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II. — Classification des affections du foie

La classification des affections des organes, en raison sans doute de l’état naissant de la Science médicale, a fort peu préoccupé les pathologistes, bien qu’elle soit une condition essentielle d’une bonne étude. Il suffit, en effet, de consulter les traités spéciaux des maladies du foie pour s’apercevoir que chaque auteur

a une classification propre, et pour ainsi dire purement artificielle, car aucune ne réunit jnsqu’ici les conditions nécessaires à une classification naturelle.

Cependant, comme une science n’existe que si les matières dont elle s’occupe sont régulièrement classées, il est facile de comprendre la nécessité de faire reposer, sur une assise solide, la division des désordres pathologiques du foie. Or, ces désordres n’étant jamais qu’une déviation de l’état physiologique, c’est la physiologie qui doit forcément servir de base à leur division principale.

Le foie se développe, se nourrit, reçoit le sang des vaisseaux, et l’excitation du système nerveux; partant, les désordres dont il est le siège intéressent forcément le développement, la nutrition, la circulation ou l’innervation de cette glande, et se traduisent par des modifications de structure et de fonction qui sont autant d’affections diverses, auxquelles il convient d’ajouter celles qui résultent de l’action des agents physiques et de la présence des parasites. Ainsi, les désordres matériels et fonctionnels du foie comportent cinq grandes divisions :

1° Les anomalies de développement : agénésie, hypergénésie et ectopie.

2° Les anomalies de nutrition : atrophie et hypertrophie, phlegmasies et néoplasies.

3° Les anomalies de circulation : angiopathies artérielles et veineuses.

4° Les anomalies d’innervation : névropathies.

3° Les anomalies accidentelles : parasitisme et traumatisme.

Il serait erroné de voir des maladies réelles dans les nombreux désordres se rattachant à chacune de ces classes, quand il ne s’agit que d’actes pathologiques, localisés à une glande spéciale et qui s’étendent parfois à d’autres organes. C’est pourquoi, je ne puis trop réagir contre l’opinion générale, qui tend à faire de ces désordres autant de maladies distinctes, identifiant ainsi la partie au tout.

Si nous rappelons que tous les tissus d’un même organe sont toujours inégalement altérés, et que les agents étiologiques opérant une sorte de dissection de ces tissus, n’atteignent jamais que ceux d’une même provenance ou d’un même feuillet blastodermique, ainsi que l’ont démontré nos recherches cliniques et, comme l’avait déjà vu Cl. Bernard pour les agents toxiques, il est facile de comprendre que l’histologie puisse servir de base à la division de chacune de nos cinq grandes classes. Ainsi, les

désordres du foie et du pancréas, localisés tantôt au stroma conjonctivo-vasculaire, tantôt aux tissus épithéliaux, se divisent naturellement en plusieurs groupes auxquels peut s’appliquer le nom du tissu affecté, et de la sorte nous décrirons des plilegmasies et des néoplasies conjonctives, des phlegmasies et des néoplasies épithéliales, etc.

Ces localisations ayant pour conséquence forcée des troubles fonctionnels différents, le clinicien doit pouvoir arriver, par l’analyse symptomatique, au déterminisme de l’élément altéré, au diagnostic précis de la lésion, et, par cela même, à celui de la maladie de laquelle elle dépend. En effet, dès l’instant que les agents modificateurs de la structure des organes ont une action élective sur chacun des tissus qui les composent, la classification anatomique s'identifie avec la classification étiologique, et par conséquent l’étiologie, qui doit être l’aboutissant de toute classification nosologique, servira à notre troisième et dernière division.

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