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Tumeurs solides du cordon

Les éléments du cordon peuvent être envahis partiellement ou en totalité par les tumeurs voisines qui prennent de l'extension, surtout quand elles sont nées dans le testicule. Ce sont là des tumeurs secondaires, presque accessoires et qui ont été étudiées à propos des maladies du testicule.

Il peut arriver aussi que les mêmes affections débutent par les éléments du cordon, s'y localisent, y évoluent comme dans d'autres régions et finissent même par envahir à leur tour les parties voisines. Dans ce cas elles méritent une description et une histoire spéciales, car elles constituent des maladies distinctes.

Le lipome, le fibrome, le sarcome, le myxome, le carcinome ont quelquefois cette origine ainsi que certains myomes.

Variétés. — 1° l>ipomes du cordon. — Curling a rapporté quelques exemples de cette variété de tumeurs du cordon ; depuis cette époque d'autres cas ont été publiés. Plusieurs sont figurés dans le Traité des tumeurs abdominales de Péan.

Cette variété de tumeurs est assez importante à étudier, car elle donne presque toujours lieu à des erreurs de diagnostic ou à des difficultés opératoires.

Développée aux dépens des quelques éléments graisseux disséminés dans le cordon, cette graisse pathologique peut former un amas unique, ou au contraire plusieurs amas disséminés (fig. 90, 91). Presque toujours mamelonnés et constitués par des lobules unis les uns aux autres par des tractus ou des cloisons fibreuses, ces paquets graisseux

englobent en partie les éléments du cordon dont ils sont difficilement séparés pendant la dissection.

Leur volume est variable ; mais quand ils augmentent ils forment une masse arrondie ou allongée, placée sous la peau, en avant du cordon. Celte masse mobile, molle, presque fluctuante et légèrement mamelonnée, simule souvent les hernies épiploïques.

Curling insiste principalement sur cette apparence trompeuse qui les fait confondre avec les hernies épiploïques. Cependant le cordon

intra-abdominal, plongeant derrière la paroi de l'abdomen, qui caractérise les épiplocèles, manque toujours dans le lipome. Chez les sujets gras il peut être difficile de vérifier cette absence de cordon épiploïque.

Le testicule est toujours reconnaissable situé eu bas et en arrière, quand la tumeur descend à son niveau. Souvent il est masqué par la tumeur qui le déborde de tous côtés ou seulement en arrière. Si celle-ci ne remonte pas dans le canal inguinal, il est facile de trouver sa limite supérieure, sous forme d'une masse arrondie, qui ne se prolonge nullement dans l'abdomen. La constatation de cette limite per-

LIPOMES DU CORDON.

met de faire le diagnostic avec l'épiplocèle surtout quand elle est irréductible.

Quand ces lipomes envoient des prolongements dans le canal inguinal, on ne peut souvent sentir leur limite supérieure du côté de l'abdomen. Dans un cas de Brossard, la tumeur avait grossi surtout dans la cavité abdominale.

Il peut arriver que le volume du lipome varie avec la position du malade. Curling cite un fait dans lequel la position debout et surtout la constipation étaient la cause d'une augmentation de volume, celle-ci cessait dans la situation couchée.

Mais ce qui trompe le plus souvent c'est l'apparition de phénomènes intestinaux, simulant ceux de l'étranglement. Quand ces phénomènes coïncident avec la tumeur et surtout quand celle-ci est légèrement douloureuse, la méprise est difficile à éviter. Aussi plusieurs lipomes ont été opérés ou enlevés par des chirurgiens qui croyaient être en présence de hernies épiploïques ou entéro-épiploïques étranglées.

Heureusement ces erreurs sont rares, car le plus souvent la tumeur est limitée à la région du cordon, distincte du testicule et éloignée du canal inguinal dans lequel elle n'envoie aucun prolongement.

Une pièce de ce genre se trouve au musée des chirurgiens de Londres (1). Le lipome est situé au milieu des éléments du cordon auxquels il adhérait faiblement; sa forme est ovoïde, il a 12 centimètres de longueur. Il consiste dans un certain nombre de lobes de graisse molle, intimement unis entre eux par des cloisons minces de tissu cellulo-adipeux.

Un autre cas signalé par Cloquet (2) et trouvé sur le cadavre, est de même nature.

Quelquefois le lipome n'est pas pur, mais se trouve mélangé avec d'autres éléments, notamment du myxome. Ce mélange donne à la tumeur un aspect spécial qui rappelle celui de la gélatine. Cette composition variée peut expliquer la récidive de tumeurs qualifiées lipomes purs; on a signalé quelques exemples de cette variété.

Il en fut ainsi dans une observation publiée par Curling, qui vit survenir deux récidives dans la même région, après l'ablation d'une grosse tumeur graisseuse du cordon. Il s'agissait probablement d'un myxolipome.

(1) Curliug, Trad. fr., p. 662.

(,2) Cloquet, Recherches sur les causes et l'anatonde des hernies abdominales, p. SC. Thèse Paris, 1817.

Le diagnosiic du lipome du cordon est très difficile, il est presque toujours confondu avec une épiplocèle irréductible, mais nous avons vu plus haut la façon d'éviter l'erreur.

Il simule aussi souvent le varicocèle, surtout quand son volume augmente par la station debout. Cependant la réductibilité du varicocèle,. et la sensation spéciale qu'il donne à la palpation empêchent, le plus, souvent, la confusion. On ne doit pas oublier que la compression pratiquée au niveau de l'anneau inguinal fait gonfler les veines du cordon.

Plusieurs fois une fausse fluctuation due à la mollesse du lipome l'a fait prendre pour une hydrocèle. La ponction peut lever les doutes. Curling conseille, dans les cas douteux, de faire une incision, d'ouvrir la coque fibreuse de la tumeur, et ensuite de continuer l'opération en la décortiquant.

Uablation de ces tumeurs doit toujours être entreprise de bonne heure, à cause du volume souvent considérable qu'elles peuvent atteindre. Wilms (1) cite un lipome du cordon du poids de 20 livres. Gascoyen (2) en a vu un de 13 livres; celui de Brossard pesait 9 livres.

11 est quelquefois possible de décortiquer la tumeur et de l'enlever sans endommager les éléments du cordon; mais quand le lipome est volumineux la séparation est impossible. Souvent aussi le testicule et la vaginale sont tellement englobés dans la partie inférieure de la production graisseuse, que la castration devient indispensable. Le pédicule de la tumeur correspond alors à la partie supérieure du cordon et est constitué presque exclusivement par cet organe. On doit le traiter comme dans la castration simple.

Curling enleva un lipome énorme du volume d'un melon qui envoyait un prolongement dans le canal inguinal ; il adhérait tellement aux éléments du cordon que celui-ci dut être enlevé avec lui..

Déguise (3) a présenté à la Société de chirurgie un gros lipome qui avait nécessité une incision de plus de 30 centimètres, pour qu'on pût pratiquer la décortication et l'ablation.

2° Tumeurs iliTerBe.s rtu cordon. — Myxomes, sarcomes, carcinomes, etc. — A part le lipome, il est difficile de faire une histoire complète et appuyée sur des preuves suffisantes, des autres tumeurs primitivement développées dans le cordon.

La plupart des tumeurs décrites avant la période actuelle, alors.

(1) Cité par Mollière, art. Testicule, Dict. encyclopédique des se. méd.

(2) Id.

(3) Bulletin et mém. de la société de ch., t. IX.

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