PHYSIOLOGIE DE L’APPAREIL HÉPATO-PANCRÉATIQUE
lise un certain nombre, en laisse passer d’autres sans modification appréciable. Mais que ces poisons, par trop violents, viennent à détruire la cellule hépatique, ou que cette cellule, altérée par une cause antérieure, ne soit plus en état d’agir sur eux, alors, des symptômes d’intoxication apparaissent d’autant plus facilement que, dans ces conditions, l’excrétion urinaire est généralement diminuée. Or, s’il en est ainsi, le devoir du médecin, qui prescrit un médicament dangereux, doit être de s’assurer toujours de l’état anatomique et fonctionnel du foie.
Ona prétendu, sans preuves, que les substances excrémentitiellès de l’organisme étaient modifiées par le foie, avant d’être éliminées par les urines, et qu’ainsi, l’artère hépatique servait non seulement à la nutrition, maisencoreà la fonction toxilytique de cette glande. Cette fonction serait enfin, pour quelques auteurs, dans un rapport direct avec la richesse en glycogène de la cellule hépatique, de telle sorte que le foie cesserait d’agir sur les poisons, quand il ne contient plus cette substance (fièvre, inanition). On a même cherché à prouver que le glycogène, par une action chimique particulière, neutralisait les substances toxiques, mais il nous semble plus vraisemblable d’admettre que la cellule hépatique, venant à s’altérer, devient incapable d’emmagasiner la matière glycogène et en même temps de modifier les poisons.
Le rôle du foie, en somme, consiste non seulement à modifier les produits de la digestion, mais encore à opérer une sorte de triage et de sélection des substances que lui apporte la veine porte, de façon à laisser la voie libre à celles qui sont utiles à l'organisme, et à arrêter, modifier, et même éliminer celles qui peuvent lui être nuisibles.