KYSTES DU CORDON. — COMPLICATIONS, VARIÉTÉS
Ces complications sont importantes à connaître, car elles aggravent le pronostic du kyste. Le traitement dans ce cas doit être différent de celui du kyste séreux et semblable au traitement de l'hémalocèle vaginale.
Les kystes sont quelquefois accompagnés par une hernie inguinale qui vient se mettre en contact avec eux et prendre les dispositions les plus bizarres. Tantôt le kyste correspond seulement à la partie inférieure de la hernie (fig. 88), pendant que celle-ci s'insinue dans la tunique commune du cordon. Tantôt la hernie passe en avant, contourne le kyste et le
laisse en arrière d'elle en masquant sa partie antérieure (fig. 89). Enfin on a vu des kystes tellement entourés par le sac herniaire et tellement englobés par une grosse hernie, qu'il était impossible de diagnostiquer leur présence. L'opération ou l'autopsie permettait seule de les reconnaître.
La coexistence d'un kyste du cordon et d'une hydrocèle vaginale n'est pas rare; elle peut exister aussi avec un kyste de l'épididyme. Mais généralement ces tumeurs sont distinctes et séparées par des sillons plus ou moins profonds qui les délimitent.
Les kystes du cordon peuvent-ils contenir un liquide opalescent, rempli de spermatozoïdes, comme cela se rencontre souvent dans les kystes de l'épididyme ? La question a été souvent discutée sans être absolument résolue.
Fig. 88
Fig. 89.
Le fait doit être fort rare; cependant nous en avons observé un exemple très net et ne laissant aucun doute, chez un homme de trentedeux ans. Il portait depuis deux ans environ un kyste arrondi, de la grosseur d'une noix, occupant manifestement la partie supérieure du cordon et laissant entre l'épididyme et le testicule un espace aussi large que le doigt. Une ponction fut pratiquée; à notre grand étonnement nous recueillîmes du liquide opalescent rempli de spermatozoïdes bien conformés. Une injection de teinture d'iode donna une guérison complète au bout de trois semaines.
Ce cas nous a beaucoup étonné, car il est exceptionnel et s'explique difficilement par les théories habituelles du développement de ces kystes à spermatozoïdes.
M. Liégeard (1) a publié une observation semblable. Le diagnostic avait été hydrocèle enkystée du cordon, à cause de l'éloignement du testicule et de l'épididyme, mais le liquide, examiné par Broca et par Robin, contenait des spermatozoïdes en grand nombre.
D'autres cas analogues ont été publiés et viennent montrer nettement la possibilité de ce siège pour les kystes spermatiques.
A moins d'admettre qu'il s'agissait là d'un kyste déplacé par tiraillement et éloigné de sa position première qui devait être la queue de l'épididyme, on est obligé de chercher son origine dans le vas aberrans de Haller; ce corps étant placé le long du cordon, sa structure permettrait d'expliquer le développement d'un semblable kyste.
11 peut arriver, dans cette région, que le liquide, au lieu d'être enkysté, reste en communication facile avec le péritoine. Cela tient à l'absence d'oblitération du conduit vagino-péritonéal vers sa partie supérieure. Le trajet ainsi constitué peut se prolonger jusque dans la partie scrolale; alors la poche kystique descend dans le voisinage du testicule, mais en reste toujours distincte.
M. Duplay donne à cette variété le nom de : Hydrocèle peritonéo-funiculaire, pour la distinguer de YHijdrocèie vagino-péritonéale, dans laquelle la communication se prolonge jusqu'à la vaginale.
Malgré la rareté de cette variété, puisque M. Duplay n'a pu en trouver que deux exemples signalés par Nanoni et Chassaignac, nous avons pu en observer un cas très net chez un enfant de trois ans.
La poche remplie de liquide formait une petite tumeur arrondie piriforme, qui descendait jusqu'au milieu de la portion scrotale du cordon. Elle se réduisait en partie par le décubitus dorsal; en pres-
(i) Gazette '/es hôpitaux, lSj4.