IV. APPAREIL CIRCULATOIRE
Ainsi que nous l’avons constaté pour les affections cutanées, les diabètes aigus, pancréatique et nerveux, sont précisément ceux où l’appareil circulatoire est atteint d’une façon exceptionnelle tandis que le diabète constitutionnel est celui où il est généralement lésé. Sur 87 cas de diabète gras, les vaisseaux et le cœur étaient pris 60 fois, et seulement 3 fois sur 42 cas de diabète maigre. Ce fait brutal, qui ressort de l’étude comparée de nos observations, est facile à interpréter, car dès l’instant où les glycosuries les plus abondantes ne modifient pas les organes circulatoires, il est évident que les lésions présentées par ces organes, au cours de certains diabètes, ne sont que des coïncidences, et comme ces lésions se rencontrent surtout dans le diabète constitutionnel, elles dépendent forcément de la maladie générale qui engendre ce dernier; c’est la conclusion à laquelle nous sommes déjà arrivés pour les affections pulmonaires et cutanées. L’endocardite ulcéreuse, pourtant, a été rencontrée une fois par nous, dans un diabète pancréatique; mais cette affection étant d’origine microbienne tout s’explique. Quant à l’endocardite chronique que Lecorché1 a voulu
1. Lecorché, De l’athérome artériel ( Thèse d’agrégation. Paris, 1889). — Le même, De l’endocardite diabétique ( Archiv . génér. de médecine. Paris, 1882, t. I., 385).
NÉVROPATHIES SÉCRÉTOIRES DU PANCRÉAS
rattacher au diabète sucré, en s’appuyant sur l’existence d’un simple souffle cardiaque, il est bien évident qu’elle n’a rien à faire avec la glycosurie et qu’il s’agit simplement, dans les observations rapportées par cet auteur, d’une distropliie cardiaque d’origine artérielle.
Les varices veineuses, communément observées dans le diabète gras, sont, ainsi que nous avons cherché à l’établir ailleurs, des manifestations de l’ herpétisme. L’artério-sclérose, ou endartérite généralisée, non moins fréquente dans le cours de ce même diabète est elle-même une manifestation de cette maladie générale et ne peut être attribuée à la glycosurie, comme l’ont fait quelques auteurs, puisque sur 87 cas de diabète constitutionnel, cette affection se rencontre 35 fois, tandis que, sur 42 cas de diabète pancréatique, elle n’existe que 2 fois, ce qui est une simple coïncidence. Ajoutons que les distrophies cardiaque, rénale, cérébrospinale ou autres, pas plus que la gangrène sèche, simple mortification des tissus privés de sang que l’on a qualifiée du nom de gangrène diabétique ' . ne sont des effets de la glycosurie. Toujours subordonnée à une lésion artérielle ou à une trophonévrose, cette gangrène est sans rapport direct avec le diabète, puisqu’elle ne se rencontre jamais dans les cas de glycosurie abondante liée à la destruction du pancréas. 11 n’en est pas de même, toutefois, de la gangrène humide ou microbienne qui vient compliquer la gangrène sèche ; celle-ci est en effet préparée par la glycémie qui prédispose, comme nous le savons, à la pullulation des microbes. En somme, la gangrène sèche ou nécrose est absolument indépendante du diabète ; mais ce syndrome favorise le développement de la gangrène humide, comme il favorise celui des agents de la tuberculose et des inflammations phlegmoneuses ou gangreneuses des organes.