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CORPS ÉTRANGERS. — PATHOGÉNIE

une véritable pétrification. Tantôt toute la masse du corps est ainsi atteinte, tantôt la dégénérescence calcaire occupe seulement quelques-unes des couches.

11 est ordinaire de rencontrer dans la vaginale, en même temps que les corps étrangers libres, des plaques cartilaginiformes saillantes, d'un blanc opalin, résistantes au toucher, qui ont exactement la même structure. Celle-ci ne se modifie que dans la partie profonde de la plaque ; la substance fondamentale devient fibrillaire, des vaisseaux venus des tissus sous-jacents la pénètrent; la plaque entre ainsi, peu <\ peu, en continuité de tissu avec la séreuse.

Il résulte cependant de son indépendance relative qu'elle peut être assez facilement décortiquée.

11 faut absolument distinguer de ces plaques cartilaginiformes et, par conséquent, des corps étrangers, qui en dérivent sans doute, certains épaississements, d'origine évidemment inflammatoire, que l'on peut, en même temps, rencontrer dans la vaginale.

Ces trois oi dres de productions — corps étrangers, plaques cartilaginiformes, épaississements inflammatoires — se trouvaient réunis dans un cas bien étudié par M. Malassez, auquel nous empruntons la plupart de ces détails de structure.

Cet auteur a fort bien montré que ces épaississements qui, sur sa pièce, se montraient surtout au niveau du testicule, étaient formés par du tissu fibreux ordinaire, à cellules étoilées et anastomosées ; qu'ils se continuaient, sans ligne de démarcation sensible, avec l'albuginée, et ne pouvaient, par conséquent, pas être décortiquées comme les plaques cartilaginiformes. Ils se distinguent encore de celles-ci, par ce point, qu'ils sont parcourus par des vaisseaux évidents.

Nous insistons sur ces faits, en raison des conséquences que nous auronsà en tirer, au point de vue de la pathogénie des corps étrangers de la vaginale.

Pathogénie. — Nous ne signalerons, que pour mémoire, les théories anciennes qui n'ont plus aujourd'hui qu'une valeur historique.

Il est, en effet, inutile de discuter actuellement l'opinion d'Ambroise Paré qui considérait ces corps comme une concrétion spontanément formée aux dépens des liquides de la vaginale, opinion reproduite et adoptée plus lard par Larrey.

Il en est de même des interprétations de Hunier, puis de Velpeau, pour qui ces productions résultaient de la transformation d'un épanchement sanguin.

A. Cooper avait vu plus juste. Il avait remarqué que, dans certains

cas du moins, leur point de départ était évidemment la vaginale ellemême. D'abord pédiculés et adhérents, ils devenaient libres, plus tard, par rupture du pédicule.

Cette opinion est aujourd'hui universellement adoptée.

De plus, comme A. Cooper lui-même était porté à le croire, on admet, en général, que l'origine de ces productions doit être rapportée à une inflammation ancienne de la vaginale.

On les voyait, en efTet, coïncider avec des lésions dénature manifestement inflammatoire, liquide épanché, brides pseudo-membraneuses, et enfin plaques fibreuses, analogues aux plaques d'arachnitis et de péritonite partielle.

C'est aux dépens de ces plaques que se formeraient les corps, sessiles d'abordj pédiculés ensuite, puis flottants, de la vaginale.

Cette hypothèse est admissible: il en est une autre cependant qui pourrait être soutenue et, croyons-nous, avec plus de raison.

Nous avons montré, en efi"et, en nous appuyant sur les recherches de M. Malassez, qu'à côté des plaques fibreuses, d'origine inflammatoire, on pouvait rencontrer dans la vaginale des plaques cartilaginiformes, de structure ou de nature toute difl'érente.

Le même fait peut être observé dans le péritoine et dans l'arachnoïde.

Les premières prennent naissance dans l'épaisseur de la séreuse et aux dépens de ses éléments conjonctifs. Les secondes semblent constituées par une hyperplasie endothéliale, se formant spontanément, ou sous des influences encore mal connues.

Il nous parait probable que, comme les corps étrangers articulaires, comme les papillomes séreux de l'arachnoïde ou du péritoine, les corps sessiles ou flottants de la vaginale peuvent être considérés comme des productions néoplasiques primitives, pouvant donner naissance, par voie d'irritation, aux lésions ordinaires de la vaginalite.

Les plaques fibreuses, l'exsudat liquide ou fibrineux, les adhérences ne seraient donc, dans cette hypothèse, que des phénomènes consécutifs ou secondaires.

Cette manière de voir est celle qui tend à prévaloir, aujourd'hui, pour les corps étrangers articulaires et les papillomes séreux de l'arachnoïde.

Il n'y a rien d'irrationnel à supposer que, dans la vaginale comme dans les autres séreuses, puissent se développer primitivement des végétations papillaires, formées aux dépens du revêtement épithélial, qui déterminent secondairement, autour d'eux, des lésions inflammatoires.

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