TUBERCULOSE DU CORDON
raux assez sérieux : petitesse du pouls, refroidissement des extrémités, pâleur de la face, qu'on retrouve dans tout traumatisme violent.
Lorsque la cause est due à une rupture des veines, sous l'influence d'un effort, l'ecchymose n'apparaîtra que plus tard, mais n'en constituera pas moins un signe excellent.
Malheureusement, il arrive souvent que cette affection est dénaturée par des phénomènes de voisinage qui la font méconnaître. Nous avons déjà parlé de l'épanchement sanguin occupant les plans superficiels de la région et masquant le gonflement du cordon, lequel ne devient sensible que plus tard.
La présence d'une hernie peut augmenter beaucoup les difficultés.
Une épiplocèle enflammée à la suite d'un choc violent occasionne les erreurs les plus fréquentes. Ici cependant les commémoratifs permettent de rectifier le jugement, car on peut connaître par les antécédents l'existence d'une tumeur formée par l'épiploon.
L'épanchement d'une certaine quantité de sang dans le cordon ne constitue pas une affection sérieuse ; le plus souvent la résorption du sang épanché amène la guérison progressive et sans accident.
On a bien parlé d'enkystement possible du liquide épanché, de la formation d'une tumeur pouvant remonter dans l'abdomen et s'enflammer de façon à produire des troubles graves, mais ces faits sont très rares et ont été pour la plupart incomplètement observés.
Traitement. — Le moyen le plus sûr d'arriver à obtenir la résolut on de cette tuméfaction, consiste à immobiliser la région et à faire une légère compression.
Une réfrigération locale constitue également un adjuvant utile.
Mais on doit s'abstenir, en présence de cet épanchement de sang, de toute intervention chirurgicale qui pourrait être nuisible, sinon dangereuse. Telle est, du reste, la loi générale pour le traitement des épanchements sanguins peu abondants. La ponction aspiratrice et souscutanée pourrait seule être utile, dans le cas d'épanchement assez abondant.
§ 4. — Tuberculose du cordon.
La tuberculose du cordon ne devrait pas trouver place ici, car on peut dire qu'elle n'est qu'une affection secondaire à la localisation de la tuberculose dans l'épididyme et le testicule. L'histoire de la tuberculisation de ces organes a- été étudiée à propos du testicule tuberculeux. Cependant les cas de tuberculose isolée du cordon ou du canal déférent existent, quoiqu'ils soient très rares.
Aussi il nous a semblé utile d'y revenir en quelques mots, afin de mieux faire saisir ce que la maladie localisée au cordon présente de spécial.
La tuberculose envahit le canal déférent le plus souvent par places isolées, en formant des nodosités arrondies qui entourent plus ou moins complètement le canal. Ces nodosités donnent au cordon l'aspect d'un chapelet (1), lorsqu'elles sont disposées régulièrement.
Cette disposition était très manifeste sur une pièce que l'un de nous a trouvée sur un cadavre à l'amphithéâtre des hôpitaux. Depuis la terminaison du cordon au niveau de l'épididyme, jusqu'aux vésicules séminales, on pouvait compter onze nodosités jaunâtres, disséminées sur le canal déférent à intervalles presque réguliers et ayant toutes à peu près la même grosseur (V. fig. 26, p. 385). L'épididyme et les vésicules étaient aussi remplis de tubercules.
Il est rare que ces nodosités soient aussi régulières et aussi limitées que dans ce cas. En général le canal est épaissi, induré dans une partie de son étendue, principalement vers sa partie funiculaire, et les tubercules jaunes apparaissent à sa surface en faisant une légère saillie. Chacun de ces nodules peut se ramollir et suppurer au même titre que les lésions semblables accumulées dans l'épididyme.
Il n'est pas très rare de trouver dans la région du cordon des foyers de suppuration ou des fistules cutanées (2), â bords décollés et violacés, qui conduisent dans un foyer de ramollissement.
En même temps que se produit ce travail du côté du canal déférent, le tissu cellulaire ambiant s'indure en totalité ou par places, il forme une masse plus ou moins dure et bosselée, qui se continue avec le testicule et l'épididyme également malades. La peau du scrotum, envahie elle-même, adhère quelquefois au cordon induré. Ces désordres peuvent se prolonger jusque dans le canal inguinal.
Il est assez rare de les rencontrer très prononcés et très étendus au delà de cette limite.
Une localisation rare de la tuberculose a été signalée par Gosselin (3). Chez deux malades il a pu diagnostiquer une tuberculisation probable dans le vas aben'ans. Il est possible que ces localisations aient eu leur siège dans ce petit corps, qui reste en continuité avec le canal déférent et peut, par conséquent, participer à ses maladies.
Le même auteur (4) avait décrit auparavant, des cas de tuberculisa-
(1) Dufour, thèse, 1854.
(2) Civiale, Mal. des org. g. ur., t. II, p. 146, 2^ édit.
(3) Cliniques de la Charité, t. II, p. 381.
(4) Curling, trad. fr., p. 432.