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ÉTIOLOGIE DE LA SYPHILIS DU TESTICULE

une manifestation syphilitique tardive apparut dans le testicule en même temps que des lésions analogues (gommes) se montraient à la langue.

Étiologie de la syphilis du testicule. — On a recherché depuis longtemps quelles pouvaient être les causes pour lesquelles le testicule devenait, à un moment donné, le siège d'une manifestation syphilitique.

Parmi les auteurs qui se sont occupés de cette question, les uns ont considéré qu'il s'agissait là d'une lésion syphilitique survenue sans cause appréciable, se produisant dans cet organe comme elle se développe dans le foie, dans les os, etc., sans raison bien définie.

Les autres, au contraire, tels que M. Verneuil et quelques-uns de ses élèves, voient dans le choix de cet organe par le virus syphilitique le résultat d'une tare organique spéciale, produite soit par le surmenage génital (Fournier) , soit par la continence prolongée (Ricord), soit par un traumatisme plus ou moins violent.

Les inflammations antérieures, surtout blennorrhagiques, seraient également l'origine d'un appel spécial de la syphilis (Ricord).

Ces causes, difficiles à démontrer et souvent banales, ne nous expliquent en rien la prédilection du virus pour cet organe isolé.

Aussi, avec Dupuytren, devons-nous être très réservés quand il s'agit d'accepter une étiologie aussi mal définie et devons-nous considérer l'envahissement du testicule comme un phénomène ordinairement spontané ou dont la cause nous échappe absolument dans un grand nombre de cas.

11 est cependant bien avéré que, dans quelques circonstances, un traumatisme nettement démontré a été le point de départ d'une orchite syphilitique. Reclus en cite plusieurs exemples dans sa thèse ; mais il s'agit là certainement d'une exception, et on peut dire sans hésiter que presque toujours l'orchite syphilitique survient àl'insu des malades, qui ne s'aperçoivent de cette altération que par hasard, grâce à l'indolence ordinaire de la maladie.

On s'est demandé également à quelle époque de l'évolution de la syphilis apparaissaient le plus souvent les manifestations testiculaires.

Ici encore les auteurs ne pensent pas tous de même. Les uns, d'après Ricord, en feraient une manifestation précoce de la syphilis dite tertiaire. En d'autres termes, le testicule ne serait envahi que lorsque la syphilis aurait épuisé la série de ses atteintes du côté de la peau et des muqueuses.

Ce serait donc vers la troisième ou quatrième année de la maladie, ou même plus tard, que l'on verrait apparaître le plus fréquemment le testicule syphilitique.

Cette opinion est beaucoup trop absolue, et plusieurs exemples ont montré que le testicule pouvait être envahi pendant la période secondaire et même à sou début : au cinquantième jour (Vidal de Cassis), après trois mois (Nélaloii, Reclus), et des cas semblables sont loin d'être rares. On pourrait donc ranger cette localisation dans la période secondaire, au même titre que certaines iritis et hépatites syphilitiques; en tout cas, elle rentre dans la période secondo-Lertiaire ou au début de cette dernière.

L'écart est souvent considérable, car, d'après Tédenat, Kooher, Bumstead (1), on a vu des intervalles variant depuis cinq à six mois jusqu à douze et seize ans.

La fréquence de cette localisation, par rapport aux cas de syphilis survenus chez l'homme, est presque impossible à établir d'une façon exacte; on ne peut avoir à ce sujet (juc des données approximatives. Ce qui paraît certain, c est que la syphilis testiculaire est une manifestation viscérale relativement fréquente et qui peut être mise ainsi en parallèle avec celle du l'oie.

Nous citerons à ce propos les chiffres indiqués par M. Reclus : « Dans une bonne thèse de 1876, M Balme publie un relevé de la clientèle civile du professeur Fournier. Sur un total de 2,300 observations, il y a 70 cas de sarcocèle, soit environ 1 sur 30. Chez 37 syphilitiques examinés pendant la première moitié de l'année, dans le service de M. Vidal, nous ne trouvons qu'une orchite scléro-gommeuse ; proportion à peu près semblable à celle de la précédente statistique. Enfin, M. Leprévost, interne de M. Horteloup, nous a signalé 3 lésions du testicule chez 192 vérolés examinés à l'hôpital du Midi, soit 1 sur 38. Tous ces chiffres semblent concorder, mais pour conclure, il faudrait un nombre de faits beaucoup plus considérable ».

La malignité apparente ou réelle de la syphilis, rendue évidente pur les manifestations extérieures, joue-t-elle un rôle dans le développement de l'orchite syphilitique? A-t-elle une influence sur l'intensité des lésions testiculaires? Telles sont les questions qu'on a essayé de résoudre, mais sans arriver, comme cela se voit souvent, à fournir des données bien positives.

Il est probable, et plusieurs auteurs en sont persuadés, que la

(1) Bumstead, On veneral diseuses, éd., p. 611.

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