Chevers. Indian annal of med. Sc., juillet, 1858, p
5. Comparez : Facieu. Ue la fréquence de l’hépatite suppurée en Cochinchine ( Archives de méd. navale , Paris 1894, t. LXI p. 468-472).
6 Boinet. Abcès du foie au Tonkin ( Marseille médical, 15 juillet 1892, p. 465).
Célèbes et aux Moluques. Dans la Polynésie et la Mélanésie, les abcès du foie se rencontrent, au point qu’à Taïti, on en compte 5 cas sur 758 malades (Mahé); ils sont beaucoup plus rares en Nouvelle- Calédonie, en Australie et dans la Nouvelle-Zélande, moins fréquents en somme dans l’Océanie que dans l’Inde.
L’hépatite suppurative, malgré l’absence de renseignements positifs, règne avec une fréquence inégale en Afrique. Elle se voit sur toute la côte sud de la Méditerranée, en Egypte ', à Tripoli, à Tunis, en Algérie et au Maroc. Elle est, suivant Thévenot, plus grave au Sénégal que partout ailleurs ; une observation de vingt années a appris à cet auteur qu’elle constituait les 50 millièmes de la mortalité dans les hôpitaux de Corée et de Saint-Louis. On constate son extension depuis la Sénégambie jusqu’au Congo, et notamment sur la côte de Bénin (Boyle); elle est plus rare sur les côtes d’Angola, de Benguela, et dans la région du Cap. Sa fréquence a été notée parmi les îles occidentales de l’Afrique, dans l’archipel du Cap-Vert et surtout à Sainte-Hélène où on lui attribue les 29 millièmes de la mortalité totale des troupes. De la baie de Delagoa au détroit de Bab-el-Mandeb, sur le littoral et même à l’intérieur du continent, les abcès du foie sont communs, et il parait que les naturels ont appris aies ouvrir eux-mêmes. En Abyssinie, ils se rencontrent uniquement dans les basses régions, et sévissent principalement sur les étrangers. Ils sont assez peu fréquents à Madagascar, Mayotte, Nossi-Bé, aux Comores, plus rares encore aux îles Maurice et de la Béunion.
La suppuration hépatique, par contre, se voit peu dans l’Amérique du Nord, notamment aux Etats-Unis. Elle est relativement commune chez les Mexicains et les colons temporaires (Jourdanet, Coindet). Dans l’Amérique centrale, elle existe non seulement sur le littoral, mais encore à une altitude de plus de 1 000 mètres. La grande fréquence de cette affection est bien connue aux Antilles, dans les îles françaises surtout, grâce aux récits de Laure, Dutroulau, etc. Les renseignements laissent à désirer au sujet de la Colombie où elle se voit encore, du moins sur le littoral.
Au Brésil, les abcès du foie sont communs, et aussi dans l’Uruguay, le Paraguay et la république Argentine. Ils ne le sont pas moins sur la côte du Pacifique, dans quelques îles du Chili, à Lima, à Guyaquil, et se rencontrent même jusque sur les hauts plateaux.
1. A. Pasquale. Dysenterie et abcès du foie en Égypte ( Archives de médecine navale. Paris, 1894, LXII, 311).
HÉPATITES CONJONCTIVES.
Telle est, rapidement esquissée, la distribution géographique de la suppuration du foie. Cherchons maintenant à déterminer les conditions étiologiques de cette affection, en passant successivement en revue les questions de terrain, de climat, de saisons, de races, etc. Le ao/, qui a été accusé de produire l'hépatite suppurée, n’exerce aucune influence sur sa genèse : c’est en vain qu’on a prétendu la rattacher aux terrains marécageux, car, dans plusieurs localités intertropicales où cette affection est endémique, la malaria fait défaut, et inversement, il est des contrées où la fièvre intermittente sévit d’une façon endémique, et dans lesquelles la suppuration du foie est à peu près inconnue (Madagascar, Mayotte, la Guyane). Au reste, cette affection est exceptionnelle dans les districts paludéens de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique, et, tous ces faits prouvent, d’une façon irréfutable, que la cause du paludisme n’est pas celle des abcès hépatiques.
