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I. LE FOIE

Anatomie topographique. — Située dans l’hypochondre droit, la glande hépatique, plus volumineuse à sou extrémité droite qu’à son extrémité gauche, a la forme d’un segment d’ovoïde. Elle remplit l’excavation du diaphragme qui la sépare de la base du poumon droit et du cœur, repose sur l’estomac et les intestins, se trouve recouverte, à l'exception d’une partie de son lobe gauche, par les arcs des côtes, touche la paroi abdominale, uniquement à la partie supérieure de l’épigastre, et ne dépasse pas, dans l’hypochondre droit, le bord inférieur des cartilages costaux chez un sujet étendu sur un plan horizontal. En rapport immédiat avec le diaphragme auquel elle adhère par son bord postérieur, et appendue à la veine cave, comme le cœur aux gros vaisseaux, cette glande libre en avant, se termine par un bord tranchant beaucoup moins épais que le bord postérieur obtus. Le diaphragme, dont il suit les mouvements, et auquel le lixe des replis péritonéaux ou ligaments hépatiques, le coussinet gastro-intestinal sur lequel il repose, la veine cave à laquelle il est appendu, et enfin la tension abdominale, tels sont les moyens de fixité du foie. Sa surface lisse prend, dans quelques cas, l’empreinte des plis saillants que peuvent for-

mer les faisceaux diaphragmatiques et présente ainsi des dépressions similaires à ces plis.

La situation, le volume et le poids du foie varient, chez un même individu, avec l’âge, le climat, la région, les mouvements d’inspiration et d’expiration, et surtout la plus ou moins forte réplétion des vaisseaux. Les moyennes de dimensions, obtenues par Sappey, sur des sujets adultes, ont été : pour la dimension transversale 28 centimètres, pour l’antéro-postérieure 20 centimètres, et pour la verticale 6 à 8 centimètres. Sappey obtint en outre, comme moyenne de poids, le chiffre de 1451 grammes, qu’il considère comme un poids cadavérique, car, après avoir injecté de liquide les vaisseaux sanguins, il arriva à un poids moyen de 1937 grammes, qui est le poids du foie physiologique, c’est-à-dire le poids que possède le foie pendant la vie. Ces différences paraissent bien expliquer le désaccord qui existe parmi les anatomistes sur le poids réel du foie; quant à la densité de cet organe, elle varie de 1,0467 à 1,0853.

Envisagé d’une façon absolue le volume du foie augmente progressivement depuis la période embryonnaire jusqu’à l’époque du complet accroissement; toutefois, si on vient à comparer la masse de cet organe au poids général du corps, il est facile de reconnaître qu’elle est plus élevée chez le fœtus qu’à tout autre âge de la vie. Huschke a trouvé que le poids du foie comparé à celui du corps, envisagé comme 1 est à 1 chez un embryon humain de trente jours, est de 1 à 3 chez un embryon de cinq mois, de 1 à 18 ou 20 vers le septième et huitième mois. Déjà, Meckel avait constaté que, chez le fœtus à terme, le poids du foie constitue le 1/16 ou le 1/20 du poids du corps, tandis que chez l’adulte il n’en forme que 1/35, bien que susceptible de variations considérables, suivant l’état de maigreur ou d’obésité. Les dimensions du foie chez le fœtus sont un indice de l’importance du rôle que joue cet organe dans la formation du sang, le développement et l’accroissement des tissus; il rend compte, en tout cas, de la situation du bord inférieur de cet organe au-dessous de l’ombilic pendant les premiers mois de la vie intra-utérine, un peu au-dessus au moment de la naissance, et plus tard au niveau du rebord costal.

Dans la vieillesse, par contre, le poids du foie décroît plus vite que celui du reste de l’organisme; le parenchyme hépatique, à cet égard, se comporte à l’inverse du cœur, car, tandis que ce dernier, d’après Bizot, augmente progressivement jusqu’à l’âge le plus avancé, la masse du foie diminue d’une façon sensible et progressive.

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