‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 61 sur 178 · Hallmann, De cirrhosis hepcitis, Berlin · texte numérisé non relu

Hallmann, De cirrhosis hepcitis, Berlin

que la forme et l’évolution particulière de l’affection hépatique.

La cirrhose, considérée jusque-là comme une maladie unique1 , se trouvait ainsi démembrée, car il n’y avail plus une cirrhose, mais des états cirrhotiques multiples, ayant chacun une physionomie clinique et anatomique et une évolution distinctes, en rapport avec autant de maladies nettement définies, qui sont : l’alcoolisme, le paludisme, la syphilis et l’anthracose.

Sans m’illusionner sur la valeur de ce travail, et tout en pensant qu’il n’était pas impossible de rencontrer d’autres formes de cirrhose, j’étais néanmoins convaincu d’avoir fait œuvre scientitifique, pour ce fait que toute lésion anatomique n’est jamais qu’un effet, et, comme telle, a forcément un rapport intime avec sa cause, hase nécessaire de toute classification naturelle.

Cette classification, cependant, ne fut pas acceptée, et la publication de notre Atlas (V anatomie pathologique était à peine terminée, que plusieurs auteurs cherchaient à asseoir la division des cirrhoses, non plus sur l’étiologie, mais simplement sur le volume de l’organe affecté, comme le ferait un naturaliste qui, voulant classer des animaux ou des végétaux, mettrait au premier rang, non pas la génération, mais les dimensions de chacun de ces êtres. Cette nouvelle classification ne l’emporta pas moins, et aujourd’hui, même, elle est encore adoptée par un grand nombre de médecins. Les travaux qui ont servi à l’édifier constituent une quatrième phase historique de la cirrhose que l’on voudra bien me permettre d’appeler : phase rétrograde.

Citer ici tous ces travaux n’aurait qu’un faible intérêt, et, d’ailleurs, ils se trouvent mentionnés dans la plupart des ouvrages classiques français et même étrangers; qu’il me suffise de rappeler que P. Olivier2 fut l’un des premiers auteurs qui eurent la conception de la cirrhose hypertrophique, comme l’indique la conclusion suivante de son mémoire : « à côté de la forme commune, atrophique de la cirrhose du foie, il en est, dit cet auteur, une forme plus rare qui s’accompagne d’augmentation de volume de l’organe : c’est la cirrhose hypertrophique. Je crois avoir démontré, dans le cours de ce travail, que la cirrhose hypertrophique est bien une forme àpart et non pas une des périodes delà cirrhose, une cirrhose quin’auraitpas eu le temps d’arriver à l’état parfait ».Hanot3 et Charcot4,

1. J. M. Charcot, Leçons sur les maladies du foie, Paris, 1877.

2. Voyez les traités classiques de cette époque : A. Grisolle, Traité de pathologie interne , et autres.

3. P. Olivier. Mém. pour servir à l’histoire de la cirrhose hypertrophique ( Union méd., Paris, 1871, xii, 449-454).

4. Hanot, La cirrhose hypertrophique avec ictère chronique, Thèse de Paris, 1876.

HÉPATITES CONJONCTIVES.

un peu plus tard, après avoir adopté cette manière de voir, l’ont fait servir à la classification des cirrhoses, en deux principaux types : la cirrhose vulgaire ou cirrhose atrophique , la cirrhose hypertrophique . Charcot alla plus loin et tenant compte de la topographie histologique, il décrivit une cirrhose veineuse et une cirrhose biliaire, la première atrophique, la seconde hypertrophique. Puis, peu à peu, en présence de la difficulté de faire entrer tous les faits dans cette division, des types particuliers furent créés, tels que : la cirrhose hypertrophique diffuse graisseuse (Sabourin1), la cirrhose hypertrophique alcoolique (Hanot et Gilbert2), la cirrhose hypertrophique graisseuse (Sabourin3), venant s’ajouter à la cirrhose annulaire (Charcot et Gombault1), à la cirrhose hypertrophique à marche rapide (Hanot 5), et enfin les cirrhoses mixtes. Ces derniers types furent divisés, à leur tour, en de nouveaux groupes, en sorte que, comme le fait justement observer le Dr Dcsoil6, chaque auteur arrive à avoir sa cirrhose : c’est l’anarchie.

Un instant, ces divisions artificielles semblèrent céder le pas à la classification naturelle7 ; mais, l’absence de principes scientifiques en médecine finit par les maintenir, du moins en partie, jusque dans les ouvrages les plus récents. Ce fait n’est pas de nature à changer notre conviction, car, de même que la classification des végétaux et des animaux repose sur la génération, c’està-dire sur la cause originelle, de môme la classification des affections organiques, pour être scientifique, doit forcément s’appuyer sur la même base, et en conséquence, la classification étiologique que nous avons établie, il y a trente ans, est celle qui sera définitivement adoptée.

C’est au pourtour des vaisseaux, et au sein du stroma conjonctif, qu’apparaît, tout d’abord, le processus de l’hépatite interstitielle, sous la forme de noyaux et de cellules embryonnaires qui tendent peu à peu vers une organisation définitive. Mais cette organisation qui exige pour se produire une vascularisation suffisante n’a pas lieu lorsque les jeunes éléments se trouvent agglomérés en abondance sur un point, sous forme de masses ou de

1. Sabourin, Cirrh. liypert. graiss. ( Archiv . de phys. norm. et path., Paris, 1884, sér. 2, VIII, 585).

2. Hanot et Gilbert, Soc. mëd. des hôpitaux, Paris, 1894, 402.

3. Sabourin, Des cirrhoses graisseuses ( Revue de médecine, Paris, 1884, 113).

4. Charcot et Gombault, Archiv. de physiologie norm. et path., Paris, 1876, p. 439.

5. Hanot, De la cirrhose atrophique du foie à marche rapide ( Archiv . gén. de médecine. Paris, 1882, I, 641).

6 P. Desoil, La cirrh. alcool, graiss. du foie ( Bulletin méd. du Nord , Lille, 1897. sér. 2, t. I, p. 34).

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