‹ Traité des maladies du testicule et de ses annexesChapitre 121 sur 126 · CASTRATION. — (HERNIE CONCOMITANTE · texte numérisé non relu

CASTRATION. — (HERNIE CONCOMITANTE

E. Home raconte, en ces termes, un incident dont il a été témoin : <( L'opération étant terminée (ablation d'un testicule cancéreux) le malade fut pris d'une quinte de toux, et, au grand effroi du chirurgien, l'appareil fut chassé par plusieurs anses d'intestin grêle qui s'échappaient au dehors. On reconnut ainsi que le malade avait une hernie dont l'issue avait été empêchée par le testicule tuméfié qui agissait à la façon d'un brayer. »

Cuiiing, en rapportant ce fait, ajoute qu'il lui est arrivé, à lui-même, en enlevant un testicule cancéreux très gros, d'ouvrir, au moment où il coupait le cordon, un sac herniaire qui contenait une portion d'épiploon et dont il ignorait l'existence (1).

Ces deux malades guérirent heureusement.

Malheureusement, à côté de ces faits heureux, il en est un grand nombre d'autres dans lesquels survinrent des accidents graves de péritonite, résultant de l'ouverture du sac.

Quand il s'agit de hernie inguinale vaginale ou congénitale, le danger est encore plus grand, puisque la vaginale testiculaire sert d'enveloppe à la hernie. Il sera donc impossible, en pareil cas, d'enlever le testicule sans ouvrir le péritoine.

Quelle que soit, du reste, la variété de hernie à laquelle on ait affaire, deux cas peuvent se présenter : ou bien la hernie (intestin ou épiploon) est réductible ; ou bien elle est irréductible et plus ou moins adhérente aux parties contenues dans le scrotum.

Le premier cas est évidemment le plus favorable. Les organes sortis, reconnus à temps, sont réduits primitivement, ou seulement au cours de l'opération, et ne risquent pas, par conséquent, d'être blessés. On n'aura plus à se préoccuper, dans le cas de hernie non congénitale, que de l'ouverture possible du péritoine. Si cet accident survient, il faudra redoubler de précaution dans les soins antiseptiques d'usage; le plus souvent, la péritonite pourra être ainsi, presque à coup sùr, évitée.

Il sera de bonne pratique, lorsque le sac herniaire aura été ouvert, de chercher à fermer la séreuse au niveau du collet. Cette oblitération s'obtient, soit au moyen de sutures en capitonnage, adossant les surfaces séreuses, soit par la ligature du collet, préalablement disséqué par sa face externe. Nous donnons la préférence à ce dernier procédé toutes les fois qu'il sera praticable ; non seulement on met ainsi le péritoine à l'abri dé toute infection, mais on donne du même coup au malade le bénéfice de la cure radicale de sa hernie.

(1) Curling, Traité, etc., trad. franc., p. 51G. ftlo.^oD HT Terrillon.

Si la hernie est irréductible, le cas est plus embarrassant. On pourra tout d'abord essayer de poursuivre et d'achever l'opération sans intéresser le sac, et, par conséquent, sans autrement s'occuper de la hernie. Le plus souvent pareille ligne de conduite sera impossible à suivre; on risque de toucher involontairement au sac et de blesser les parties contenues. Mieux vaut assurément l'ouvrir de propos délibéré, exanàiner les causes d'irréductibilité et se comporter suivant les circonstances.

Nous nous contenterons de ces brèves indications. Traiter ce point avec détail serait aborder l'histoire de la cure radicale des hernies.

Indications de la castration. — 11 nous semble bien inutile d'énumérer ici à nouveau les divers cas dans lesquels la castration peut ou doit être appliquée. Nous avons eu soin, au cours des chapitres précédents, de montrer dans quelles circonstances, pour des afTections très diverses du testicule (ectopie, traumatisme, hématocèle, tuberculose, névralgie, tumeurs du testicule, de la vaginale et du cordon, etc.), l'ablation de l'organe peut devenir nécessaire. Reprendre cette étude, même sous uue forme résumée, serait s'exposer fatalement à des redites.

Nous nous contenterons de mentionner ici certaines indications de la castration dont nous n'avons pas eu précédemment occasion de parler.

Il peut arriver, par exemple, que le canal déférent, perdu dans les enveloppes d'une hernie, ayant été, au cours d'une opération de cure radicale, sérieusement blessé ou complètement coupé, la question se pose de savoir ce qu'il convient de faire du testicule correspondant. Certains chirurgiens n'ont pas hésité à pratiquer, séance tenante, l'ablation de l'organe ainsi mutilé.

Nous nous demandons si ce sacrifice est vraiment nécessaire. Nous avons montré plus haut (voy. Spermatocèle) comment des recherches expérimentales multiples ont établi que le testicule dont le canal déférent a été lié ou sectionné ne subit, chez les animaux du moins, que peu ou point d'altération. S'inspirant de ces faits, l'un de nous s'est, dans un cas récent, contenté de jeter sur le canal déférent, coupé dans une opération de cure radicale de hernie, une ligature fortement serrée. Le malade, revu trois mois plus tard, ne présentait du côté de la glande aucun trouble appréciable à l'œil ou au doigt. Nous devons ajouter que cet homme avait dépassé la cinquantaine ; peutêtre que, chez un sujet plus jeune, les choses ne se fussent pas passées avec autant de calme. Nous avons vu, d'autre part, que si même il se produisait, pendant les premiers jours qui suivent l'opération, une tu-

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