‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 5 sur 178 · ANATOMIE DE L’APPAREIL H ÉP ATO -P ANCRÉ ATI Q LE · texte numérisé non relu

ANATOMIE DE L’APPAREIL H ÉP ATO -P ANCRÉ ATI Q LE

Le volume et le poids du foie augmentent pendant la deuxième période de la digestion, tant à cause de l’hyperémie qui accompagne le travail digestif que du dépôt abondant de matériaux qui s’opère au sein des cellules hépatiques, et ce fait doit entrer en ligne de compte dans le déterminisme du volume de cette glande. L’abstinence, au contraire, diminue sensiblement ce volume. Effectivement, Bidder et Schmidt ont trouvé, sur des chats, mis en expérience trois heures après le repas, le poids du foie par rapport à celui du corps comme 1 : 30 ; 12 et 15 heures plus tard, comme 1 : 25; au bout de 24 et 48 heures, 1 : 31, et enfin, après sept jours de jeûne, comme 1 : 37. Frerichs prétend avoir obtenu des résultats semblables chez le lapin, et il en déduit qu’une diète sévère doit être conseillée dans le traitement des hyperémies chroniques du foie; mais cette proposition n’est juste que si elle vise les hyperémies actives ou névropathiques.

L’influence du régime sur la masse hépatique est des plus manifestes. Une alimentation, riche en matières grasses ou féculentes, a, pour conséquence, la formation dans le foie de dépôts graisseux et glycogéniques qui peuvent en augmenter notablement la masse. Lereboullet, chez des oies nourries avec du maïs pendant deux semaines, a trouvé le poids du foie à celui du corps comme 1 est à 26 ou même à 18; après quatre semaines comme 1 esta 12 ou meme à 8. Les faits de ce genre mériteraient donc une étude sérieuse; néanmoins, tels qu'ils sont, ils peuvent déjà servir de guide au médecin pour le régime à conseiller au cours de certaines affections du parenchyme hépatique et des voies biliaires (lithiase).

Des influences multiples parviennent à modifier l’état anatomique du foie, et si nous ne possédons aucune donnée précise à ce sujet, il ne faut pas moins reconnaître que, la plupart du temps, ces influences sont extérieures, et tiennent plus au milieu qu’à l’état constitutionnel des individus. Les boissons alcooliques jouent dans l’espèce un rôle important; prises avec excès par des individus dont la vie est sédentaire, elles produisent ordinairement une augmentation de volume avec stéatose des cellules, et, dans tous les cas, elles irritent le foie et le prédisposent à des lésions diverses, parmi lesquelles la cirrhose tient le premier rang.

L’influence exercée par le climat n’est pas moins grande. Le foie est beaucoup plus exposé à s’altérer dans les contrées chaudes que dans les climats froids ou tempérés. C’est le contraire qui arrive pour les poumons, de telle sorte que ces deux organes ont entre eux une sorte d’antagonisme pathologique.

Méthode d’exploration. — La connaissance exacte de la forme, du volume et des rapports du foie avec les autres organes est une condition nécessaire au déterminisme des états pathologiques de cette glande, c’est pourquoi le diagnostic précis des affections hépatiques n’existe en réalité que depuis le jour où ces connaissances furent définitivement acquises et fertilisées par des méthodes rigoureuses d’exploration.

Le mouvement imprimé par Laënnec à l’examen clinique des organes thoraciques ne fut pas long à se généraliser, et l’on comprit bientôt les avantages que l’on pouvait en tirer pour les recherches des lésions matérielles des viscères de l’abdomen. Piorry 1 dès l’année 1831 indiquait les principales règles à suivre dans l’exploration plessiméirique du foie et de la vésicule biliaire. D’autres auteurs se sont occupés, depuis lors, de l’examen physique de cet organe, mais cet examen étant loin d’être toujours pratiqué selon les règles, il nous paraît nécessaire d’en rappeler les principaux points, et d’indiquer le mode d’exploration qui nous a toujours avantageusement servi.

Percussion. — Le malade étant placé sur un plan légèrement incliné, sinon horizontal, la percussion doit être exécutée de haut en bas suivant les trois lignes médiane, mammaire et axillaire. Le foie, coiffé parle diaphragme et la base du poumon droit, reposant sur l’estomac et sur l’intestin, il est facile de comprendre que la percussion, digitale ou plessimétrique, ne peut être pratiquée partout de la même façon. A la partie supérieure, là où le foie se trouve recouvert par une lame de poumon, la 'percussion doit être forte et perpendiculaire , puisqu’il s’agit d’obtenir le son de l’organe profond; mais au fur et à mesure que l’on descend, il convient de diminuer la force de percussion, et lorsque le foie dépasse le rebord costal, les doigts doivent être dirigés obliquement et la percussion se faire en déclolant et pour ainsi dire horizontalement . C’est en effet le son de l’organe le plus superficiel que l’on cherche, et si on oublie de remplir cette condition, il devient difficile, sinon impossible, de déterminer exactement le bord antéro-inférieur du foie.

La limite supérieure de cet organe ne donne pas lieu à une matité réelle, mais à un son voilé et à une diminution de l’élasticité sous le doigt percuté; au contraire, la percussion horizontale fournit un son mat au niveau de la partie moyenne de l’organe et à sa partie inférieure. En procédant de la sorte, on arrive

1. Piorry, Du procédé opératoire à suivre dans l'exploration des organes par la percussion médiate. Paris, 1831, p. 134.

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