KYSTES. — FRÉQUENCE, DIVISION
de points essentiels, par sa structure, son siège, son point de départ, la nature de son contenu, etc., pour qu'il soit possible de les rapprocher l'un de l'autre par une désignation commune.
Il est à peine besoin de dire qu'il ne sera pas question à cette place de l'affection connue sous le nom de maladie kystique du testicule. On s'accorde, en effet, à la séparer absolument de la catégorie des kystes simples, et à la ranger parmi les tumeurs néoplasiques du testicule. Nous la retrouverons plus tard, lorsque nous ferons l'histoire de ces dernières.
Fréquence. — La fréquence relative des kystes du testicule et de l'épididyme n'est pas la même pour l'anatomiste et pour le clinicien. Pour le premier, en effet, ils sont d'une fréquence telle, qu'elle a frappé tous ceux qui, dans les autopsies, se sont astreints à l'examen systématique de l'appareil séminal. Pour le second, au contraire, ils constituent sinon une affection absolument rare et exceptionnelle, du moins une de celles que l'on ne rencontre que de loin en loin.
Nous pouvons, à cet égard, citer les relevés faits à la clinique du professeur Albert (de Vienne), par son assistant le D"^ Hochenegg, auteur d'un travail intéressant sur les kystes du testicule, que nous aurons, au cours de cet article, plusieurs fois occasion de citer. Ce travail repose sur l'examen de 332 testicules, recueillis sur des cadavres de vieillards ou d'adultes apportés à l'Institut anatomo-pathologique de Vienne.
De ses recherches anatomiques, Hochenegg conclut qu'en moyenne un homme sur cinq serait atteint de kyste de l'épididyme ou du testicule, tandis que, sur plus de 6000 malades traités à la clinique d'Albert, on ne releva, au cours de l'année 1884, que 3 faits de kystes du testicule; bien plus, pendant les trois années précédentes, aucun cas de ce genre ne s'était présenté à l'observation.
Ces chiffres montrent que le plus souvent, sur le vivant, les kystes de l'appareil séminal passent inaperçus ; nous verrons, en effet, qu'il en est toute une catégorie dont l'étude n'a jamais été faite que sur le cadavre.
Division. — Relativement simple, lorsqu'on l'envisage seulement au point de vue clinique, l'histoire des kystes de l'appareil séminal devient singulièrement obscure, lorsque l'on considère les hypothèses multiples qui ont été émises sur leur pathogénie, et leurs nombreuses variétés anatomiques.
Aussi bien ne peut-on s'attendre à trouver, dans un livre comme celui-ci, un examen détaillé de toutes les théories émises, sur le mode
de formation de ces tumeurs, ni une étude minutieuse de toutes leurs variétés. Nous nous bornerons à mettre en lumière les points qui nous paraîtront essentiels à la bonne entente du sujet.
Le pi'ofesseur Gosselin, dans un travail déjà ancien, et qui a servi de point de départ aux recherches de ceux qui l'ont suivi dans cette voie, a bien montré que les kystes, dits de l'épididyme, peuvent être divisés en deux grandes classes.
1° Les petits kystes ou kystes sus-épididymaires siégeant habituellement à la face convexe de la tête de l'épididyme, demeurant ordinairement petits, et échappant, par cela même, à l'examen clinique.
2° Les grands kystes ou kystes sous- épididymaires naissant au-dessous de la tète de l'épididyme, entre l'épididyme et le testicule. Ils acquièrent ordinairement des dimensions telles qu'ils peuvent être reconnus sur le vivant. Ce sont les seuls qui aient pour le clinicien un réel intérêt pratique.
Pour Gosselin, ces deux variétés de tumeurs constituaient deux affections absolument distinctes ayant une origine et une pathogénie propres. 11 n'admettait pas que jamais un petit kyste pût, en se développant, donner lieu à un grand kyste.
Cette manière de voir, acceptée par les auteurs classiques, n'a pas été cependant universellement admise. Broca en France, Kocher en Allemagne, tout en étant d'avis opposé sur l'origine de ces tumeurs, s'accordent au moins pour repousser la séparation, tout artificielle à leurs yeux, qui a été faite entre elles d'après leur volume. Les deux variétés ainsi établies ne seraient que deux formes d'une même affection, à deux phases diverses de développement; les grands kystes ne sont pour eux que le résultat de l'ampliation des petits.
Quelque simple et satisfaisante pour l'esprit que soit cette opinion, elle ne nous parait pas s'appuyer sur des preuves suffisantes pour être adoptée sans discussion. Du reste, les caractères tout particuliers des petits kystes, leur siège habituel, leur peu d'importance clinique, leur fréquence même justifient, pour le praticien, une distinction dont le pathologiste seul pourrait contester la valeur.
Nous nous conformerons donc à l'usage et nous étudierons successivement, à l'exemple de Gosselin, dans deux paragraphes distincts, les petits et les grands kystes, nous réservant de discuter, à propos de leur pathogénie, la question encore controversée de leur nature et de leur origine exacte.
Dans un dernier paragraphe, nous grouperons diverses autres variétés de collections kystiques [kystes séreux, hydrocèle dite multiloculaire