CORPS ÉTRANGERS. — ÂNATOMIE PATHOLOGIQUE
par suite de l'agrégation de plusieurs grains (Damaschino). Il est fréquent, mais non constant, de trouver sur ceux qui sont libres, en un point de leur superficie, une sorte de hile ou de dépression, qui représente le vestige de leur pédicule.
Leur coloration varie du blanc jaunâtre, rappelant celle de l'ivoire, au jaune d'ambre; leur apparence est celle du fibro-cartilage.
Ils en ont aussi la consistance. Le plus souvent fermes et élastiques, ils ont parfois, par suite d'une incrustation calcaire, la dureté de l'os. Dans le cas de Chassaignac, le corps extrait donna, au toucher, la sensation d'une fluctuation profonde. Nous verrons, en effet, dans un instant, que le centre de ces productions peut être occupé par une cavité.
Leur nombre est variable. On peut n'en rencontrer qu'un seul, ou bien en trouver plusieurs, quatre ou cinq, rarement plus.
Lorsqu'ils sont adhérents, leur point d'implantation est, dit-on, toujours sur le testicule, jamais sur le feuillet pariétal de la tunique vaginale. Ils siègent alors en certains lieux d'élection, et principalement sur l'hydiitide de Morgagni (Gosselin), ou au voisinage du sillon qui sépare le testicule de l'épididyme. Ils sont tantôt presque sessiles, tantôt suspendus à un pédicule plus ou moins long, ordinairement assez mince.
A. Cooper en a vu qui semblaient s'être développés dans des kystes situés à la surface du testicule, entre la vaginale et l'albuginée, le corps étranger étant comme suspendu à la surface interne de la cavité kystique.
D'autre part, ils seraient, d'après Reclus, alors qu'ils ont encore un petit volume, souvent cachés dans un véritable diverticule de la séreuse, à ouverture étroite. Lorsqu'on presse le corps pour le chasser de sa loge, il écarte le diaphragme de cette ouverture et apparaît, parfois libre déjà, parfois retenu encore par un pédicule.
Il est probable que cette disposition correspond à celle qui a été signalée par A. Cooper. Les cavités kystiques de ce dernier ne sont, saos doute, autre chose que les diverticules de Reclus, oblitérés.
Les corps étrangers de la vaginale s'accompagnent souvent d'un certain degré d'hydrocèle ; celle-ci est ordinairement peu intense. Il est très rare de les trouver dans les hydrocèles volumineuses (Virchow). Il peut très bien se faire que l'épanchement fasse absolument défaut.
Lorsqu'il existe;, le liquide qui le constitue est souvent sirupeux, il ressemble à de la chartreuse jaune ; cette coloration et cette consistance paraissant dues à des épanchements sanguins (Reclus).
Le même auteur fait remarquer qu'il est fréquent, dans ces hydrocèles, de trouver des brides néo-membraneuses allant d'une paroi à l'autre.
Lorsqu'on pratique sur ces petits corps une coupe qui les divise en deux parties (fîg. 22), on constate qu'ils sont formés à la périphérie de couches concentriques disposées autour d'une partie centrale.
Les couches périphériques sont constituées par une substance assez résistante ; elles sont souvent séparées, les unes des autres, par une ligne colorée, due à la présence d'une certaine quantité de pigment sanguin.
Au centre, existe soit une petite lacune contenant du liquide, soit un noyau solide. Celui-ci est
Fig. 22. — Corps étrau- simplement fibreux, plus souvent calcaire, pourvu ger de la vaginale i. - -ix r • i - i j
(d'après Virchow). '^^n d aspérités, parfois colore en brun par du
sang anciennement épanché.
La calcification peut s'étendre à toute la masse du corps étranger, qui prend alors l'aspect d'une petite pierre.
Les études histologiques de Lebert et de Malassez ont fait le jour sur la structure exacte des corps étrangers de la vaginale.
Ils paraissent essentiellement constitués par un tissu fibreux amorphe, analogue à celui de la cornée, dans lequel on distingue des fentes parallèles les unes aux autres; dans les fentes on découvre soit des cellules à noyau allongé, soit une simple petite ligne granuleuse. On n'y trouve point de vaisseaux. Cette structure est celle des fibromes lamelleux (Cornil et Ranvier) ou cornéens (Rindfleisch).
La substance fondamentale est disposée en couches concentriques autour du noyau central. Celui-ci, d'ordinaire plus résistant, se présente sous forme de masses amorphes, dures, anguleuses et offre l'aspect habituel des tissus calcifiés. Traitées par l'acide acétique ou chlorhydrique faibles, ces masses font effervescence ; les sels calcaires disparaissent, et, sur la préparation éclaircie, on constate l'identité absolue de la partie centrale et de la partie périphérique. L'une et l'autre paraissent constituées par un tissu d'apparence homogène, disposé en couches concentriques.
Nous avons vu, au reste, que la partie périphérique peut, elle aussi, être infiltrée de sels calcaires. Lorsque cette transformation se produit, ceux-ci se déposent dans la substance fondamentale, sous forme de fines granulations qui, en se soudant ensemble, constituent bientôt