SYPHILIS DU TESTICULE CHEZ L'ENFANT
tluencedu mercure et de l'iodure de potassium : aussi, le présentateur n'hésite pas à croire qu'il s'agit là d'une petite tumeur syphilitique de l'épididyme d'origine congénitale. C'est le seul cas qui ait été signalé jusqu'à présent.
La maladie peut même remonter ou se localiser au delà de l'épididyme, sur le cordon, ainsi que Lancereaux (l) et Broca (2) en ont donné un exemple.
Nous ajouterons que pour plusieurs auteurs cette affection se trouve souvent combinée à des altérations semblables du côté du testicule.
§ 4. — Syphilis du testicule chez l'enfant.
L'histoire de la syphilis du testicule chez l'enfant nouveau-né est encore toute récente, et ce n'est que vers l'année 1862 que North (3) en signale un premier cas. Il trouva chez un enfant de quatorze mois, né de parents syphilitiques et couvert d'une éruption spécifique, le testicule gauche gros comme un œuf de pigeon, lourd et non douloureux à la pression. Sous l'influence d'un traitement mixte, le testicule diminua et redevint normal au bout de quatre à cinq semaines.
Depuis cette époque d'autres auteurs ont publié des observations de même genre, principalement en Angleterre : Thomas Bryant (4), Henning (5), Lewin ((>), Henoch (7).
Mais le travail le plus important sur le sujet est celui qui a été publié par M. Hutinel (8). C'est à lui que nous emprunterons les principaux détails de cette description. Son mémoire s'appuie sur un assez grand nombre d'observations prises à l'hôpital des enfants et suivies d'examens microscopiques très complets.
Le scrotum est ordinairement sain ; lorsqu'on le palpe avec soin, on trouve le testicule augmenté de volume, puisqu'il peut atteindre depuis les dimensions d'une noisette jusqu'à celles d'un œuf de pigeon. Il est dur, pesant, non douloureux à la pression.
L'épididyme est intact à sa surface.
Ordinairement l'examen à l'œil nu de ce testicule, après une section transversale de son parenchyme, ne démontre rien d'apprécia-
(1) Lancereaux, Traité de la syphilis, 1866.
(2) Loc. cit.
(3) North, Med. Times and Gazette, 1862, 1. 1, p. 403.
(4) Th. Bryant, Med. Times and Gaz., 1863, t. II, p. 614 {Guy's Hospital). Ua ca?.
(5) Henning, Jarbuch fur Kinder Krankheiten, 1872.
(()) Lc^'in, Berlin, h'linische Wochens., 13 A., n" 2, 3, 10, 17, janv. 1876.
(7) H9uooh, Société méd. de Berlin {Berlin, klin. Wochens., 1877, n» 33, p. 483!.
(8) Hutinel, Revue mens, de méd. et de chir., 1878.
ble, si ce n'est une congestion intense et l'aspect charnu du tissu.
Mais l'examen microscopique fait bientôt reconnaître des lésions assez nettes.
Dans les cas récents, on constate de petits amas de cellules embryonnaires accumulées le long des travées fibreuses et surtout le long des vaisseaux. Il est probable qu'il s'agit là de petites gommes embryonnaires. Les tubes séminifères sont intacts au début. Il existe donc ici une prolifération interstitielle bien évidente.
Plus tard les tubes séminifères sont atteints également. Les parois s'épaississent et rétrécissent ainsi le calibre central. C'est par ce mécanisme que se produit petit à petit l'atrophie de ces tubes, qui sont transformés en filaments fibreux.
Les lésions que nous venons de décrire sont disséminées dans toute la glande et ont une marche assez régulière. Ces deux caractères les différencient de celles qui se développent chez l'adulte et qui sont ordinairement plus localisées, laissent intactes certaines portions de l'organe, et ont une marche plus irrégulière. Il est inutile d'ajouter que si l'enfant continue à vivre et n'est pas soumis au traitement spécifique, l'atrophie complète de l'organe atteint doit être la règle. Il est possible, d'après l'opinion de M. Hutinel, qu'un certain nombr(î des atrophies testiculaires qui sont constatées à l'âge de la puberté ne reconnaissent pas d'autre cause.
Il est rare de ne pas trouver les deux testicules malades en même temps, mais à des degrés différents. Cette dualité de la lésion est donc ici beaucoup plus fréquente que chez l'adulte, qui n'a, le plus souvent, qu'un testicule envahi, au moins pendant quelque temps.
On constate très fréquemment, en même temps que l'affection du testicule, d'autres manifestations évidentes de la maladie du côté de la peau et dans d'autres organes, principalement dans le foie.
Quant à la proportion des enfants syphilitiques dont le testicule serait ainsi altéré, elle est difficile à établir d'une façon exacte. Cependant celte manifestation ne doit pas être rare chez eux, puisque M. HuLinel semble l'avoir rencontrée dans la proportion de un tiers.
Elle a été signalée plusieurs fois chez des enfants nés avant terme.
La syphilis héréditaire peut se rencontrer, non seulement chez l'enfant nouveau-né^ mais elle peut aussi apparaître à une période plus avancée de la vie; ainsi Brocq (1) signale un fait dans lequel
(I) Brocq, In Ann. de dermat. et de syph. Paris, 1883. IV, p. 287-289.