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CASTRATION. — PANSEMENT

diamètre, étaient serrés l'un contre l'autre à l'aide d'un davier ; ces pinces tombèrent d'elles-mêmes le cinquième jour. Il est évident que les pinces à forcipressure ordinaires remplaceraient avantageusement ces plaquettes, s'il était nécessaire d'y avoir recours.

Tous ces procédés, et d'autres encore que nous passons sous silence, n'offrent en somme, sur la ligature, aucune réelle supériorité; du moins doivent-ils être réservés pour les cas exceptionnels, auxquels nous faisions allusion plus haut, dans lesquels la ligature est jugée impossible.

3^ temps : Pansement. — Lorsque l'hémostase est parfaite, non seulement au niveau du cordon, mais sur toute la surface de la plaie, on procède à la réunion. Celle-ci ne doit être entreprise que lorsque aucun point ne donne plus lieu au moindre écoulement sanguinolent.

La meilleure suture sera certainement la suture entrecoupée, au catgut ou au crin de Florence, en ayant soin de placer les points assez près les uns des autres et surtout de bien affronter les bords de la peau. Cet affrontement est souvent très difficile à obtenir, à cause de la tendance qu'ont les lèvres de la plaie à se recroqueviller, grâce à l'élasticité et à la contraction du scrotum.

L'un de nous a essayé, dans deux cas, un mode de suture qui a donné des résultats parfaits. Il consiste à faire un plan de sutures espacées avec un fil double dont l'anse embrasse la peau d'un côté, tandis que le nœud est fixé du côté opposé. Dans ces conditions les parties saignantes sont rapprochées en surface et la plaie forme une ligne saillante en avant. Quelques points de suture superficiels achèvent de mettre en contact les bords de la peau, là où il y a entrebâillement.

Lorsque la plaie est étendue, on place un tube à drainage court à l'angle supérieur, et un plus large occupant les deux tiers de la plaie profonde à l'angle inférieur. Ils doivent être assez gros, car le suintement séro-sanguin est souvent abondant, au début, et obstrue facilement les petits tubes.

Un pansement occlusif, absorbant et antiseptique, est placé sur tout le scrotum, le périnée, le pénis et la racine des cuisses ; il est maintenu au moyen d'un double spica de l'aine. Une certaine constriction est utile pour bien immobiliser les parties.

La nature du pansement variera suivant les habitudes et le goût de l'opérateur. On aura seulement soin, à cause de la grande sensibilité delà peau du scrotum, d'éviter l'emploi de toute substance irritante.

Il nous a semblé, par exemple, que la gaze phéniquée dite de Lister, que le pansement au sublimé ou à l'acide phénique, même en solution au 1/40, doivent être, pour cette raison, rejetés. Nous nous sommes toujours bien trouvés de l'application de quelques doubles de gaze à l'iodoforme, recouverts d'ouate antiseptique en couche épaisse. Certains auteurs recommandent de toujours recouvrir la peau d'un large morceau de silk protective. D'autres préfèrent, pour assurer la protection de la peau, couvrir la surface du scrotum d'une légère couche de vaseline aseptique.

Ce pansement doit ordinairement être renouvelé au bout de quarante-huit heures; les tubes sont raccourcis et la réunion est parfaite au bout de huit à dix jours.

De la castration dans certains cas spéciaux ou compliqués (ectopie, hernie concomitante). — L'ablation du testicule ne s'effectue pas toujours dans les conditions favorables que nous avons supposées jusqu'ici.

Certaines particularités, accidentelles ou pathologiques, propres à la région, peuvent rendre l'opération plus difficile ou plus périlleuse. Nous ne les passerons pas toutes en revue.

Nous avons déjà vu dans un chapitre spécial quelles sont les indications qui peuvent résulter de l'existence d'une ectopie inguinale. Nous ajouterons seulement qu'en pareil cas, en raison de l'élat des parties, la ligature en masse du cordon doit être évidemment le procédé de choix.

Nous insisterons surtout sur la gêne qui peut résulter de la présence d'une hernie inguinale.

Nous trouvons un exemple intéressant de cette difficulté dans la thèse de notre excellent confrère le D'' Freulet. Le fait est emprunté à la pratique de Dolbeau. Il s'agissait d'un jeune homme atteint d'une tumeur du testicule, au-dessus de laquelle sortait un morceau d'épiploon avec une anse intestinale. Avant de lier le cordon on s'appliqua à refouler l'intestin en haut; le cordon fut coupé avec une portion de l'épiploon, dont l'extrémité fut laissée dans la plaie. La guérison se fit sans encombre (1).

On trouverait facilement dans les auteurs des cas analogues. Boyer (2) fait mention de ce danger de la castration ; il conseille de réduire autant que possible la hernie avant d'opérer.

(1) Freulet (A. -S.), Quelques réflexions à propos d'un cas de castration compliquée de fiernie inguinale. Thèse de Paris, 1874, u" 333.

(2) Boyer (J.-B.), Traité des mal. chirunj., Paris 1825, iu-8°, t. X, p. 272.

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