NÉVROPATHIE SENSITIVE OU HÉPATÀLG1E
de l’abdomen et même du dos est sensible à la moindre pression, le foie se tuméfie, les mouvements respiratoires s’accélèrent et le pouls se ralentit.
Ces accès durent depuis vingt-quatre heures jusqu’à deux ou trois jours, après quoi ils cessent habituellement, puis au bout de quelques jours ou de plusieurs semaines, ils reparaissent d’une façon intermittente ou périodique, à la façon d’une migraine ou d’une névralgie faciale. Chez une femme, observée par Frerichs, le retour de la crise avait lieu d’une façon régulière toutes les quatre semaines, au moment des époques menstruelles sans aucune souffrance dans l’intervalle. La santé générale, quelque peu ébranlée par la crise, ne tarde pas à se remettre, de telle sorte que l’hépatalgie n’est jamais dangereuse; aussi le cas de mort signalé par Andral est-il manifestement suspect.
Sémiologie. — Les signes de la névralgie du foie ont, avec ceux de la colique hépatique, une ressemblance telle qu’un diagnostic certain est des plus difficiles, et que nombre d’auteurs, se refusant à admettre son existence, n’hésitent pas à y voir de la lithiase. Cependant, s’il y a lieu d’éviter de prendre, pour de simples troubles nerveux, les accidents douloureux produits par des calculs, il est tout aussi important de ne pas confondre ces accidents avec des crises purement névropathiques. L’intermittence absolue des crises, leur périodicité, la diffusion de la souffrance, l’abondance des vomissements sont autant de signes favorables au diagnostic de l’hépatalgie.
Ces signes, il est vrai, ne donnent pas toujours une assurance complète, mais ils conduisent aune grande présomption; l’absence de calculs dans les fèces est loin d’être un signe pathognomonique, comme l’ont pensé quelques auteurs, non seulement à cause de la difficulté de retrouver ces corps étrangers, mais encore, parce qu’ils peuvent rétrocéder du canal cystique dans la vésicule biliaire. La colique néphrétique, par son siège, par ses irradiations du côté des bourses, et par les modifications qu’elle imprime à la sécrétion urinaire dont elle diminue la quantité, se distingue facilement des névralgies hépatiques. La gastralgie, plus facile à confondre avec cette affection, est un désordre relativement rare ; il n’en est pas de même des crampes d’estomac qui surviennent, plusieurs heures après le repas, chez les dyspeptiques et que calme l’emploi du bicarbonate de soude.
Le pronostic des névralgies hépatiques est bénin en ce sens que ces affections, d’une durée ordinairement courte, ne troublent pas les fonctions du foie et ne compromettent pas l’existence.
Assez souvent, du reste, elles cessent spontanément comme la plupart des névralgies.
Thérapeutique. — Le traitement de ces affections varie forcément avec la maladie qui leur a donné naissance. La quinine ne tarde pas à avoir raison de celles qui se rattachent au paludisme, et à l'herpétisme. Cet agent, administré à la dose massive de un gramme, a pu arrêter au second jour l’hépatalgie d’une dame qui arrivait du Limousin, et chez laquelle nous avions soupçonné une influence palustre; mais, il est parfois nécessaire d’en élever la dose et de la porter à lsr,50 et 2 grammes. L’antipyrine, les opiacées, les piqûres de morphine même, lorsque les douleurs sont très intenses, trouvent ici leur utilité, particulièrement dans les crises d’origine tabétique. L’hydrothérapie a son indication lorsqu’il y a tendance au passage à l’état chronique, ou que l’on cherche à s’opposer au retour des accidents. Malgré le peu d’influence attribué, par nous, aux substances épicées, dans la pathogénie de cette affection, nous sommes d’avis cependant qu’un régime convenable, celui du lait en particulier, rend à cet égard les plus grands services. 11 est celui que nous conseillons toutes les fois qu’il y a de l’anurie et de l’inappétence; dans le cas contraire, un régime mixte peut être toléré.
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§ IL — NÉVROPATHIES MOTRICES
L’action des nerfs moteurs sur le foie s’exerce uniquement là où il existe des fibres musculaires, à savoir : sur les voies biliaires et les vaisseaux sanguins du foie. De là résultent des névropathies motrices biliaires etdes névropathies vaso-motrices ou trophiques, chacun de ces désordres se manifestant par de la contraction ou de la dilatation. La contraction spasmodique des voies biliaires, aujour-
NÉVROPATHIES MOTRICES.
d’hui incontestable, a pour conséquence le syndrome généralement désigné sous le nom d 'ictère spasmodique ou émotif , tandis que les effets de leur dilatation nous échappent. Par contre, la dilatation des vaisseaux hépatiques, qui se révèle par des hypérémies actives et des hémorrhagies, nous est mieux connue que leur contraction qui provoque l’ischémie et l’anémie de l'organe.