Haspel, Maladies de l’Algérie. Paris, 1852, t. I, p
l’épanchement pleural avait contribué au développement de cette hypertrophie, j’examinai l’état des nerfs trisplanchniques, et, comme ils étaient compris au milieu de produits phlegmasiques, j’en conclus qu’ils devaient être modifiés, ce qui, d’ailleurs, fut mis hors de doute par l’examen microscopique. A quelque temps de là, j’observai un fait semblable, et depuis cette époque j’eus l’occasion de rencontrer quatre cas nouveaux; dès lors je ne doutais plus que l’altération des nerfs trisplanchniques ne fût susceptible d’engendrer l’hypertrophie du foie, puisqu’il s’agissait d’un phénomène analogue à ceux qu’on observe à la suite de la section prolongée du grand sympathique au cou. Ainsi, il nous est facile de saisir le mécanisme de l’hypertrophie du foie, dans certaines formes de diabète sucré, et nous devons croire que c’est à l’excitation produite au niveau du plancher du quatrième ventricule et du travail exagéré des cellules hépatiques qu’est due, en pareil cas, l’augmentation de volume de la glande. Le séjour dans les climats chauds, et vraisemblablement aussi l’ingestion de certains aliments par trop excitants, sont des circonstances qui, en exagérant la circulation hépatique, peuvent conduire au même résultat.
Symptomatologie . — Le foie tout entier, est augmenté de volume, épaissi, rouge violacé, ferme et résistant; il dépasse le rebord costal, sa vascularisation est grande et son poids élevé.
Vus au microscope, les lobules hépatiques, sont élargis et volumineux. Les éléments cellulaires qui les composent ont le double ou le triple des dimensions normales et renferment deux ou même trois noyaux, nettement limités, pourvus d’un ou de plusieurs nucléoles vésiculeux. Ces cellules, de formes anguleuses ou irrégulières, s’isolent facilement et possèdent un contenu granuleux dans lequel on trouve rarement des gouttelettes graisseuses ou des grains isolés de pigment. Le tissu conjonctif n’est pas modifié, mais les vaisseaux sont élargis. D’autres fois, selon Frerichs, les cellules du foie hypertrophié seraient rondes, pâles, intimement unies entre elles, pourvues d’un noyau volumineux et d’un contenu transparent, un peu trouble, puis, à ces éléments s’ajouterait un grand nombre de noyaux granuleux, de forme ronde ou ovale. Cette jeune génération cellulaire qui tantôt formerait la plus grande partie du parenchyme hépatique, tantôt serait moins abondante et accompagnée de grosses cellules à deux ou trois noyaux .
Une fois constituée, l’hypertrophie vraie de la glande hépatique persiste et dure pendant longtemps, sans produire d’accidents autrement sérieux que ceux d’une légère exagération fonctionnelle, et, selon quelques auteurs, d’une hyperglobulie avec ou sans cyanose.