‹ Traité des maladies du testicule et de ses annexesChapitre 102 sur 126 · ŒDÈME OU HYDROCÈLE DIFFUSE DU CORDON · texte numérisé non relu

ŒDÈME OU HYDROCÈLE DIFFUSE DU CORDON

Dans un travail de Bouisson (1), nous trouvons indiquée et étudiée avec soin l'inflammation traumatique et spontanée des veines du plexus pampiniforme. M. Terneuil propose de donner à cette maladie le nom de phlébite funiculaire, qui indique bien son siège et son origine. Ce genre d'accident semble être assez rare.

Enfin nous terminerons, en rappelant que la funiculite simple d'origine blennorrhagique se termine quelquefois par suppuration. Le professeur Verneuil (2) en rapporte deux exemples. Dans l'un, le malade, malgré le développement d'une orchite accompagnée d'un gonflement considérable de la région inguinale, continua à marcher; après quelque temps, la tumeur inguinale grossit et finit par suppurer, environ quatre mois après le début. Sur le second malade, la marche fut la même, mais la suppuration qui menaçait ne semble pas avoir abouti. Enfin Turner '3) signale un abcès du cordon de même origine et simulant une hernie.

§ 2. — Œdème ou hydrocèle diffuse du cordon.

Pott, qui le premier signala cette maladie, la désigne sous le nom de : hydrocèle des cellules de la tunique commune.

Scarpa en donna aussi une description d'après un certain nombre de cas qu'il avait vus; il en est de même de Bertrandi, qui lut sur ce sujet un mémoire devant l'Académie de chirurgie en 1778.

Plus tard, nous trouvons un chapitre de Curling, qui ne fait que reproduire les descriptions et les opinions de ses prédécesseurs.

Pour ces auteurs, il s'agit d'une accumulation de sérosité dans le tissu cellulaire du cordon, laquelle est limitée par la tunique fibreuse commune et forme ainsi une tumeur distincte.

Kocher signale des expériences qu'il a pratiquées dans le but de voir quels sont la marche et le mode de formation de cet œdème.

Ces expériences que nous avons répétées sur des cadavres, nous ont montré qu'on peut reproduire très exactement cette afl'ection. Après avoir mis à nu la tunique fibreuse commune qui enveloppe les éléments du cordon, nous pratiquions un petit orifice qui servait à introduire une canule, sur laquelle il suffisait de lier les bords de l'ouverture. La canule étant ainsi fixée, une injection d'un liquide

(1) Tribut à la ch., t. Il, p. 453,,18fil.

(2j Art. Aine. Dict. encycl. des se. méd., p. .325.

(:V( Turner, Aheès sur le trajet du cordon spermatique simulant une hernie [The Lancet, Lond., 1886, p. 443].

coloré, ou mieux encore d'une solution faible de gélatine, était poussée lentement dans le tissu cellulaire du cordon. On voyait alors se former une tumeur allongée, de la grosseur d'un œuf de pigeon, dont l'extrémité supérieure pénétrait dans le canal inguinal, alors que l'extrémité inférieure descendant en suivant la direction du cordon restait distincte du testicule. En maintenant la pression pendant quelques minutes, l'extrémité inférieure s'étalait sur la tunique vaginale, qu'elle débordait un peu au niveau de sa moitié supérieure. Ce dernier phénomène s'explique par une disposition anatomique spéciale, la tunique fibreuse venant se confondre avec la surface vaginale à quelques centimètres de la partie supérieure de cette dernière.

Il suffit de lire la description donnée par les auteurs que nous avons cités plus haut, pour voir l'identité des signes qu'ils indiquent avec ceux qu'on constate sur le cadavre, après les désordres produits par cette injection forcée.

Lorsque l'on dissèque la tumeur formée par l'hydrocèle diffuse, on la trouve lisse, sans bosselure et entourant complètement les éléments du cordon. Elle est absolument distincte du testicule qui est situé au-dessous de son extrémité inférieure. Dans son intérieur les mailles du tissu cellulaire sont très distendues et communiquent entre elles. Souvent les fibres de ce tissu ont été tellement tiraillées, qu'elles ont disparu; il n'existe qu'une poche unique et irrégulière.

Dans les observations signalées jusqu'ici, on constate que le liquide est de la sérosité pure, limpide et albumineuse, avec une légère teinte jaunâtre. Ordinairement le volume de cette tuméfaction est petit, ne dépasse guère celui d'un œuf de pigeon ou d'un petit œuf de poule ; mais on a cité quelques cas où il était plus considérable. Bertrandi aurait disséqué sur le cadavre une hydrocèle diffuse qui contenait 600 grammes de liquide.

Les symptômes de la maladie sont assez faciles à exposer et on pourrait se contenter de reproduire, comme le fait Curling, le passage du livre de Pott qui en donne la description :

« Quand la tumeur est médiocrement volumineuse, elle présente l'aspect suivant : le scrotum a un aspect normal, si ce n'est que, dans les moments où la peau n'est pas ridée, il semble plus plein, descend un peu plus bas que celui du côté sain, et quand on le soulève avec la main il paraît plus pesant. On peut sentir distinctement au-dessous de cette tumeur le testicule et l'épididyme qui ne sont aucunement modifiés; le cordon spermatique est beaucoup plus volu-

Page 1