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CASTRATION. — MANUEL OPÉRATOIRE

autre plaie opératoire ou accidentelle, sans qu'il soit nécessaire, pour expliquer sa production, de mettre en cause tel ou tel procédé de ligature du cordon.

Il est non moins certain que l'on a beaucoup exagéré la fréquence de Yhémorrhagie, plus fréquente, suivant quelques chirurgiens, à la suite de ligature en masse. Nous croyons, pour notre part, que, celle-ci étant bien appliquée, avec les précautions que nous avons dites, l'accident ne sera pas à craindre; il ne peut survenir que si la constriction est incomplète ou insuffisante. On sait, d'ailleurs, que la ligature isolée ne met pas elle-même sûrement à l'abri de l'hémorrhagie secondaire.

Pour ce qui est de Vinflammation du cordon, on nous permettra de n'y pas insister. Cette complication ne se produira pas ou, du moins, ne présentera aucun caractère de gravité, si l'on s'astreint à la stricte application des soins antiseptiques qui sont aujourd'hui de rigueur. Elle ne peut, du moins, être imputée qu'à telle ou telle négligence de l'opérateur, et non à la nature du fil employé, ou au procédé de ligature mis en usage.

b. Ligature isolée. — La ligature isolée consiste, ainsi que son nom l'indique, dans la découverte successive de chacun des vaisseaux du cordon, saisis et liés l'un après l'autre.

L'opération peut être conduite de diverses façons. Les uns conseilfent de dénuder isolément chacun des vaisseaux et de les lier avec beaucoup de soin, avant d'en pratiquer la section. D'autres commencent par faire étreindre le cordon par un aide, entre le pouce et l'index, ou au moyen d'une pince solide, coupent ensuite entre le point saisi et la tumeur, et placent des ligatures sur les vaisseaux qui saignent.

Le premier de ces procédés est lent et minutieux; le second expose à quelque oubli et peut laisser place à un écoulement sanguin gênant, sinon dangereux, au moment où la pression est supprimée.

Une bonne manière de faire, qui est, à peu de chose près, celle déjà recommandée par Boyer, est la suivante. Le chirurgien, saisissant le cordon de la main gauche et le soulevant, se met en devoir de le sectionner à petits coups de bistouri transversalement portés. Chaque fois qu'un vaisseau est ouvert, il se hâte de le prendre dans les mors d'une pince, et poursuit son opération. En procédant ainsi lentement et avec soin, tous les vaisseaux sont sûrement et rapidement saisis. Il ne reste plus, la section complètement achevée, qu'à remplacer les pinces hémostatiques par autant de ligatures.

Si par suite de la brièveté du cordon, ou de son infiltration, ou

pour une raison quelconque, le fil ne pouvait être appliqué facilement et en bonne situation; ou si les tissus paraissaient céder sous la pression du lien, les pinces pourront être laissées à demeure pendant quarante-huit heures.

Lorsque l'on a cru devoir, avant de rechercher les artères, se débarrasser de la tumeur par section préalable du cordon, il est bon, en même temps qu'on serre ce dernier entre les doigts pour arrêter l'hémorrhagie, de le traverser avec un ténaculum pour s'opposer à sa rétraction. B. Bell cite deux cas où la mort survint par hémorrhagie à la suite de cette réascension du cordon, se produisant avant que les artères ne fussent toutes complètement traitées. Curling qui rappelle ces faits ajoute que pareille complication ne devrait jamais se produire; car il sera toujours facile de fendre le canal inguinal pour aller chercher les vaisseaux qui saignent.

Il sera parfois nécessaire de lier le canal déférent, car la petite artère quil'accompagne lui est tellement unie qu'on ne peut l'isoler facilement.

La ligature des veines a été également recommandée non qu'elles soient privées de valvules, comme l'ont affirmé certains auteurs, mais parce que ces valvules opposent rarement, surtout dans les cas pathologiques, un obstacle suffisant au retour du sang. Cette ligature est plus nécessaire encore lorsque les veines sont variqueuses (varicocèle).

Ces distinctions ont moins d'importance si l'on se conforme à la pratique que nous conseillons, et qui peut se résumer en un mot: couper lentement et lier tout ce qui saigne.

On n'en est plus aujourd'hui à reprocher à la ligature isolée le nombre plus ou moins considérable de fils que l'on est obligé de laisser dans la plaie. Le fait, depuis l'emploi des ligatures aseptiques, est sans importance.

La ligature isolée des vaisseaux du cordon est donc de bonne pratique. On ne peut nier cependant qu'elle ne constitue une opération plus délicate que la ligature en masse et qu'elle ne réclame un peu plus d'habileté, ou, si l'on veut, d'habitude chirurgicale.

Elle pourra être préférée dans les cas où le cordon sera volumineux ; et encore avons-nous vu que, même alors, on peut avoir recours à la ligature dite en masse, à condition de diviser la partie en plusieurs tronçons.

En somme, nous ne voyons aucune raison majeure qui permette de considérer l'un des procédés comme décidément supérieur à l'autre. C'est affaire, dirions-nous volontiers, de goût et de tempérament chirurgical.

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