I. LE FOIE
Nés d’une invagination de l’épithélium intestinal, le foie et le pancréas sont des glandes semblables à celles du tube digestif, c’est-à-dire des glandes en tubes. Telle est, du reste, la forme primitive du pancréas, et, s’il n’en est pas de même de celle du
foie, c’est qu’indépendamment de la sécrétion biliaire, cet organe a une autre mission, celle de préparer les substances nécessaires à la nutrition des tissus.
Les anciens n’avaient que des connaissances fort incomplètes de la structure du foie; c’est à partir de l’année 1833 où Kiernan 1 publia ses recherches sur le mode de distribution des vaisseaux sanguins à l’intérieur de la glande hépatique, et sur leurs rapports avec ses éléments propres, que l’on commença à se faire une juste idée de sa composition anatomique. A cette même époque, d’ailleurs, l’application du microscope à l’étude des tissus vivants vint nous renseigner sur la nature des parties élémentaires qui les constituent. De nombreux travaux, publiés depuis lors, ont eu pour but de mettre en lumière la structure du foie; ils se trouvent résumés avec indications bibliographiques dans le savant traité d’histologie de Kôlliker 2.
Malgré la multiplicité de ses fonctions, le foie possède une composition élémentaire des plus simples; il est formé de deux parties, l’une sécrétoire, l’autre excrétoire.
Portion sécrétoire. — La partie sécrétoire renferme deux ordres de tissus : l’un épithélial, de provenance endodermique, est destiné à la formation des produits d’élaboration glandulaire; l’autre, conjonctivo-vasculaire et de provenance mésodermique a pour mission de charrier les sucs nécessaires à cette fonction et à la nutrition de l’organe. Ces tissus ayant entre eux un agencement spécial, favorable à l’accomplissement de leur fonction, seront examinés d’abord isolément et ensuite conjointement dans leur disposition réciproque.
a. Le tissu épithélial est celui qui apparaît le premier chez l’embryon; né du feuillet interne du blastoderme, il est l’essence même du foie, la partie qui le caractérise aussi bien anatomiquement que physiologiquement. Ses éléments, d’un diamètre en moyenne de 0m,016 (Henle) à 0m,018 (Kôlliker), sont de petits blocs d’une substance molle, granuleuse, possédant un noyau arrondi de 0m,009, pourvu d’un nucléole; quelquefois, chez les jeunes sujets surtout, on trouve deux ou plusieurs noyaux, mais sans qu’il soit possible d'y observer la moindre trace de scission. Vus au microscope, à l’état d’isolement, ces éléments sont polygonaux avec quatre, cinq ou six pans; sur des sections très minces, chacun
1. Kiernan, The anatomy and physiology of the liver ( Pliilosophical Transactions, 1833, p. 711, avec pl.).
2. A. Kôlliker, Eléments d’histologie humaine, traduction française par le docteur Marc Sée. Paris, 1868, p. 580.