anatom. méd. Paris, 1808, p · texte numérisé non relu

A. Portai., Cours cl’anatom. méd. Paris, 1808, p

2. Macaigne, Abcès du pancréas [Bull. Soc. anat ., Paris, 1894, p. 3G6).

Les veines pancréatiques renferment quelquefois des concrétions sanguines et le tissu graisseux du voisinage a été trouvé nécrosé. Ces abcès ne sont pas toujours stables, ils fusent, dans quelques cas, le long de la colonne vertébrale, de façon à faire croire à un abcès par congestion, d’autres fois dans l’un des flancs et simulent un abcès périnéphrétique.

Symptomatologie. — Les phénomènes liés à la suppuration du pancréas sont, les uns physiques, les autres fonctionnels. Les phénomènes physiques n’ont, dans l’espèce, qu’une faible valeur, attendu que rarement un abcès du pancréas fait saillie au point de pouvoir être senti à l'épigastre. Les désordres fonctionnels sont de plusieurs ordres, car, en dehors des phénomènes d’infection, ils se manifestent, les uns, par des troubles digestifs, les autres, par des symptômes glycémiques. Les phénomènes d’infection se révèlent par des frissons intenses, l’altération des traits du visage, de la fièvre, et, dans quelques cas, par de l’albuminurie. Les troubles digestifs se traduisent par une douleur abdominale presque constante, diffuse ou localisée à la région épigastrique, par du dégoût des aliments, des nausées, des vomissements, du hoquet, et, enfin, par une diarrhée argileuse ou muqueuse, rarement graisseuse, quelquefois, par de la constipation, du tympanisme et du mélæna.

La glycosurie, moindre que dans certains diabètes où le pancréas est profondément altéré, sinon entièrement détruit, fait exception dans les cas de suppuration par voie sanguine, se montre plus commune dans ceux qui ont lieu par voie. pancréatique (voy. plus loin). Ajoutons à ces symptômes ceux qui peuvent résulter d’une complication telle que péritonite suppurée, phlébite de la veine splénique ou de la veine porte, et nous comprendrons que le complexus symptomatique de la suppuration pancréatique soit, dans quelques cas, très complexe et difficile à débrouiller.

La marche de cette suppuration est, malgré quelques stades d’arrêt, continue et progressive. Sa durée, très variable, dépend non seulement de l’altération du pancréas, mais encore de son origine et des complications qui viennent s’y ajouter; elle oscille entre quelques semaines et un ou plusieurs mois. La terminaison, presque toujours fatale, est parfois rapide, si les nerfs du voisinage prennent part au processus phlegmasique. Ce mode de terminaison, sur lequel nous aurons à revenir lorsque nous nous occuperons de l’apoplexie pancréatique où il est beaucoup plus commun, est en quelque sorte exceptionnel. Habituellement, la mort survient lentement, dans le délire ou dans le coma.

PANCRÉATITES CONJONCTIVES.

Sémiologie. — Le diagnostic des suppurations pancréatiques ne repose sur aucun signe pathognomonique, mais bien sur un ensemble de symptômes qui le rendent plus ou moins certain. Ces symptômes sont, avec la fièvre, la douleur épigastrique, le dégoût des aliments, les vomissements, l’état des selles, la glycosurie, si la destruction du pancréas est étendue, et, dans quelques cas enfin, le palper de la glande. Les coliques hépatique, néphrétique et intestinale, en raison de leur début brusque, du caractère de la souffrance, de l’absence habituelle de fièvre et de leur évolution, ne seront pas confondues avec un abcès pancréatique. 11 en sera de même de Y iléus, bien que l’erreur ait été parfois commise. L’examen des urines pourra être, d’ailleurs, d’un grand secours, attendu que la présence de la glycosurie parviendrait à lever tous les doutes. La péritonite suppurée se distingue facilement des abcès du pancréas, si elle est la consé quence de la suppuration et circonscrite à la région de cette glande. Les abcès hépatiques, presque toujours accompagnés de douleurs dans la région de l’hypochondre droit et d’ictère, ne seront pas davantage confondus avec la suppuration du pancréas, si on sait tenir compte de tous les phénomènes que nous venons d’énumérer.

Le pronostic des suppurations pancréatiques est généralement sérieux à cause de la difficulté de l’évacuation du pus au dehors, de la possibilité de sa fusion dans le tissu cellulaire prévertébral, et de son ouverture dans la cavité péritonéale. L’étendue de la lésion, l’altération des traits du visage, le délire et le coma sont autant de signes d’une grande gravité.

Thérapeutique. — Le traitement médical est celui des processus inflammatoires et suppuratifs; mais d’autres indications sont à remplir. La douleur, souvent pénible, doit être combattue par les moyens usités, et les foyers originels de suppuration ne seront pas négligés. L’état général du malade mérite une grande attention, et la glycosurie est à rechercher pour ses indications spéciales. Enfin, comme les foyers de suppuration du pancréas ont peu de tendance à se déverser au dehors, il y a un moment où une intervention chirurgicale peut devenir nécessaire, c’est lorsque, la fièvre persistant, l’existence d’une douleur, et parfois d’une tumeur, conduisent à soupçonner, sinon à diagnostiquer, la présence d’un abcès. La laparotomie s’impose alors ; elle sera d’abord exploratrice, et l’abcès, bien constaté, devra être ouvert; après quoi, on appliquera un drain dans son épaisseur de façon à lui permettre de se vider et de se cicatriser.

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