‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 32 sur 178 · III. TROUBLES GASTRO-INTESTINAUX · texte numérisé non relu

III. TROUBLES GASTRO-INTESTINAUX

Intimement lié au tube digestif dont il est une sorte d’appendice, le foie est, pour ainsi dire, l’organe de la seconde digestion, et, comme tel, les désordres qui lui sont propres retentissent fatalement sur la première. L’appétit est fréquemment diminué ou même totalement annulé, si surtout la bile fait défaut dans l’intestin; puis, à l’inappétence s’ajoutent le dégoût, la répugnance pour certaines substances, en particulier pour les graisses, et par suite, une dyspepsie avec flatulence et météorisme. Liés à la dimi-

LES AFFECTIONS DU FOIE

ETUDE GENERALE

nutio n plus ou moins complète de la sécrétion biliaire, et aux fermentations qui en sont la conséquence, ces symptômes se montrent à la suite de l’oblitération du canal cholédoque et dans la plupart des cirrhoses avec modification de cette sécrétion. Le météorisme, dont le siège principal est à la région sus-ombilicale, est surtout produit par la distension gazeuse de l’estomac et de l’intestin grêle. La constipation et la diarrhée sont des phénomènes ordinairement concomitants et de même provenance. La constipation, liée à la diminution de la bile, est opiniâtre, parfois douloureuse, avec dépression morale notable; les fèces sont moulées, très pâles ou décolorées, et lorsqu'elles séjournent par trop longtemps dans les intestins, elles prennent la forme de boules noirâtres et deviennent ovillées. La diarrhée, par contre, habituellement due à une augmentation de la sécrétion biliaire, est précédée de tranchées, de nausées ou même de vomissements ; les évacuations alvines sont abondantes, colorées par la bile, jaunâtres, fortement projetées à cause des contractions intestinales excitées par la bile. Dans d’autres cas, les garde-robes sont muqueuses, grisâtres, d’apparence terreuse ou argileuse, c’est lorsque, à la suite de la diminution de la sécrétion biliaire, il s’est produit, dans l’intestin, des fermentations avec production de gaz qui ont irrité la membrane de ce canal et amené le flux diarrhéique; les garde-robes, d’une fétidité excessive, exhalent alors une odeur putride, et renferment du mucus et des cellules épithéliales desquamées.

Les nausées et les vomissements, phénomènes beaucoup plus rares, sont encore observés dans le cours des désordres hépatiques. La nausée est parfois le simple effet de l’amertume de la bouche, et Monneret1 a fait remarquer que le goût pénible dont la base de la langue est le siège, dans le cancer du foie, devient l’origine de vomituritions persistantes. Les vomissements, en général peu abondants, sont tantôt bilieux, tantôt alimentaires et muqueux, selon qu’ils ont une origine réflexe, comme dans les crises de colique hépatique, les abcès ou les tumeurs de la face postérieure du foie, ou une origine directe, comme dans les cas de lésion simultanée de cette glande et de l’estomac (cirrhose du buveur) ou de compression de ce dernier organe par une tumeur ou toute autre cause.

1. Monneret, Mémoire sur le cancer du foie ( Arch . gêner, de me'd., 1855, série 5,

Page 1