‹ Traité des maladies du foie et du pancréasChapitre 86 sur 178 · II. PHLÉBITE SUPPURATIVE · texte numérisé non relu

II. PHLÉBITE SUPPURATIVE

Beaucoup plus fréquente que la phlébite adhésive, celle-ci est généralement consécutive à la propagation d’abcès situés dans le voisinage des veines sus-hépatiques, ou encore dans le bassin, ce qui conduit à penser que l'infection peut se produire par l’intermédiaire de la veine cave. L’adhérence intime de ces vaisseaux au parenchyme du foie, et l’absence d’une gaine semblable à celle qui isole la veine porte, favorisent cette propagation; les rapports immédiats de ces veines avec le cœur rendent des plus faciles l’infection du sang par le pus, et la formation d’abcès métastatiques dans d’autres organes. Cette phlébite est encore causée par des ulcères intestinaux (voy. p. 229) ; plus souvent par des abcès d’origine artérielle, en raison, sans doute, de la tendance de ces derniers à s’étendre, sinon à cause du rapprochement des artérioles et des veines sus-hépatiques.

La surface interne des veines hépatiques devient, en tout cas, inégale, rugueuse, et se couvre de dépôts fibrineux qui ne tardent pas à faire place à du pus véritable. Celui-ci arrive rapidement au cœur, donne naissance à des foyers purulents des poumons, à des pleurésies purulentes, et, se disséminant dans toute la masse du sang, constitue un état des plus graves et même absolument mortel.

Les symptômes propres à ces désordres consistent, comme dans tous les cas de pyémie, en une fièvre intense, précédée et accompagnée de frissons répétés, violents et irréguliers, suivis de sueurs, et auxquels succèdent un accablement excessif, de l’agitation et du délire. En même temps, les téguments se décolorent, le teint devient jaune, gris plombé, et les malades succombent rapidement, au milieu de troubles respiratoires, circulatoires et cérébraux.

La médication, employée contre ces accidents, ne diffère pas de celle qu’il convient de diriger contre la pyémie; c’est la quinine et l’alcoolature d’aconit à haute dose; mais elle est à peu près toujours inefficace, tant il est difficile d’arrêter et de tarir les suppurations de ce genre.

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