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HYDROCÈLE CONGÉNITALE

combé à des accidents puerpéraux, et l'on peut se demander si, dans ce cas, comme dans ceux de Lorain, dont nous faisions mention plus haut (1), l'épanchement vaginal n'était pas la conséquence et la manifestation extérieure d'une péritonite préexistante et méconnue.

Il n'en était certainement pas ainsi, dans une intéressante observation, recueillie par M. LetuUe dans le service du professeur Parrot (2). La coexistence d'une vaginalite suppurée et d'une péritonite aiguë généralisée fut constatée à l'autopsie. Mais, en tenant compte de l'âge de l'enfant, mort cinq semaines après sa naissance, de l'intégrité absolue de la cicatrice ombilicale et des vaisseaux ombilicaux en partie déjà oblitérés, de l'absence d'érysipèle — toutes circonstances qui accompagnent fréquemment la péritonite chez les nouveau-nés — on était autorisé à chercher le point de départ de la péritonite dans l'inflammation de la tunique vaginale, provoquée elle-même par l'existence d'une hydrocèle congénitale, qui exposait la partie à des froissements continuels.

M. Letulle se demande même si, parmi les cas recueillis par Lorain, certains ne devraient pas être interprétés de la sorte.

Pronostic et traitement. — Lorsque l'hydrocèle congénitale apparaît peu de temps après la naissance, elle offre une tendance naturelle à la guérison spontanée.

Le trajet de communication entre le péritoine et la vaginale s'oblitère d'abord ; et, ce premier point obtenu, le liquide ne tarde pas à se résorber de lui-même.

Tous les efforts du chirurgien doivent donc tendre à provoquer la fermeture du canal péritonéo-vaginal, qui, chez le nouveau-né, peut se faire spontanément.

L'emploi d'un bandage, maintenu en place nuit et jour, qui applique exactement l'une contre l'autre les parois du canal, est le meilleur moyen que l'on puisse employer, pour essayer d'arriver à ce résultat.

On devra toujours y avoir recours, tout d'abord, et avec persévérance. Curling, Bryant et d'autres ont, dans un grand nombre de cas, chez de tout jeunes sujets, vu se produire une guérison durable.

Chez des enfants plus âgés et, à plus forte raison, lorsque l'hydrocèle apparaît chez l'adolescent ou chez l'adulte, l'action du bandage est ordinairement insuffisante et l'on ne peut plus compter sur la guérison spontanée.

(1) Voy. Vaginalite, p. 136.

(2) Letulle (M)., Bull, de la Soc. anatomique. 1875. 3" série, t. X, p. 109.

MoNOD ET Terrillon. i'6

Les auteurs se sont avec raison préoccupés, au point de vue de la conduite à tenir en pareil cas, des relations étroites qui, dans l'hydrocèle congénitale, unissent la cavité vaginale au péritoine.

Mais cette considération les a conduits, suivant la façon dont ils ont envisagé la quastion, à des conclusions diamétralement opposées.

Les uns, craignant que les procédés de la méthode irritative, employés pour le traitement de l'hydrocèle ordinaire, ne provoquent par propagation une inflammation grave du péritoine, repoussent toute tentative de cure radicale. Les autres, considérant surtout les dangers qui peuvent résulter de la persistance de la communication péritonéovaginale, conseillent au contraire de poursuivre, presque à tout prix, une guérison rapide.

La vérité nous parait être entre ces deux extrêmes. Sans aller jusqu'à dire que l'existence d'une hydrocèle congénitale constitue, pour celui qui en est porteur, un péril certain, il nous suffît qu'elle puisse ouvrir la voie à certaines complications fâcheuses (étranglement herniaire, péritonite), pour que nous admettions qu'on doive chercher à en obtenir la disparition.

On a, d'autre part, singulièrement exagéré les dangers d'une intervention active.

On s'adressera cependant, de préférence, et particulièrement chez les enfants, aux procédés les plus simples, à ceux qui ont été recommandés, comme nous le verrons dans un instant, pour la cure de l'hydrocèle infantile (ponction simple, discision sous-cutanée, injection minime d'alcool etc.).

Chez l'adulte ou chez l'adolescent, ces procédés sont ordinairement insuffisants. On ne sera pas, pour cela, désarmé. Les injections irritantes ont été mises en usage avec succès et sans danger (Velpeau). On prendra la précaution cependant, pendant l'opération, d'établir, à l'aide de la main d'un assistant, une compression exacte sur le trajet inguinal, afin d'éviter le passage du liquide dans le péritoine.

On aura soin aussi, en vue de la propagation possible de l'inflammation au péritoine, de ne faire usage que de substances qui provoquent une inflammation modérée.

La teinture d'iode semble, à cet égard, particulièrement recommandable (Gosselin). Nous donnerions cependant la préférence au nitrate d'argent ou à l'acide phénique pur, qui, à l'avantage de provoquer une réaction peu intense, joignent, l'un et l'autre, celui de mettre complètement à l'abri de toute pénétration directe dans le péritoine ; le

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premier, à cause de l'état solide de la substance employée, le second, en raison de la petite quantité de liquide introduite.

Ajoutons que des observations récentes de Giommi, Arnison, Southam (1) montrent qu'en s'entourant de précautions antiseptiques suffisantes, on peut, même dans le cas d'hydrocèle péritonéo-vaginale, avoir recours, avec succès, à la méthode de l'incision large, avec excision partielle de la séreuse.

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