I. VEINE PORTE
L’importance fonctionnelle de cette veine met suffisamment en évidence l’intérêt qui s’attache à son étude pathologique, pour n’avoir pas à y insister. Les désordres qui lui sont propres résultent soit d’un vice de formation, soit d’un état constitutionnel ou acquis. Les malformations sont très rares; les désordres constitutionnels à peine plus fréquents; les désordres acquis beaucoup plus communs ont leur source dans le monde extérieur. Profondément située à l’abri de l’air, la veine porte n’est pas moins en rapport avec ce monde par l’intermédiaire du tube digestif, réceptacle d’agents pathogènes, Or, ces agents sont les uns des substances alimentaires ou toxiques introduites dans l'es-
tomac et absorbées à l’état de nature ou à la suite de transformations, les autres, des microbes ou des matières septiques provenant des intestins. L’action de ces substances diffère avec chacune de ces origines : les premières déterminent une irritation qui se manifeste paria formation d’un tissu conjonctif nouveau, cicatriciel; les dernières produisent un genre d’excitation qui a pour conséquence l’émigration de leucocytes et la formation d’un produit purulent. De là, deux ordres de lésions nettement distinctes : les pyléplilébites adhésives ou prolifératives, et les pyléphlébites suppuratives venant s’ajouter aux malformations et aux désordres trophiques de la veine porte.
I. — MALFORMATIONS DE LA VEINE PORTE; DÉSORDRES TROPHIQUES DE CE MÊME VAISSEAU
Un petit nombre de cas de malformation de la veine porte sont aujourd’hui connus. Abernethy1 trouva, chez un garçon de dix mois environ, bien nourri, et dont la vésicule du fiel renfermait de la bile, le tronc de la veine porte abouché dans la veine cave, sans passer par le foie. Lawrence2 rapporte qu’un anatomiste de Londres aurait vu un cas semblable, non publié, chez un individu âgé de plusieurs années et qui lui permit de reconnaître que la sécrétion de la bile pouvait se faire aux dépens de l’artère hépatique. Broc3 dit avoir observé, chez un nègre mort à Bogota, que la partie delà veine cave inférieure comprise entre le foie et le diaphragme était beaucoup plus longue que de coutume, et qu’elle recevait la veine porte immédiatement au-dessous du diaphragme, aussi loin que possible du foie. La sécrétion biliaire s’accomplissait comme de coutume et ce nègre offrait un assez haut degré d’embonpoint.
Les désordres trophiques de la veine porte, généralement connus sous le nom de varices, consistent en une dilatation avec allongement des parois de ce vaisseau, tantôt hypertrophiées, tantôt atrophiées, ainsi qu’il arrive dans la plupart des dilatations variqueuses. Les faits qui mentionnent ces lésions sont rares et fort mal étudiés, sans doute parce que celles-ci passent le plus souvent inaperçues, et ont rarement des conséquences graves,
1. J. Abernf.thy, Pldlosophical Transactions, Lonclon, 1792, p. 83.
2. Lawrence, Med. chir. Transact., London, 1814, vol. I, p. 274.
3. Broc, Concours pour la cliaire de physiologie à Strasbourg, 1837, citation de E. A. Chassagne, Ligature de la veine porte, persistance de la sécrétion biliaire, Strasbourg, 1860.
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à cause, sans doute, de la lenteur de la circulation dans la veine porte.