ANATOMIE DE L’APPAREIL HÉPATO-PANCRÉATIQUE
à reconnaître, chez les individus sains, que les limites supérieures du foie sont à peu près fixes. En rapport direct avec la paroi thoracique sur la ligne médiane, au point où la base de l’appendice xyphoïde s'unit avec le sternum, cet organe a pour limite supérieure, au niveau de la ligne mammaire, l’endroit où cette ligne coupe la cinquième côte et se trouve à un ou deux travers de doigt au-dessous du mamelon; sur la ligne axillaire, cette limite correspond à la septième côte, et près de la colonne vertébrale à la dixième ; plus rarement, c’est dans le quatrième espace, et même au niveau de la quatrième côte, que se constate la limite supérieure de la matité hépatique. La délimitation du bord supérieur du foie au niveau de la ligne médiane est plus difficile à obtenir à cause des rapports de cet organe avec le cœur; mais, si du point où commence, à droite, l’obscurité du son du cœur, on tire une ligne allant gagner la pointe de cet organe, on finit par avoir à peu près la limite supérieure du foie qui se confond avec la partie inférieure du cœur, et dépasse à gauche la ligne médiane de 7 centimètres.
Les limites inférieures du foie sont moins constantes que les supérieures, tant à cause des formes congénitales diverses présentées par cet organe, que des allongements ou des déplacements qu’il subit quelquefois à la suite d’une compression exercée par le corset, d’une déviation de la colonne vertébrale à gauche, ou encore d’une conformation défectueuse de la partie inférieure du thorax. Cette dernière circonstance abaisse forcément le foie et, comme je l’ai vu, elle peut conduire à diagnostiquer une hypertrophie ou une lésion matérielle de cet organe. L’allongement produit par le corset peut aussi induire en erreur le praticien qui n’a pas le soin de combiner la palpation avec la percussion. Quant aux déviations de forme, elles portent plus spécialement sur un seul lobe et sont plus faciles à reconnaître, ainsi que nous le dirons plus loin.
Le foie, en somme, dépasse peu ou pas le rebord costal au niveau de la ligne mammaire, il n’y arrive pas toujours sur la ligne axillaire, tandis que sur la ligne médiane il est ordinairement situé un peu au-dessus d’une ligne tirée entre l’ombilic et la pointe de l’appendice xiphoïde.
Ces rapports concernent surtout l’homme adulte; chez la femme, la limite supérieure est à peu près la même, mais, inférieurement, la glande hépatique est souvent un peu saillante à cause de la hauteur moins grande du thorax. Cette différence est plus marquée chez le jeune enfant, au niveau du lobe gauche surtout, relativement plus volumineux que chez l’adulte. Telles sont les données
sur lesquelles doit s’appuyer le médecin qui tient à déterminer exactement le volume du foie et à faire un diagnostic précis des affections de cet organe.
Palpation. — La palpation du foie pratiquée suivant les règles n’est pas moins importante. A cet effet, le malade doit être étendu sur le dos et couché sur un plan horizontal, les genoux écartés et les jambes fléchies sur les cuisses, afin de mettre les muscles de l’abdomen dans le plus complet relâchement ; le médecin, placé à sa droite, applique la main à plat sur la région du ventre, au-dessous de l’ombilic et invite le patient à faire de profondes inspirations; puis, au moment de chaque expiration, il déprime fortement la paroi abdominale et fait glisser la main de bas en haut jusqu’à ce qu’il rencontre le bord antéro-inférieur ou tranchant du foie. Il lui est alors facile de suivre ce bord dans toute sa longueur, de se rendre compte de son épaisseur, de sa dureté', de ses inégalités et de ses déformations. Cette opération terminée, et les limites de ce bord tracées, il reste à explorer la surface convexe de l’organe, ce que l’on fait en tenant la main toujours à plat et en déprimant la paroi abdominale pendant les fortes expirations. De cette façon, il est possible d’arriver à sentir les frottements s'il en existe, les dépressions, les nodosités cancéreuses et autres, jusqu’aux granulations de la cirrhose, et même, avec une certaine habitude, à reconnaître le plus ou moins de dureté ou de mollesse du parenchyme hépatique.
Toutefois comme, chez les personnes obèses surtout, il n’est pas toujours facile à l’aide de la palpation de se faire une idée exacte de l’état du foie, il y a lieu de recourir en même temps à la percussion, car il faut savoir que l’exploration du foie est seulement complète lorsque ces deux modes d’examen auront été simultanément appliqués. Mentionnons encore une dernière méthode d’exploration suivant laquelle l’une des mains, placée en arrière, l’autre en avant, imprime à l’organe un choc qui se transmet avec plus ou moins de netteté. Cette transmission permet de se rendre compte de la mobilité du foie, et par conséquent des adhérences qu’il peut contracter soit avec les organes, soit avec des néoplasmes voisins. Il est enfin un dernier procédé désigné par Glénard sous le nom de procédé du pouce, et qui consiste à serrer la région lombaire avec les quatre derniers doigts de la main gauche, tandis que le pouce est relevé en avant, et que la main droite déprime la paroi antérieure de l’abdomen ; si l’on vient, pendant un mouvement d’inspiration, à tourner en haut la pulpe du pouce, il est possible de la sentir coiffée par un organe, et si