Mydrocèle infantile
L'hydrocèle infantile, qui doit être absolument distinguée de la variété précédente, n'est autre qu'une hydrocèle vaginale commune, sans communication avec la séreuse péritonéale, survenue chez de jeunes enfants.
Elle s'observe souvent à la naissance et apparaît, alors, vers le deuxième ou troisième jour de la vie (Tarnier). Elle peut n'être découverte que plus tard, au cours de la première ou de la deuxième année, soit qu'elle ne se développe, en effet, qu'à cette époque, soit qu'elle ait passée inaperçue jusque-là. Il faut noter cependant qu'elle est l'arement méconnue chez les nouveau-nés, toute altération de forme des parties génitales fixant habituellement, de bonne heure, l'attention des parents, en raison des soins de propreté auxquels les enfants sont nécessairement et constamment soumis.
La nature de l'affection est facilement reconnue. Le liquide épanché, d'un jaune très clair, ou presque incolore, distend modérément les bourses; assez, cependant, pour former une tumeur arrondie, nettement appréciable. La grande clarté du liquide et la minceur des tissus, chez l'enfant, font que la transparence est ordinairement des plus nettes.
La tumeur n'est réductible ni spontanément ni à la pression. Ce point est important à constater, puisque seul il permet de distinguer l'hydrocèle vaginale commune des nouveau-nés de l'hydrocèle congénitale ou péritonéo-vaginale.
Nous avons déjà dit les précautions minutieuses qu'il convient de prendre, en certains cas, pour s'assurer de l'existence d'une communication entre la vaginale et le péritoine, qui, faute d'un examen attentif, est souvent méconnue.
Cette recherche devra toujours être faite avec soin, avant d'entre-
(1) Obs. citées à l'Index bibl.
prendre le traitement de l'affection. M. Marjolin a rapporté à la Société de chirurgie (1), à propos de la discussion sur le traitement de l'hydrocèle des nouveau-nés, l'observation d'un enfant, opéré à l'aide d'un séton de fil de soie, qui succomba, dès le lendemain, à une péritonite suppurée. Il est certain que, dans ce cas, une communication, probablement étroite et difficile à reconnaître, existait entre la cavité vaginale et la séreuse péritonéale.
On ne saurait du reste trop insister sur ce point capital, que tous les moyens violents doivent être bannis de la thérapeutique de l'hydrocèle infantile; d'abord, parce qu'on n'est jamais fixé d'une façon absolument certaine sur les relations exactes que la collection affecte avec le péritoine ; en second lieu, et surtout, parce qu'il est péremptoirement établi que cette variété d'hydrocèle peut guérir, par les traitements les plus simples, et même spontanément.
Les accoucheurs ont, depuis longtemps déjà, signalé la fréquence de la disparition spontanée de l'hydrocèle des nouveau-nés. Les chirurgiens d'enfants ont confirmé ce fait, qui est aujourd'hui accepté de tous.
Il a été récemment encore mis en relief à la Société de Chirurgie par M. de Saint-Germain (2), qui a en même temps indiqué, au sujet du traitement de l'hydrocèle infantile, une ligne de conduite, généralement adoptée dans les hôpitaux d'enfants, et qui nous parait fort sage : abstention complète chez les enfants, au-dessous d'un an ; passé ce terme, employer des applications résolutives, dont la meilleure paraît être une solution saturée de chlorhydrate d'ammoniaque. L'action de ce liquide est légèrement irritante et suffit souvent à amener la disparition de l'épanchement.
Si les résolutifs échouent, et si l'hydrocèle prenant des proportions gênantes menace, en outre, de compromettre le développement du testicule, on peut et on doit intervenir d'une façon plus active.
Mais, alors encore, les moyens les plus simples seront les meilleurs. M. de Saint-Germain conseille d'avoir recours à l'injection iodée, ou mieux encore au procédé de Defer; il n'a jamais eu, de la sorte, aucun accident.
Bryant se contente de ponctionner la tumeur avec un trocart fin, mais, le liquide évacué, il a soin de promener plusieurs fois l'extrémité de l'instrument sur la surface interne de la cavité. La légère irritation qu'il produit ainsi assure, croît-il, la guérison.
(1) Marjoliu (R.), Bullet. de la Soc. de chirurgie, 1874, 3' sér., t. III, p. 354 et 367.
(2) De Saint-Germain, Bull, et Mém. de la Soc. de chirurgie, 1878, t. IV, p. 568.
HYDROCÈLE BILOCULÂIRE.
On pourrait encore mettre en usage l'un des procédés, qui se rattachent à la ponction simple et que nous avons mentionnés dans notre étude générale du traitement de l'hydrocèle : acupuncture, discision sous-cutanée, etc. Ces moyens, malheureusement, laissent souvent place à la récidive.
Pour notre part, nous accorderions la préférence à la méthode de Monod père (injection minime d'alcool) qui, si elle donne des résultats douteux chez l'adulte, semble être, chez l'enfant, d'une efficacité que nous avons souvent éprouvée. Elle est du moins exempte de tout danger.
Ce serait seulement si elle échouait que nous nous adresserions au procédé de Defer ou à l'un des nombreux agents irritants, conseillés pour le traitement de l'hydrocèle des adultes.