PETITS KYSTES. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
matozoïdes. Au dire de Kocher, Lewin aurait été plus heureux, huit fois dans ses recherches, qui ont porté sur cent testicules, il a pu établir l'existence de spermatozoïdes dans de petits kystes de l'épididyme. Leur absence n'est donc pas un fait aussi constant qu'il a été dit.
b. fStructure. — La structure de la paroi kystique est intéressante à noter. Elle permet de se rendre compte de l'origine de la tumeur. C'est sur ce point qu'ont surtout porté nos recherches personnelles (1). On
Fig. 4S. — Coupe de la paroi d'un kyste isolé (Slonod et Arthaud). — A, cavité du kyste. — B, paroi propre du kyste avec débris épithéliaux à sa surface. — C, restes du parenchyme épididymique en voie de transformation scléreuse très avancée, avec conduits, les uns dilatés, les autres réduits à des dimensions presque nulles. — D, vaginale. épaissie et parsemée de noyaux.
admettait autrefois que cette paroi était constituée par une enveloppe cellulo-fibreuse sans caractères particuliers, absolument close de toutes parts; une injection de mercure ou d'une substance plus pénétrante, telle que l'essence de térébenthine, poussée dans l'épididyme, ne parvenait jamais à pénétrer dans la cavité.
Ce dernier fait est vrai. Mais ce que nous contestons, c'est que laparoi kystique soit constituée d'une façon aussi simple qu'elle le parait au premier abord.
Nous avons pu démontrer que, dans certains cas, la membrane limitante externe des kystes, si mince, qu'elle semble réduite à un feuillet fibreux, qui ne serait autre, pour Gosselin, que la vaginale soulevée,, se compose, en réalité, des trois couches suivantes (fig. 48) : 1° une
(1) Monod (Ch.), Note sur la pathogénie des petits Itystes de t'épididyme [Congrès français de ctiirurgie, I""e session, 1885, p. 552). V. aussi Monod et Arthaud, mémoire cité à l'Index bibliographique.
couche de tissu conjonctif à faisceaux parallèles et assez denses; c'est la séreuse vaginale ; 2" une couche constituée par une gangue conjonctive englobant des conduits épididymaires, les uns dilatés, les autres à peu près totalement atrophiés, c'est le tissu propre de l'épididyme, présentant des altérations sur lesquelles nous reviendrons dans un instant; 3° une couche de tissu conjonctif dense, c'est la paroi propre du kyste.
Cette dernière couche est bien limitée et nettement séparée de la précédente sur toute la périphérie du kyste. Ce fait permet de comprendre comment l'énucléation de ces tumeurs est relativement facile, et comment le liquide, injecté dans les conduits épididymaires, ne peut pénétrer dans une cavité ainsi circonscrite.
La disposition que nous venons de décrire n'est pas constante. Sur certaines pièces la paroi kystique est réduite à deux couches : les faisceaux conjonctifs de la séreuse et ceux qui représentent la paroi propre du kyste ; la couche parenchymateuse a disparu ou n'a jamais existé, en raison de la situation plus superficielle de la tumeur.
Il suffît cependant qu'elle ait été bien constatée pour faire naître la pensée que le kyste s'est développé dans l'épaisseur même du parenchyme épididymaire.
Pathogénie. — L'étude que nous venons de faire de la structure de la paroi kystique et de ses rapports avec le parenchyme épididymaire jette évidemment sur la question de l'origine réelle des petits kystes de l'épididyme une lumière toute nouvelle.
Elle nous permet de laisser de côté toutes les théories qui reposent sur un fait anatomique, admis par Gosselin comme absolument démontré, à savoir : la séparation complète qui, au dire de cet auteur, existerait entre la paroi du kyste et l'épididyme. Cette séparation est, nous venons de le voir, plus apparente que réelle.
On ne saurait plus nier aujourd'hui que c'est bien dans l'épaisseur de l'épididyme que le kyste prend naissance.
Il nous reste à rechercher aux dépens de quels éléments de l'organe se forme la tumeur, et suivant quel processus elle naît et se développe.
Nous avons établi, à cet égard, dans le travail que nous citions tout à l'heure, que les petits kystes de l'épididyme devaient être considérés comme étant le résultat de l'ampliation de certaines dilatations ampullaires dont les conduits de l'épididyme peuvent être le siège ; ces dilatations étant elles-mêmes sous la dépendance des modifications qui, à partir d'un certain âge, tendent à se faire dans la glande séminale de l'homme.