ORCHITE DE LA VARIOLE
Dans un cas, le testicule était volumineux, induré, avec œdème des bourses ; il y avait donc orchite parenchymateuse. De l'autre côté, la vaginalite était caractérisée par un épanchement considérable, qui a disparu rapidement.
Dans les deux autres cas, l'autopsie montra une lésion siégeant à la queue de l'épididyme. La séreuse était à ce niveau couverte d'exsudats jaunâtres ; il y avait à peine de liquide dans la cavité.
Une induration manifeste existait sur la queue de l'épididyme; cet amas de matière jaunâtre était développé surtout autour des canaux, elle était très visible sur des coupes. Au microscope, on constatait que la paroi était hypertrophiée, par prolifération du tissu conjonctif. Le contenu des tubes était graisseux.
La thèse de Taneril (1) contient aussi des observations intéressantes.
L'orchite ou vaginalite varioleuse se traduit par une douleur testiculaire spontanée et réveillée surtout par la pression. L'état grave des malades empêche souvent de reconnaître cette petite complication. Il faut donc procéder à une recherche spéciale pour la trouver.
Elle est ordinairement unilatérale, passagère, durant à peine quelques jours et ne laissant aucune trace sérieuse ni aucune lésion permanente (Béraud).
Dans la presque totalité des cas, en effet, l'orchite varioleuse se itermine par résolution. La persistance de l'épanchement ou la supipuration n'auraient été jamais observées d'après Hardy.
Il existe cependant une observation, due à Ricord, de vaginalite suppurée survenue au cours d'une variole (2). Parfois aussi, il reste un noyau dur au niveau de la queue de l'épididyme.
On ne connaît pas de troubles momentanés ou permanents apportés à la fonction du testicule par cette complication. Il s'agit ici probablement d'une infection spéciale de la vaginale, de l'épididyme et du testicule, analogue à celle produite par d'autres maladies générales. Mais cette manifestation du virus variolique est assez bénigne, et ne mérite qu'une attention limitée, à cause de son peu d'importance mise en regard de la maladie générale.
Giraud (3) a cherché à montrer que l'orchite peut survenir à la suite de la vaccination comme une sorte de métastase succédant à 'l'inflammation produite par la pustule vaccinale ; mais la démonstra-
(1) Thèse de Paris, 1872.
(2) Vulnot, De la vaginalite suppurée. Thèse de Paris, 1876, p. 14.
(3) Mém. de méd. miltt., 1882, t. XXXVIII, p. 180.
tion de ces faits n'est pas assez rigoureuse pour que nous nous y arrêtions.