GRANDS KYSTES. — SYMPTOMES
pas avec la glande ; elle en est séparée par une rainure plus ou moins profonde, toujours appréciable.
Le kyste a alors acquis à peu près le volume du testicule ; c'est à cette période qu'il peut en imposer pour un testicule supplémentaire.
A mesure qu'il s'accroit, il s'étale sur le bord supérieur du testicule, en le masquant plus ou moins; il le force, de plus, à s'incliner de façon à prendre une position presque horizontale. La glande séminale peut, dans presque tous les cas, être encore reconnue au-dessous de lui, et en demeure plus ou moins indépendante. Si le sillon de séparation devient moins net, la distinction sera encore, cependant, le plus souvent possible, si l'on tient compte de la douleur caractéristique que provoque la pression du testicule, d'une part, et, d'autre part, de la transparence du kyste, ordinairement facile à percevoir.
La foinne du kyste varie avec le volume qu'il a acquis. Presque sphérique au début, il tend à s'allonger en boudin à mesure qu'il grossit et qu'il gagne du côté du cordon. S'il augmente encore, la partie supérieure se trouve ordinairement distendue plus que l'inférieure, ce qui donne à la tumeur arrivée à son plus grand développement l'aspect d'une poire dont la grosse extrémité serait en haut et la petite en bas. Cet aspect de poire renversée et la position horizontale du testicule seraient, d'après certains auteurs, absolument caractéristique (Pitha, Hochenegg). Il faut savoir cependant que cette disposition est loin d'être constante.
La tuméfaction est ordinairement lisse, sans saillies ni aspérités. Exceptionnellement, elle est bosselée et parait constituée par un certain nombre de poches agglomérées. Nous avons vu, en effet, que les kystes de l'épididyme sont quelquefois multiples et se groupent ensemble pour former une tumeur à plusieurs loges isolées ou communiquant entre elles.
La transparence qui existe habituellement a pu cependant, dans quelques cas, faire défaut, soit parce que la paroi de la poche est épaissie, soit parce que le liquide lui-même est lactescent, et par conséquent, opaque. Dans ces conditions, lorsque, d'autre part, une grande distension de la poche rend la fluctuation obscure, une ponction exploratrice pourra être nécessaire pour fixer le diagnostic.
Les signes fonctionnels des kystes de l'épididyme sont nuls ou peu accentués. Ils ne provoquent ordinairement ni douleur ni gêne d'aucune sorte. Leur volume étant, en général, peu considérable, ils ne
donnent même pas lieu aux sensations de pesanteur et de tiraillement que l'on observe dans les hydrocèles volumineuses.
Curling dit cependant avoir observé chez certains individus, porteurs d'un kyste spermatique de volume moyen, une douleur notable, irradiant du côté des lombes, ne diminuant pas, comme dans l'hydrocèle vaginale, à la suite de la suspension des bourses o.u par la position horizontale, disparaissant, par contre, lorsque le liquide était évacué par la ponction ; caractères qui tendraient à faire croire que cette douleur était due à la compression, exercée sur l'épididyme par la tumeur distendue.
On a signalé et nous avons constaté nous-mêmes, dans certains cas, l'existence d'une sensation de pesanteur et de tension toute spéciale, parfois même une réelle augmentation de volume du kyste (Dauvé) (1) à la suite d'une continence prolongée; phénomènes qui disparaissaient après le coït, et semblaient bien, par conséquent, devoir être rapportés à des relations intimes de la tumeur avec les voies séminales. Ces sensations appartiennent bien plutôt, comme on le verra, au spermatocèle vrai qu'au kyste de l'épididyme.
Nous terminerons cette revue clinique, en rappelant qu'il n'est pas rare que le kyste de l'épididyme soit bilatéral, l'une des tumeurs l'emportant habituellement en volume sur celle du côté opposé.
Lorsqu'il est unilatéral, il parait un peu plus fréquent à droite qu'à gauche.
Il n'est pas rare non plus de voir coïncider une hydrocèle vaginale avec un kyste de l'épididyme.
Marche. Développement. — Les kystes de l'épididyme ont une marche particulièrement lente. Parfois des années se passent, sans qu'ils paraissent aucunement s'accroître. D'autres fois ils présentent une augmentation subite de volume et cela, suivant certains auteurs, à la suite d'un coup ou d'une violence extérieure. En règle générale, leur développement, quelque lent qu'il soit, est continu et progressif.
Ils peuvent arriver ainsi^ chez certains sujets, et lorsque l'on n'a rien fait pour enrayer leur marche, à un volume énorme. Ils distendent alors le scrotum et remontent le long du cordon jusqu'à l'anneau inguinal externe. Nous avons déjà cité le fait de Curling dans lequel on retira d'un kyste de l'épididyme près d'un litre de liquide. Les cas de ce genre sont rares. Ceux où la tumeur est de volume moyen sont de beaucoup les plus fréquents.
(1) Dauvé (P.), Gaz. des hôpitaux de Paris, 18G7, n» 34, p. 13-3.