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V. — DÉSORDRES URINAIRES : ALBUMINURIE

URÉMIE ET URICÉMIE

Dans les affections du foie, avec ictère ancien, les cellules épithéliales des tubes urinifères, infiltrées de pigment biliaire se modifient quelquefois au point de rendre les urines albumineuses. Effet de l’irritation pigmentaire et de la nécessité ou se trouve le rein d’éliminer une plus forte proportion de substances excrémentitielles, cette albuminurie est généralement passagère et sans gravité. Elle se voit encore dans le cours d’autres affections hépatiques, auxquelles elle a été attribuée sans preuves, et dont elle est indépendante, excepté lorsque le rein se trouve lésé simultanément avec le foie.

Des changements importants, dans l’excrétion de l’urée et de l’acide urique, sont le fait de la plupart des affections du foie. La détermination du chiffre moyen de Durée, éliminée dans les vingtquatre heures, est chose peu facile, attendu que ce chiffre peut varier non seulement avec l’alimentation des individus, le climat, l’exercice musculaire, mais encore avec certaines dispositions personnelles, de telle sorte qu’il ne peut être rigoureusement fixé. Evalué d’une façon approximative dans notre climat et avec nos habitudes, ce chiffre oscille entre 23 et 30 grammes (Ch. Robin). 11 est exceptionnel de voir ce taux augmenter dans les affections du foie; la diminution en est plutôt la règle, du moins lorsque ces affections se localisent, tout d’abord ou tardivement, à l’élément glandulaire, comme dans les hépatites épithéliales, certaines cirrhoses, le cancer hépatique, les suppurations étendues du foie; aussi, un examen sérieux de l’urine dans les affections de cet

organe, est-il de toute nécessité. Une diminution notable de l’urée est non seulement le signe d’une altération des cellules hépatiques, mais encore une cause d’anurie et, comme telle, elle prédispose aux accidents d’intoxication urinaire relativement communs dans le cours des affections hépatiques.

Ce que nous disons de l’urée est applicable à l’acide urique dont la présence a été constatée dans le foie. Cette substance, due à la désassimilation de la matière azotée, appartient à la même série chimique que l’urée, avec cette différence qu’elle est moins oxydée et moins soluble. La quantité rendue dans les vingt-quatre heures, au cours des affections graves du foie, est relativement faible et ne dépasse guère 50 centigrammes. Cette donnée, rapprochée de l’excès de ce même acide dans la goutte, a conduit plusieurs auteurs à penser que le foie pouvait jouer un rôle essentiel dans la pathogénie de cette maladie. Mais, cette manière de voir, en présence de la rareté des affections du foie chez les goutteux, est inacceptable, car les quelques faits de tuméfaction hépatique relatés par Scudamore et Galtier-Boissière, au début des accès de goutte, ne peuvent entraîner la conviction. Il faut se garder d’exagérer l’importance des fonctions du foie dans la genèse des maladies; la proposition de Murchison : goût , like diabètes, is the resuit of a fonctionnai dérangement of the liver, est par trop osée, suivant nous, et n’est nullement démontrée. Jamais, en effet, nous n’avons vu le foie se tuméfier dans la goutte et s’il vient à s’hypertrophier dans le diabète c’est à la suite d’une exagération fonctionnelle. Au reste, l’existence normale de l’acide urique dans le foie (Meissner) ne peut être donnée comme une preuve péremptoire du rôle attribué à cet organe, dans la genèse de la goutte, attendu qu’on le trouve toujours associé aux produits de désassimilation azotée : hypoxanthine, xanthine, leucine, etc.

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