Les climats et les saisons ont une influence plus manifeste sur la production des abcès du foie, car le maximum de fréquence de ces désordres correspond à une zone intertropicale, comprise entre les isothermes de 28 à 2i degrés centigrades (Mahé). Il ne paraît pas douteux, du reste, que la chaleur ne soit l’un des éléments de cette fréquence, quand en Algérie, par exemple, on a compté 185 abcès du foie développés pendant la saison chaude et 81) seulement dans la saison froide. Pourtant, il faut reconnaître que cette intluencc n’est qu’accessoire, dès l’instant où certaines contrées chaudes, la Guyane, par exemple, et d’autres encore se font remarquer par la rareté des suppurations hépatiques.
Les races ne jouent qu’un rôle secondaire à ce point de vue, attendu qu’en Algérie, elles y sont toutes sujettes, et qu’il n’est pas nettement démontré que les Français du Nord soient plus prédisposés que ceux du Midi aux abcès du foie, dont le maximum de fréquence se montre vers la troisième et la quatrième année de séjour. Les nègres, à la vérité, échappent en partie à la suppuration de cette glande sur la côte ouest d’Afrique, et tout d’abord on serait tenté d’attribuer cette immunité à des qualités spéciales; mais, il n’en est rien, puisqu'ils ne sont épargnés ni aux Antilles ni dans l’Inde, lorsqu’on vient à les y transporter. L’acclimatement seul parvient donc à les préserver, et en effet, sur 10000 soldats à Ceylan, on a constaté 0 cas d’hépatite chez les Indous, 32 chez les nègres, 49 chez les Européens (Mahé).
En somme, la race et les nationalités, pas plus que les conditions climatériques et la nature des terrains, n’exercent d’influence directe sur la genèse des hépatites suppuratives. C’est donc ailleurs
qu’il faut chercher la cause de ces affections, et dans nos contrées, où elles sont relativement rares, il est plus facile de remonter à leur origine que dans les pays de grande fréquence. Or, un examen approfondi nous conduit à reconnaître que les abcès du foie sont toujours secondaires et résultent du transport, dans cet organe, d'un microphyteou d’un produit de suppuration. Situé dans l’hypochondre droit, à l’abri de l’air extérieur et des germes morbides qu'il renferme, le foie, comme le cerveau, ne suppure, en dehors du traumatisme, qu’à la condition d’être mis en rapport sinon avec le milieu extérieur, du moins avec une collection purulente quelconque. Or, ce rapport pouvant s’établir par trois voies différentes : les voies biliaires, la veine porte et le système artériel, les suppurations du foie, envisagées au point de vue pathogénique, se classent naturellement sous trois chefs qui sont :
1° Les suppurations ou hépatites d’origine biliaire;
2° Les suppurations ou hépatites d’origine veineuse;
3° Les suppurations ou hépatites d’origine artérielle.
Les suppurations du premier groupe, effet habituel sinon constant d’une lésion préalable du foie (kyste hydatique, tumeurs), et plus souvent des voies biliaires (lithiase, lombrics, etc.) se distinguent nettement tant parleurs caractères que par leur origine, et, comme telles, elles ne peuvent être séparées des désordres matériels, auxquels elles sont forcément liées \ aussi n’étudieronsnous, tout d’abord, que les hépatites ressortissant aux deux derniers groupes.
A. — Hépatites suppuratives d'origine veineuse.
Étiologie et pathogénie. — Ces hépatites ont pour cause efficiente les lésions suppurées ou gangréneuses, situées dans le domaine de la veine porte, voie de transport des germes pyogènes. Ce transport ne manque pas d’imprimer à la lésion hépatique quelques caractères communs, résultant de sa localisation dans les espaces portes ou dans les lobules centraux du parenchyme hépatique. C’est ainsi qu’elle présente une disposition aréolaire habituelle et qu’elle s’étale sur un moins grand nombre de points que les suppurations d’origine artérielle, cependant elle est loin d’être univoque, pour ce fait qu’elle est produite par l’action d’agents divers.
Les hépatites suppuratives d’origine veineuse proviennent, en