‹ Traité des maladies du testicule et de ses annexesChapitre 45 sur 126 · TRAITEMENT DE LA SYPHILIS DU TESTICULE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA SYPHILIS DU TESTICULE

Le mercure agit sur l'estomac, sur les gencives et sur l'intestin. Son emploi sera donc modéré ou modifié suivant les susceptibilités des malades.

Quant à l'iodure de potassium qui doit être administré à doses assez élevées, il peut produire des accidents d'iodisme aigu ou chronique : coryza, enchifrènement, catarrhes du pharynx, éruptions diverses, acné, purpura. Il faut alors modérer l'emploi des médicaments pendant quelques jours pour permettre la tolérance.

Le traitement local n'a aucune importance, et ne peut constituer <{u'un adjuvant. Cependant, l'immobilisation, la suspension, la compression même, servent dans beaucoup de cas, surtout quand il y a quelque phénomène d'inflammation, en aidant le traitement général.

Nous ferons cependant une exception pour l'usage de l'emplâtre de Vigo. Celui-ci appliqué en bandelettes sur les bourses semble avoir une influence manifeste sur la disparition des infiltrations scléreuses, soit qu'il agisse par l'absorption du mercure avec lequel il est constitué, soit que la compresion qu'il exerce joue le rôle principal.

Il est nécessaire de renouveler les applications, car les bandelettes ne doivent pas rester en place plus de cinq à six jours. Cet emplâti-e sera un adjuvant utile quand il sera appliqué sur les fongus plus ou moins saillants.

Des topiques extérieurs peuvent être utilisés, tels que l'iodoforme, l iodol, le camphre en poudre, etc., sur les ulcérations et les plaies fongueuses.

Quelques chirurgiens ont proposé d'enlever le testicule syphilitique, lorsqu'il est en partie désorganisé ou que le traitement n'a pas une action satisfaisante sur la marche de la guérison. La plupart n'ont pas agi de propos délibéré, mais ont enlevé l'organe malade, commettant une méprise et confondant cette affection avec la tuberculose ou le sarcome. Ces faits ont permis d'établir l'anatomie pathologique de la maladie, mais ils ne prouvent pas qu'on doive imiter ceux qui ont enlevé cet organe, à moins qu'il soit complètement désorganisé par les fistules et la suppuration. Nous ne trouvons que quelques chirurgiens qui ont de parti pris pratiqué la castration; ainsi Parker (1) en rapporte un exemple.

On a proposé contre le fongus saillant et rebelle une opération chirurgicale qui aurait pour but de détruire rapidement la partie «xubérante et de favoriser la cicatrisation.

(1) Parker, In Tr. South. Car. M. Ass. Charleston, 1886, p. 71.

Plusieurs chirurgiens ont eu recours à la cautérisation, à l'incision, etc., pour détruire la partie la plus saillante du fongus et hâter ainsi la cicatrisation.

Actuellement, lorsque le diagnostic est établi d'une façon certaine, nous repoussons toute intervention du chirurgien, car nous avons la confiance la plus absolue dans le traitement général, qui seul suffit dans le plus grand nombre des cas.

L'organe atrophie, qui persiste à la suite de pertes de substances étendues ou lorsque le traitement général a été employé trop tardivement, constitue un reliquat souvent inutile au point de vue fonctionnel, mais très utile au point de vue moral. 11 est toujours bon de le conserver.

L'hydrocèle qui accompagne souvent le début de la maladie est ordinairement passagère, ainsi que nous l'avons indiqué; aussi ne doit-on pas s'en préoccuper. Si elle gêne par son volume, une ponction simple, sans injection irritante, empêche souvent le retour du liquide (Fournier).

l^icoRD, Du sarcocéle syphilitique. Bull. gén. de </î^/-., Paris, 1840.

HÉLOT, Mémoire sur le testicule syphilitique, in Journ. de chir. de Malgaigne,

1846, p. 103 et 129.

Lejeal, Du sarcocéle syphilitique, th. Paris, 1835. Lebrun, Du sarcocéle syphilitique, th. Paris, 1853. VeiNOt (de Bordeaux), Du sarcocéle syphilitique, th. Paris, 18o8. De Méric, Fongus du testicule dans la syphilis. The Lancet, 1859, mars. Bergii, Sur la syphilis du testicule. Hosp. Tiendende, 9, H, 1861. I,ANCEREAUx, TruHd de la syphilis. Paris, 1866.

Gr;,'Gonic (Pakrac, Esclavonie), Sur un cas d'orchite syphilitique, avec ulcérations, in Memorahilien, n° i, 1871.

PuEL, Sarcocéle syphilitique. Th. Paris, 1873.

Fournier, Du sarcocéle syphilitique. Ann. de dermatologie, 1875, t. IV, p. 224

el Mouvement médical, 1875.

Nepveu, Mémoires de chirurgie, 1875. Gomme du testicule, p. 493 et Fongus bénin. I^alme, De Vépididymite syphilitique. Th. Paris, 1876.

MuLREANY, Affections blennorrhagiques et syphilitiques du testicule. Phil. mcd.

andsurg. Reporter, avril 1876.

HuTCHiNsoN, Testicule syphilitique. Med. Times and Gaz., 1878, vol. II, p. 707. Zeissl (H.), Ein F ail von Hepatitis, Splenitis, Sarkoccle, Polyartritis und Tar-

sitis syp/iilitica, zum fûnften Maie. Allg. Wien. med. ztg., 1879, XXIV, 358,

Jullien, Traité pratique des maladies vénériennes, 1879, p. 774-926.

Jacobsen, Testiculo sifilitico {con reflexiones por D^ Bargo). Gac. med. de la Ha-

bana, 1880-1, III, 15-18.

MiiNiÈRE (Théodore), Symptômes et diagnostic du testicule syphilitique. Paris,

thèse, 1881.

BIBLIOGRAPHIE

Tédenat (E.), Étude sur les affections syphilitiques du testicule, in Moiitpell. méd.,

1881, XLVII, p. 438-40.Ï, p. 307-524.

RosENTHAL, SyphUitic orchitis. Med. Bull. Philad., 1882, IV, 111, 113. Reclus (P.), De la syphilis du testicule. Par., 1882, 8°.

Reclus, Gommes suppurées du testicule. Prog. méd. Par., 1882, X, p. 287 et Soc. an. — Fongus sijphilitique du testicule. Prog. médical. Par. , 1882, X, 191 et Soc. an. Pascalis, Èpididymite syphilitique. Th. Paris, 1884. RouMER, Le sarcocèle syphilitique. Par., 1883, J.-B. Baillière, 139 p., 8". Carson, Testicule syphilitique , in Saint-Louis Cour, med., 1885, XIII, p. 202-264. Alnitz, Pacliyvaginalite syphililique, th. Paris 1880.

Mauriac, Fongus syphilitique du testicule. Bull. Méd. Paris, 1887, p. 193-198.

Page 1