‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 153 sur 178 · III. APPAREIL PULMONAIRE · texte numérisé non relu

III. APPAREIL PULMONAIRE

A l’encontre de la rareté des lésions des voies respiratoires dans Je diabète, celles des poumons sont relativement communes. Si nous exceptons certaines bronchites sèches et l’emphysème pulmonaire qui se voient à peu près uniquement dans le diabète constitutionnel, en tant que troubles trophiques, les désordres des poumons, survenant dans le cours de la glycosurie, ont pour la plupart une origine infectieuse. Ces désordres, qui comprennent avant tout la tuberculose, certaines pneumonies et pleurésies suppurées ou gangreneuses, offrent un rapport manifeste avec l’état diabétique, en ce sens qu’ils sont d’autant plus fréquents et plus graves que la quantité de sucre émise dans les vingt-quatre heures est plus abondante.

11 pourrait sembler, au premier abord, que l’altération pulmonaire soit l’effet direct du diabète et puisse être envisagée comme une affection diabétique; mais, il n’en est rien. Ces affections diverses ayant toutes une origine microbienne ne sont, en aucune façon, des effets du diabète; ce syndrome, toutefois, en modifiant le milieu sanguin et en mettant l'organisme dans un état d’infériorité, favorise son envahissement par les microphytes.

Le diabète pancréatique, dans lequel la glycosurie est plus abondante et la dénutrition plus considérable que dans les autres formes, est aussi celui où la phtisie sévit le plus fréquemment, à tel point que les individus qui résistent à l’intoxication diabétique y succombent fatalement. Ainsi, notre statistique donne : sur 87 diabétiques gras, 15 tuberculeux seulement, tandis que sur 42 diabétiques maigres, pancréatiques ou nerveux, il en existe 33. La pneumonie, la pleurésie, pour être moins communes, ne se rencontrent pas moins souvent et revêtent des formes spéciales, suppuratives ou gangreneuses, liées à la prédisposition que détermine la glycémie en faveur de la pullulation des micro-organismes. Ces affections s’établissent, en général, dans des poumons sains; mais, parfois aussi, elles viennent compliquer d’autres affections. On a vu, en effet, s’ajouter à des foyers tuberculeux des foyers septiques ou pyémiques, produits par le pneumo-bacille de Friedlander ou par tout autre microbe, ou encore des lésions sous forme d’infarctus et d’eschares, comme le montrent la fig. 4 de la planche 28 de notre Atlas d' anatomie pathologique, et la fig. 25, p. 205 du même ouvrage.

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