‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 152 sur 178 · II. APPAREIL DIGESTIF ET GLANDES ANNEXES · texte numérisé non relu

II. APPAREIL DIGESTIF ET GLANDES ANNEXES

Le tube digestif est très rarement atteint dans le cours du diabète; et si parfois l’estomac se trouve dilaté par le fait de l’intensité de l’appétit ou encore d’un trouble nerveux, les intestins sont généralement peu lésés. L’hypertrophie des glandes duodénales, signalée dans notre premier mémoire sur le diabète pancréatique, est l’effet de l’exagération de leur fonctionnement dans les cas d’atrophie du pancréas. L’intestin grêle et le gros intestin, à part un léger état catarrhal, résultant sans doute du désordre de la sécrétion externe du pancréas, est généralement intact et assez peu enclin à la diarrhée. Les dents, toutefois, manifestent une plus grande tendance à se carier, et nous les avons vues chez quelques diabétiques tranchées, pour ainsi dire, au niveau du collet. La gingivite expulsive, commune dans le diabète constitutionnel, exceptionnelle dans les autres formes diabétiques, est par cela même plutôt subordonnée à la maladie générale qu’à la glycémie.

NÉVROPATHIES SÉCRÉTOIRES DU PANCRÉAS. 947

Le foie est rarement lésé et la lithiase qu’il présente, dans quelques cas, est une affection purement concomitante. Faisons remarquer néanmoins que cette glande est fréquemment volumineuse et augmentée de poids, du moins dans le diabète d’origine nerveuse, ce qui m’avait conduit, il y a quelques années, à faire de cette hypertrophie un signe pouvant servir à différencier le diabète nerveux du diabète pancréatique; mais, comme il m’est arrivé, depuis lors, de rencontrer une tuméfaction assez semblable, dans plusieurs cas de ce dernier diabète, j’en arrive à hésiter sur la valeur sémiologique de l’hypertrophie hépatique que je me contente de signaler et qui tient sans doute à une exagération fonctionnelle.

La rate conserve généralement son intégrité dans le cours des diabètes, et si, parfois, elle augmente de volume, ce changement, sans aucun rapport avec la glycosurie, se rattache à l’infection tuberculeuse ou septicémique qui vient les compliquer. Ajoutons que l’hypertrophie du corps thyroïde, exceptionnelle dans les mêmes conditions, est de même sans relation avec la glycosurie, bien qu’il ne soit pas rare de constater la coexistence de ce symptôme et du goitre exophtalmique.

Page 1