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II. LE SUC PANCRÉATIQUE

Ce liquide, presque incolore et un peu filant, d’une densité de 1,010 à 1,030, offre une réaction alcaline et une saveur légèrement salée. Il renferme, pour 100 parties :

Eau , . 90

Matières minérales formées de chlorures, phosphates et carbonates de potassium, sodium, calcium et magnésium. . 1 à 2

Substances organiques : ferments pancréatiques et matières

albuminoïdes 8à7

Ces dernières substances rendent le suc pancréatique coagulable par la chaleur et par les acides minéraux; mais les ferments sont les parties véritablement importantes, car c’est à eux que le suc pancréatique doit ses propriétés digestives.

Sécrétion et excrétion du suc pancréatique. — La sécrétion externe du suc pancréatique est intermittente, et le pancréas n’entre en activité qu’au moment où les aliments arrivent dans l’estomac, en sorte que le produit de sa sécrétion n’est déversé dans l’intestin qu’à la fin de la digestion stomacale. En dehors de la digestion, la sécrétion externe du pancréas est tarie et sans doute remplacée par la sécrétion interne. La relation qui existe, d’une part entre la présence des aliments à la surface de la membrane muqueuse de l’estomac et la sécrétion du suc pancréatique, d’autre part entre la présence des produits de la digestion stomacale à la surface de la membrane muqueuse duodénale et l’excrétion de ce suc, montre jusqu’à l’évidence que le système nerveux dirige et règle la fonction pancréatique. Ces faits d’ailleurs ont conduit à admettre, à l’instar de ce qui se passe dans d’autres glandes, l’existence de centres réflexes qui présideraient à la sécrétion et à l’excrétion, et dont les voies centripètes, selon toute probabilité, partiraient de l’estomac et du duodénum, tandis que les influences centrifuges seraient de deux sortes, les unes vaso-motrices, les autres sécrétoires. Il est démontré, en tout cas, que la sécrétion pancréatique est augmentée par l’irritation du bulbe, diminuée ou arrêtée par l’excitation du bout central du pneumo-gastrique, par celle du sciatique ou de la peau ; suivant quelques auteurs, la section des nerfs qui accompagnent les vaisseaux du pancréas produirait une sécrétion continue, paralytique. La pilocarpine et l’atropine auraient, enfin, sur la sécrétion pancréatique, une action identique à celle qu’exercent ces substances sur la sécrétion sali-

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vaire, c’est-à-dire que la première stimulerait et exagérerait cette sécrétion, tandis que la seconde la diminuerait ou l’arrêterait.

Action physiologique du suc pancréatique. — Déversé dans l'intestin au point où commencent les organes d’absorption, le suc pancréatique est appelé à compléter et à finir l’œuvre des autres sucs digestifs; aussi agit-il sur les trois grandes classes d’aliments :

11 transforme en peptones les substances albuminoïdes;

Il transforme en sucre l’amidon ;

Il émulsionne et saponifie les graisses.

La question de savoir si le pancréas sécrète un seul ou plusieurs ferments agissant, chacun d'une façon différente, sur les divers aliments a été posée, mais de nouvelles recherches sont nécessaires pour sa solution définitive, malgré les affirmations de plusieurs physiologistes qui prétendent avoir isolé trois ferments distincts, fabriqués par le pancréas.

Les substances amylacées provenant de l’alimentation et qui ont échappé à l’action de la salive sont transformées par le suc pancréatique en sucre ou plutôt en un mélange de maltose et de dextrine et deviennent ainsi absorbables par les villosités intestinales, d’où elles passeront dans le sang de la veine-porte.

Les aliments gras parvenus dans le duodénum, sans avoir éprouvé de changements appréciables, subissent l’action du suc pancréatique et du liquide biliaire réunis, lesquels émulsionnent les graisses neutres et préparent leur absorption par les lymphatiques intestinaux. Une faible partie de ces aliments est en outre dédoublée, par hydratation, en glycérine et acides gras, et passe dans le sang. Le suc pancréatique et la hile étant les seuls liquides digestifs dont l’action s’exerce sur les substances grasses, il est facile de comprendre, en clinique, la signification de la présence des graisses dans les matières fécales.

Les substances albuminoïdes sont ramollies, dissoutes et transformées en peptones par le suc pancréatique ou, suivant certains physiologistes, par un ferment spécial contenu dans ce suc, la trypsine. Les conditions favorables à cette digestion sont la température du corps : 35°-i0°, et un milieu alcalin; mais, contrairement à ce qui a lieu pour la pepsine, cette action peut s’exercer dans un milieu neutre et même faiblement acide ; toutefois si l’acidité devient excessive (acide minéral ou acide organique), la digestion pancréatique se trouve entravée. La bile qui, pour certains auteurs, arrête la digestion stomacale, favorise au contraire l’action du suc pancréatique.

En conséquence, l’hépato-pancréas, par ses produits de sécrétion externe, la bile et le suc pancréatique, agit sur les trois catégories d’aliments : albuminoïdes, graisses et hydrates de carbone, les transforme et les approprie à l’absorption par les parois intestinales.

Rôle de l'hépato-pancréas en vue des phénomènes de l’assimilation.

Préparés par l’action des sucs digestifs, les aliments sont absorbés par les parois intestinales, puis certains d’entre eux, comme les graisses, n’ayant pas besoin de nouvelles préparations pour devenir assimilables, pénètrent dans les lymphatiques, et sont directement déversés dans le sang; d’autres, comme les albuminoïdes et les hydrates de carbone, incomplètement élaborés, passent dans le sang de la veine porte, et arrivent au foie qui, de concert avec le pancréas, leur fait subir de nouvelles transformations en vue de l’assimilation.

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